OCTAGAM 100 mg/ml, solution pour perfusion
CIS 67255976
Informations à jour au 13 décembre 2021.Version vérifiée par justelesRCP le 2 mai 2022.
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ANSM - Mis à jour le : 13/12/2021
OCTAGAM 100 mg/ml, solution pour perfusion
2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE
Immunoglobuline humaine normale (IgIV)
Un ml contient :
Immunoglobulines humaines (IgIV). 100 mg.
(Pureté dau moins 95% IgG)
Chaque flacon de 20 ml contient 2 g dimmunoglobuline humaine normale.
Chaque flacon de 50 ml contient 5 g dimmunoglobuline humaine normale.
Chaque flacon de 60 ml contient 6 g dimmunoglobuline humaine normale.
Chaque flacon de 100 ml contient 10 g dimmunoglobuline humaine normale.
Chaque flacon de 200 ml contient 20 g dimmunoglobuline humaine normale.
Chaque flacon de 300 ml contient 30 g dimmunoglobuline humaine normale.
Répartition des sous-classes d'IgG (valeurs approx.) :
IgG1.................................................................................................................................. env. 60%
IgG2.................................................................................................................................. env. 32%
IgG3................................................................................................................................... env. 7%
IgG4................................................................................................................................... env. 1%
La teneur maximale en IgA est de 400 microgrammes/ml
Produit à partir de dons de plasma humain.
Excipient(s) à effet notoire :
Ce médicament contient 69 mg de sodium (composant principal du sel de cuisine/table) par dose. Cela équivaut à 3,45 % de lapport alimentaire quotidien maximal recommandé par lOMS de 2 g de sodium par un adulte.
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.
Solution pour perfusion
La préparation liquide est daspect claire à légèrement opalescente, incolore à jaune clair. Le pH de la solution est de 4,5 - 5,0. Losmolalité est ³ 240 mosmol/kg.
4.1. Indications thérapeutiques
Traitement de substitution chez les adultes, les enfants et les adolescents (0 - 18 ans) dans :
· Déficits immunitaires primitifs (DIP) avec altération de la production danticorps,
· Déficits immunitaires secondaires (DIS) chez les patients présentant des infections sévères ou récurrentes, dont le traitement antimicrobien est inefficace et qui présentent une insuffisance prouvée en anticorps spécifiques (PSAF, proven specific antibody failure)* ou un taux dIgG sérique <4 g/l.
*PSAF = incapacité à atteindre une augmentation dau moins deux fois le titre danticorps IgG avec les vaccins à polysaccharides pneumococciques et antigènes polypeptidiques.
Effet immunomodulateur chez les adultes, les enfants et les adolescents (0 - 18 ans) dans :
· Thrombocytopénie immunologique primaire (TIP) chez les patients présentant un haut risque hémorragique, ou préalablement à une intervention chirurgicale pour normaliser le taux de plaquettes,
· Syndrome de Guillain-Barré,
· Maladie de Kawasaki (en association avec lacide acétylsalicylique ; voir rubrique 4.2),
· Polyradiculoneuropathies inflammatoires démyélinisantes chroniques (PIDC),
· Neuropathie motrice multifocale (NMM).
Effet immunomodulateur chez les adultes atteints de :
· Dermatomyosite active traitée par des médicaments immunosuppresseurs, y compris des corticoïdes, ou en cas dintolérance à ces médicaments ou de contre-indications de ces médicaments
4.2. Posologie et mode d'administration
Le traitement de substitution doit être initié et surveillé par un médecin expérimenté dans le traitement des déficits immunitaires.
Posologie
La dose et le schéma posologique dépendent de lindication.
La dose doit éventuellement être individualisée pour chaque patient selon la réponse clinique. Il peut être nécessaire dadapter la dose en fonction du poids corporel des patients qui présentent une insuffisance pondérale ou qui sont en surpoids. Chez les personnes qui sont en surpoids, la dose doit être adaptée au poids corporel physiologique standard.
Les posologies suivantes sont données à titre indicatif :
Traitement de substitution des déficits immunitaires primitifs
· Le schéma dadministration doit viser à maintenir un taux résiduel dIgG (mesuré avant la perfusion suivante dimmunoglobuline humaine normale) dau moins 6 g/l ou se situant dans la fourchette de référence normale pour lâge de la population. Après linstauration du traitement par les IgIV, léquilibre seffectue en 3 à 6 mois (taux dIgG à létat déquilibre). La dose de charge recommandée est de 0,4 à 0,8 g/kg administrée en une fois, suivie dune perfusion dau moins de 0,2 g/kg toutes les trois à quatre semaines.
· La dose dIgIV nécessaire pour atteindre un taux résiduel de 6 g/l est de lordre de 0,2 à 0,8 g/kg/mois.
· A léquilibre, lintervalle entre les administrations varie de 3 à 4 semaines.
· Les concentrations résiduelles dIgG doivent être mesurées et évaluées en fonction de la fréquence des infections. Pour réduire la fréquence de survenue des infections bactériennes, il peut être nécessaire daugmenter la posologie afin daugmenter le taux résiduel dIgG.
Déficits immunitaires secondaires (telles que définis dans la rubrique 4.1)
La dose recommandée est de 0,2 à 0,4 g/kg toutes les 3 à 4 semaines.
Les concentrations résiduelles dIgG doivent être mesurées et évaluées en fonction de la fréquence des infections. La dose doit être ajustée autant que nécessaire pour obtenir une protection optimale contre les infections. Une augmentation de la dose peut être nécessaire chez les patients qui présentent des infections persistantes. Une diminution de la dose peut être envisagée lorsque le patient ne présente plus dinfections.
Thrombocytopénie immunologique primaire
Il existe deux schémas dadministration :
· 0,8-1g/kg administré au jour 1; cette dose peut éventuellement être renouvelée une fois au cours des 3 jours suivants,
· 0,4 g/kg administré quotidiennement pendant 2 à 5 jours,
· Le traitement peut être renouvelé en cas de rechute.
Syndrome de Guillain-Barré
· 0,4 g/kg/jour pendant 5 jours (possibilité de renouveler la dose en cas de rechute).
Maladie de Kawasaki
· Une posologie de 2,0 g/kg doit être administrée en une dose unique. Les patients doivent être parallèlement traités avec lacide acétylsalicylique.
Polyradiculoneuropathies inflammatoires démyélinisantes chroniques (PIDC) :
· Dose initiale : 2 g /kg répartis sur 2 à 5 jours consécutifs.
· Dose dentretien : 1 g/kg réparti sur 1 à 2 jours consécutifs toutes les 3 semaines.
Leffet du traitement doit être évalué après chaque cycle de traitement. Si aucun effet du traitement nest observé après 6 mois, le traitement doit être arrêté.
Si le traitement est efficace, il sera maintenu à long terme à la discrétion du médecin qui se basera sur la réponse du patient et la réponse au traitement dentretien. Il pourra être nécessaire dadapter la dose et les intervalles dadministration en fonction de lévolution de la maladie de chaque patient.
Neuropathie motrice multifocale (NMM)
· Dose initiale : 2 g/kg répartis sur 2 à 5 jours consécutifs.
· Dose dentretien : 1 g/kg toutes les 2 à 4 semaines ou 2 g/kg toutes les 4 à 8 semaines.
Leffet du traitement doit être évalué après chaque cycle de traitement. Si aucun effet du traitement nest observé après 6 mois, le traitement doit être arrêté.
Dermatomyosite (DM)
· 2 g/kg répartis en plusieurs doses égales sur 2 à 5 jours consécutifs toutes les 4 semaines.
Leffet du traitement doit être évalué après chaque cycle de traitement. Si aucun effet du traitement nest observé après 6 mois, le traitement doit être arrêté.
Si le traitement est efficace, il sera maintenu à long terme à la discrétion du médecin qui se basera sur la réponse du patient et la réponse au traitement dentretien (voir rubrique 5.1). Il pourra être nécessaire dadapter la dose et les intervalles dadministration en fonction de lévolution de la maladie de chaque patient.
· Les posologies recommandées sont résumées dans le tableau suivant :
|
Indication |
Posologie |
Rythme des injections |
|
Traitement de substitution |
|
|
|
Déficits immunitaires primitifs |
Dose initiale : 0,4 - 0,8 g/kg
Dose d'entretien : 0,2 - 0,8 g/kg |
toutes les 3 à 4 semaines |
|
Déficits immunitaires secondaires |
0,2 - 0,4 g/kg |
toutes les 3 à 4 semaines |
|
Immunomodulation |
|
|
|
thrombocytopénie immunologique primaire |
0,8 - 1 g/kg
ou 0,4 g/kg/jour |
au jour j1, éventuellement renouvelé une fois dans les 3 jours
pendant 2 à 5 jours |
|
Syndrome de Guillain-Barré |
0,4 g/kg/jour |
pendant 5 jours |
|
Maladie de Kawasaki |
2 g/kg |
en une dose en association avec l'acide acétylsalicylique |
|
Polyradiculoneuropathies inflammatoires démyélinisantes chroniques (PIDC) |
Dose initiale |
en doses fractionnées réparties sur 2 à 5 jours |
|
Dose dentretien : 1 g/kg |
toutes les 3 semaines, sur 1 à 2 jours |
|
|
Neuropathie motrice multifocale |
Dose initiale : 2 g/kg Dose dentretien : 1 g/kg ou 2 g/kg |
sur 2 à 5 jours consécutifs toutes les 2 à 4 semaines
ou toutes les 4 à 8 semaines sur 2 à 5 jours |
|
Dermatomyosite (DM) chez les adultes |
2 g/kg |
toutes les 4 semaines, répartis en plusieurs doses égales administrées sur 2 à 5 jours consécutifs |
Population pédiatrique
La posologie chez les enfants et les adolescents (0-18 ans) ne diffère pas de celle des adultes car pour chaque indication, la posologie est donnée en fonction du poids corporel et ajustée selon lévolution clinique des affections susmentionnées.
Insuffisance hépatique
La nécessité dajuster la dose na pas été démontrée.
Insuffisance rénale
Aucun ajustement de la dose nest nécessaire sauf sil est justifié sur le plan clinique, voir rubrique 4.4.
Patients âgés
Aucun ajustement de la dose nest nécessaire sauf sil est justifié sur le plan clinique, voir rubrique 4.4.
Mode dadministration
Par voie intraveineuse.
OCTAGAM 100 mg/ml doit être injecté par voie intraveineuse à une vitesse initiale de 0,01 ml/kg/minute pendant 30 minutes. Voir rubrique 4.4. En cas de réaction indésirable, il convient soit de réduire la vitesse dadministration, soit darrêter la perfusion. Si la vitesse de perfusion est bien tolérée (voir rubrique 4.4), elle peut être progressivement augmentée jusqu'à un maximum de 0,12 ml/kg/minute.
Chez les patients présentant un risque de réaction thromboembolique, les IgIV doivent être administrées avec le débit de perfusion et la dose les plus faibles possible.
Les patients atteints de dermatomyosite sont considérés comme présentant un risque accru dévénements thromboemboliques (voir rubrique 4.4) ; ils doivent donc faire lobjet dune étroite surveillance et le débit de perfusion ne devra pas dépasser 0,04 ml/kg/min.
Afin de perfuser lintégralité de produit présent dans la tubulure en fin de la perfusion, il est nécssaire de rincer la tubulure avec une solution saline à 0,5% ou une solution de dextrose à 5%.
Hypersensibilité à la substance active (immunoglobulines humaines) ou à lun des excipients mentionnés aux rubriques 4.4 et 6.1.
Patients présentant un déficit sélectif en IgA qui ont développé des anticorps aux IgA, car ladministration dun produit contenant des IgA peut entraîner une anaphylaxie.
4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi
Traçabilité
Dans le but daméliorer la traçabilité des produits biologiques, le nom et le numéro du lot du produit administré doivent être clairement notés.
Précautions dutilisation
Les complications potentielles peuvent être souvent évitées en sassurant que les patients :
· ne soient pas sensibles à limmunoglobuline humaine normale en commençant par injecter le produit lentement (0,01 à 0,02 ml/kg de poids corporel par minute) ;
· soient attentivement surveillés pendant toute la durée de la perfusion afin de déceler tout symptôme éventuel.
En particulier les patients naïfs dimmunoglobuline humaine normale, les patients qui prenaient auparavant un autre produit à base dIgIV ou lorsque la précédente perfusion remonte à longtemps.
Ces patients doivent être surveillés pendant la première perfusion ainsi que pendant la première heure qui suit la première perfusion afin de déceler tout signe deffet indésirable potentiel. Tous les autres patients doivent être surveillés pendant au moins 20 minutes après ladministration.
Chez tous les patients, ladministration dIgIV nécessite :
· une hydratation adéquate avant linstauration de la perfusion dIgIV ;
· une surveillance de la production durine ;
· une surveillance des taux de créatinine sérique ;
· de ne pas utiliser concomitamment de diurétiques de lanse (voir rubrique 4.5).
En cas de réaction indésirable, il convient soit de réduire la vitesse dadministration, soit darrêter la perfusion. Le traitement requis dépend de la nature et de la sévérité de la réaction indésirable.
Réaction à la perfusion
Certains effets indésirables graves (p. ex., maux de tête, rougeur du visage, frissons, myalgie, respiration sifflante, tachycardie, douleurs lombaires, nausées et hypotension) peuvent être associés au débit de perfusion. Le débit de perfusion recommandé (voir rubrique 4.2) doit être scrupuleusement observé. Les patients doivent rester sous étroite surveillance pendant toute la durée de la perfusion afin de détecter déventuels signes dintolérance.
Les effets indésirables peuvent survenir plus fréquemment :
· chez les patients recevant des immunoglobulines humaines normales pour la première fois ou, dans de rares cas, lors de changement de spécialité ou lorsqu'il sest écoulé une longue période depuis la précédente administration du produit.
· chez les patients qui présentent une infection non traitée ou une inflammation chronique sous-jacente.
Hypersensibilité
Les réactions dhypersensibilité sont rares.
Un choc anaphylactique peut se produire chez les patients
· dont le taux dIgA est indétectable et qui présentent des anticorps anti-IgA.
· qui avaient déjà toléré le traitement par immunoglobuline humaine normale.
En cas de choc, le traitement médical standard approprié doit être appliqué.
Evènements thromboemboliques
Il existe des preuves cliniques dune corrélation entre l'administration d'IgIV et la survenue dévénements thromboemboliques (ETE) notamment infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral (y compris lictus), embolie pulmonaire et thrombose veineuse profonde. Ces manifestations pourraient provenir d'une augmentation relative de la viscosité du sang due à un apport important d'immunoglobulines chez les patients à risques. Il convient d'apporter une attention particulière à la prescription et à la perfusion d'IgIV chez les patients obèses et les patients présentant des risques préexistants de thrombose (tels un âge avancé, une hypertension, un diabète, une dermatomyosite, des antécédents d'affections vasculaires ou d'épisodes thrombotiques, patients présentant des affections thrombophiliques acquises ou héréditaires, patients immobilisés pendant de longues périodes, patients présentant une hypovolémie sévère, patients affectés de maladies augmentant la viscosité du sang).
Chez les patients présentant un risque de réaction thromboembolique, les IgIV doivent être administrées avec le débit de perfusion et la dose les plus faibles possible.
Insuffisance rénale aigue
Des cas dinsuffisance rénale aiguë ont été rapportés chez des patients traités par IgIV. Dans la plupart des cas, des facteurs de risque ont été identifiés, tels quune insuffisance rénale préexistants, un diabète, une hypovolémie, un surpoids, une prise concomitante de médicaments néphrotoxiques ou un âge supérieur à 65 ans.
Les paramètres rénaux doivent être évalués avant la perfusion dIgIV, en particulier chez les patients qui présentent un risque potentiel accru de développer une insuffisance rénale aiguë, et ensuite évalués à des intervalles appropriés. Chez les patients présentant des risques dinsuffisance rénale aiguë, les IgIV doivent être administrées avec le plus faible débit de perfusion possible et la plus faible dose possible.
En cas d'insuffisance rénale, il est recommandé denvisager l'interruption du traitement par les IgIV. Bien que des cas de dysfonctionnements rénaux et dinsuffisances rénales aiguës aient été rapportés lors de lutilisation dun grand nombre de spécialités dIgIV autorisées contenant divers excipients tels que le saccharose, le glucose et le maltose, celles contenant du saccharose comme stabilisant représentaient une part très importante du nombre total de produits. Chez les patients à risque, lutilisation de produits IgIV ne contenant pas de tels excipients peut être envisagée. OCTAGAM 100 mg/ml contient du maltose (voir la liste des excipients en rubrique 6.1).
Syndrome de méningite aseptique (SMA)
Des cas de syndrome de méningite aseptique ont été rapportés en association avec un traitement par IgIV. Le syndrome apparaît généralement entre plusieurs heures et 2 jours après le traitement par IgIV. Les tests sur le liquide céphalo-rachidien sont souvent positifs avec une pléocytose pouvant aller jusquà plusieurs milliers de cellules par mm3, essentiellement de type granulocytaire, et une hausse du taux de protéines jusqu'à plusieurs centaines de mg/dl. Le SMA peut survenir plus fréquemment en association avec un traitement par IgIV à haute dose (2 g/kg).
Les patients qui présentent ces signes et symptômes doivent faire lobjet dun examen neurologique approfondi incluant une analyse du LCR afin dexclure toutes autres causes de méningite.
Larrêt du traitement par IgIV a entraîné la rémission des SMA sur plusieurs jours, sans séquelles.
Anémie hémolytique
Les IgIV peuvent contenir des anticorps de groupes sanguins pouvant agir comme des hémolysines et induire le recouvrement in vivo des globules rouges par des immunoglobulines, provoquant ainsi une réaction antiglobuline directe positive (test de Coombs) et, dans de rares cas, une hémolyse. Une anémie hémolytique peut se développer suite au traitement par IgIV en raison de l'augmentation de la séquestration des globules rouges. Les patients traités par IgIV doivent être surveillés afin de déceler tous signes cliniques et symptômes d'hémolyse (voir rubrique 4.8.).
Neutropénie/Leucopénie
Une diminution passagère du taux de neutrophiles et/ou des épisodes de neutropénie, parfois sévères, ont été rapportés après un traitement par IgIV. Ils se sont produits de manière typique dans les quelques heures ou jours qui ont suivi ladministration des IgIV et se sont résolus sur une période allant de 7 à 14 jours.
Syndrome respiratoire aigu post-transfusionnel (TRALI)
Chez les patients qui reçoivent des IgIV, un dème pulmonaire non cardiogénique [syndrome respiratoire aigu post-transfusionnel (TRALI)] a été rapporté, cest pourquoi cet effet indésirable ne peut être totalement exclu dans le cadre dun traitement par Octagam, même si aucun cas na encore été observé avec Octagam. Le TRALI se caractérise par une hypoxie sévère, une dyspnée, une tachypnée, une cyanose, une fièvre et une hypotension. Les symptômes dun TRALI apparaissent de manière typique au cours des 6 heures ou dans les 6 heures suivant une transfusion, souvent dans les 1 à 2 heures. Les personnes recevant des IgIV doivent dès lors être surveillées et la perfusion doit être immédiatement arrêtée en cas de réactions pulmonaires indésirables. Le TRALI est une affection qui peut menacer le pronostic vital et qui doit être traitée dans une unité de soins intensifs.
Interférences avec des tests sérologiques
Après ladministration dimmunoglobulines, lélévation transitoire du taux des divers anticorps passivement transmis dans le sang du patient peut être à lorigine de résultats sérologiques faussement positifs.
La transmission passive danticorps anti-érythrocytaires, tels que les anticorps anti-A, anti-B ou anti-D peut interférer avec certains tests sérologiques portant sur les anticorps globulaires, par exemple le test direct à lantiglobuline (DAT, test direct de Coombs).
Agents transmissibles
Les mesures standard visant à prévenir les infections résultant de lutilisation de spécialités médicamenteuses préparées à base de sang ou de plasma humain incluent la sélection des donneurs, la recherche de marqueurs spécifiques dinfection sur les dons individuels et les mélanges de plasma, et linclusion détapes de fabrication efficaces pour linactivation ou lélimination virale. Cependant, lorsque des médicaments préparés à partir de sang ou de plasma humain sont administrés, la possibilité de transmission dagents infectieux ne peut être totalement exclue. Ceci sapplique également aux virus inconnus ou émergents, et aux autres agents pathogènes.
Les mesures prises sont considérées comme efficaces vis-à-vis des virus enveloppés tels que le VIH, le VHB et le VHC.
Les mesures prises peuvent être defficacité limitée vis-à-vis des virus non enveloppés tels que le VHA et le parvovirus B19.
Des données cliniques rassurantes révèlent labsence de transmission de lhépatite A ou du parvovirus B19 avec les immunoglobulines, et il est également considéré que le taux danticorps contribue de façon importante à la sécurité virale.
Informations importantes concernant certains ingrédients dOctagam 100 mg/ml
Ce médicament contient 69 mg de sodium (composant principal du sel de cuisine/table) par dose. Cela équivaut à 3,45 % de lapport alimentaire quotidien maximal recommandé par lOMS de 2 g de sodium par un adulte.
Vitesse de sédimentation des globules rouges (faussement) élevée
Chez les patients recevant un traitement par IgIV, la vitesse de sédimentation des érythrocytes (VSE) peut être faussement élevée (augmentation non inflammatoire).
Surcharge circulatoire (de volume)
Une surcharge circulatoire (de volume) peut survenir lorsque le volume dIgIV injecté (ou de tout autre produit sanguin ou dérivé du plasma) et dautres injections concomitantes entraînent une hypervolémie aigüe et un dème pulmonaire aigu.
Réactions locales au site dinjection :
Il a été observé des réactions locales au site dinjection, notamment des cas dextravasation, dérythème et de prurit au site de la perfusion et dautres symptômes analogues.
Population pédiatrique
La liste des mises en garde et précautions sapplique aussi bien aux adultes quaux enfants.
4.5. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions
L'administration d'immunoglobulines peut réduire lefficacité des vaccins vivants atténués tels que le vaccin contre la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle pendant une durée dau moins 6 semaines et jusquà 3 mois. Il faut respecter un intervalle de 3 mois entre l'administration de ce médicament et la vaccination par des vaccins vivants atténués. Pour la rougeole, lefficacité du vaccin peut être réduite pendant un an. Pour cette raison, les patients se faisant vacciner contre la rougeole doivent au préalable faire vérifier leur taux d'anticorps.
Diurétiques de lanse
Il convient déviter lutilisation concomitante de diurétiques de lanse.
Mesure de la glycémie
Certaines méthodes de mesure de la glycémie (par exemple celles basées sur les méthodes de la glucose-déshydrogénase pyrroloquinoline quinone (GDH-PQQ) ou de la glucose-dye-oxydoréductase) interprètent faussement le maltose (90 mg/ml) contenu dans OCTAGAM 100 mg/ml comme du glucose. Il peut en résulter une lecture faussement élevée de la glycémie pendant et environ 15 heures après la fin de la perfusion, et une administration inappropriée d'insuline à lorigine dune hypoglycémie dangereuse, voire fatale. De plus, de véritables cas dhypoglycémie peuvent ne pas être traités lorsque létat dhypoglycémie est masqué par les résultats faussement élevés de la glycémie. Par conséquent, lors de ladministration d'OCTAGAM 100 mg/ml ou dautres produits injectables contenant du maltose, la mesure de la glycémie doit être effectuée avec une méthode glucose-spécifique.
L'information produit des systèmes de mesure de la glycémie, y compris les bandelettes réactives, doit être examinée avec soin pour déterminer si lutilisation du système est compatible avec ladministration de produits parentéraux contenant du maltose. En cas de doute, prendre contact avec le fabricant du système de mesure pour déterminer si le système est compatible avec l'utilisation des produits injectables contenant du maltose.
Population pédiatrique
Les interactions mentionnées sappliquent aussi bien aux adultes quaux enfants.
4.6. Fertilité, grossesse et allaitement
Grossesse
Allaitement
Il existe un passage des immunoglobulines dans le lait maternel. Aucun effet négatif nest attendu chez les nouveau-nés/nourrissons.
Fertilité
Lexpérience clinique avec les immunoglobulines ne suggère aucun effet nocif sur la fertilité.
4.7. Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
OCTAGAM 100 mg/ml na aucun effet ou quun effet négligeable sur laptitude à conduire et à utiliser des machines. Toutefois, les patients présentant des effets indésirables pendant le traitement doivent attendre que ceux-ci aient disparu avant de conduire des véhicules ou dutiliser des machines.
Résumé du profil de sécurité
Les effets indésirables provoqués par les immunoglobulines humaines normales (par ordre de fréquence décroissante) incluent (voir également la rubrique 4.4) :
· frissons, céphalées, vertiges, fièvre, vomissements, réactions allergiques, nausées, arthralgie, hypotension et douleurs lombaires modérées, des réactions hémolytiques réversibles, en particulier chez les patients de groupe sanguin A, B et AB, et (rarement) une anémie hémolytique nécessitant une transfusion.
· (rarement), une baisse brutale de la pression artérielle et, dans des cas isolés, un choc anaphylactique même lorsque le patient n'a pas révélé dhypersensibilité lors des précédentes administrations.
· (rarement) des réactions cutanées passagères (y compris un lupus érythémateux cutané fréquence indéterminée).
· (très rarement) des réactions thromboemboliques telles quun infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral, une embolie pulmonaire, une thrombose veineuse profonde.
· des cas de méningite aseptiques réversibles, et des augmentations du taux sérique de créatinine et/ou dune insuffisance rénale aiguë.
· des cas de syndrome respiratoire aigu post-transfusionnel (TRALI).
Liste sous forme de tableau des effets indésirables
Le tableau ci-dessous est présenté conformément à la classification des systèmes dorganes MedDRA (CSO et terme préconisé).
Les fréquences ont été évaluées à laide des critères suivants : très fréquent (≥1/10), fréquent (≥ 1/100 à < 1/10), peu fréquent (≥ 1/1 000 à < 1/100), rare (≥ 1/10 000 à < 1/1 000), très rare (< 1/10 000), fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles)
Au sein de chaque fréquence de groupe, les effets indésirables sont présentés suivant un ordre décroissant de gravité.
Les fréquences des effets indésirables sont issues détudes cliniques menées avec Octagam.
|
Classification par système dorgane (SOC) selon MedDRA et par ordre de fréquence : |
Réaction indésirable |
Fréquence par patient |
Fréquence par perfusion |
|
Affections hématologiques et du système lymphatique |
anémie, leucopénie, lymphopénie |
peu fréquent |
peu fréquent |
|
Affections du système immunitaire (voir rubrique 4.4) |
hypersensibilité |
fréquent |
fréquent |
|
Affections oculaires |
vision floue |
peu fréquent |
peu fréquent |
|
Affections du système nerveux |
céphalée |
très fréquent |
fréquent |
|
étourdissements |
fréquent |
peu fréquent |
|
|
paresthésie, tremblements |
peu fréquent |
peu fréquent |
|
|
accident vasculaire cérébral (voir rubrique 4.4), hypoesthésie, infarctus cérébral |
peu fréquent |
rare |
|
|
Affections cardiaques |
tachycardie |
fréquent |
peu fréquent |
|
Affections vasculaires |
hypertension |
fréquent |
fréquent |
|
thrombose (voir rubrique 4.4) |
peu fréquent |
rare |
|
|
Affections gastro-intestinales |
nausée |
fréquent |
fréquent |
|
vomissements |
fréquent |
peu fréquent |
|
|
Affections musculo-squelettiques et systémiques |
myalgie, douleur dans les extrémités |
fréquent |
peu fréquent |
|
mal de dos, arthralgie, spasmes musculaires |
peu fréquent |
peu fréquent |
|
|
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales |
dyspnée |
peu fréquent |
peu fréquent |
|
embolie pulmonaire (voir rubrique 4.4) |
peu fréquent |
rare |
|
|
Troubles généraux et anomalies au site dadministration |
fièvre ; |
fréquent |
fréquent |
|
fatigue ; réaction au site dinjection frissons ; |
fréquent |
Peu fréquent |
|
|
douleurs thoraciques, asthénie, dème périphérique, malaise |
peu fréquent |
peu fréquent |
|
|
Investigations |
enzymes hépatiques augmentées, test de Coombs positif |
fréquent |
peu fréquent |
|
hémoglobine augmentée |
peu fréquent |
peu fréquent |
Les effets indésirables suivants sont issus de lexpérience post-marketing dOctagam.
Les fréquences des effets post-marketing signalés ne peuvent pas être évaluées à partir des données disponibles.
|
Classification par système dorgane (SOC) selon MedDRA et par ordre de fréquence : |
Réaction indésirable (selon le terme privilégié) |
Fréquence |
|
Affections hématologiques et du système lymphatique |
anémie hémolytique ; |
fréquence indéterminée |
|
Affections du système immunitaire (voir rubrique 4.4) |
choc anaphylactique ; réaction anaphylactique ; réaction anaphylactoïde ; angio-dème ; dème de la face |
fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée |
|
Troubles du métabolisme et de la nutrition |
surcharge liquidienne (pseudo)hyponatrémie |
fréquence indéterminée fréquence indéterminée |
|
Affections psychiatriques |
états confusionnel agitation anxiété nervosité |
fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée |
|
Affections du système nerveux |
méningite aseptique ; perte de conscience ; troubles du langage ; migraine ; photophobie ; |
fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée |
|
Affections oculaires |
altération de la vue |
fréquence indéterminée |
|
Affections cardiaques |
infarctus du myocarde (voir rubrique 4.4) ; angine de poitrine ; bradycardie ; palpitations ; cyanose |
fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée |
|
Affections vasculaires |
collapsus cardio-vasculaire ; insuffisance vasculaire périphérique ; phlébite ; hypotension ; pâleur |
fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée |
|
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales |
insuffisance respiratoire ; dème pulmonaire ; bronchospasme ; hypoxie ; toux |
fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée |
|
Affections gastro-intestinales |
diarrhée ; douleurs abdominales |
fréquence indéterminée fréquence indéterminée |
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Affections de la peau et du tissu sous-cutané |
exfoliation cutanée ; urticaire ; éruption cutanée ; éruption érythémateuse ; dermatite ; prurit ; alopécie érythème |
fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée |
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Affections musculo-squelettiques et systémiques |
douleurs à la nuque ; faiblesse musculaire ; raideur musculo-squelettique |
fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée |
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Affections du rein et des voies urinaires |
insuffisance rénale aiguë (voir rubrique 4.4) ; douleurs rénales |
fréquence indéterminée fréquence indéterminée |
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Troubles généraux et anomalies au site dadministration |
dème ; syndrome pseudo-grippal bouffées de chaleur ; rougeur du visage ; sensation de froid ; sensation de chaleur ; hyperhidrose ; inconfort au niveau de la poitrine ; léthargie ; sensation de brûlure |
fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée fréquence indéterminée |
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Investigations |
glucose sanguin faussement positif (voir rubrique 4.4) |
fréquence indéterminée |
Description dune série deffets indésirables
Pour la description dune série deffets indésirables, comme des réactions dhypersensibilité, thromboemboliques, une insuffisance rénale aiguë, un syndrome de méningite aseptique et une anémie hémolytique, voir rubrique 4.4.
Population pédiatrique
Lors détudes cliniques portant sur OCTAGAM, la plupart des effets indésirables observés chez les enfants ont été considérés comme modérés et ont été pour la plupart résolus par des mesures simples telles que la réduction du débit de perfusion ou larrêt temporaire de la perfusion. Concernant le type des effets indésirables observés, tous ont déjà été identifiés comme inhérents aux préparations dIgIV. Les céphalées ont été leffet indésirable le plus fréquemment observé au sein de la population pédiatrique.
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : www.signalement-sante.gouv.fr.
5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES
5.1. Propriétés pharmacodynamiques
Classe pharmacothérapeutique : Immunsérums et immunoglobulines : Immunoglobulines humaines normales pour administration intravasculaire, code ATC : J06BA02
Les immunoglobulines humaines normales contiennent essentiellement des immunoglobulines G (IgG) présentant un large spectre d'anticorps dirigés contre divers agents infectieux.
Les immunoglobulines humaines normales contiennent les anticorps IgG présents dans la population normale.
Elles sont généralement préparées à partir de pools de plasma provenant dau moins 1000 donneurs. La distribution des sous-classes d'IgG est proche de celle du plasma humain normal. Ladministration de doses appropriées de ce médicament peut normaliser un taux anormalement bas d'IgG.
Mécanisme daction
Le mécanisme d'action dans les indications autres que le traitement de substitution, n'est pas encore entièrement élucidé.
Efficacité et sécurité clinique
Une étude de phase III prospective, ouverte, multicentrique a été menée afin dévaluer lefficacité et la tolérance dOCTAGAM 100 mg/ml chez les patients atteints de purpura thrombopénique immunologique (PTI). OCTAGAM 100 mg/ml a été administré par voie intraveineuse à la dose de 1 g/kg/jour pendant 2 jours consécutifs et les patients ont fait lobjet dune surveillance pendant 21 jours puis ont bénéficié dune consultation de suivi 63 jours après la perfusion. Un bilan hématologique a été effectué des jours J2 à J7, puis à J14 et à J21.
Lanalyse a été réalisée chez 116 sujets: 66 sujets présentaient un PTI chronique, 49 sujets avaient fait lobjet dun diagnostic récent et 1 sujet ne présentant pas de PTI a été inclus dans létude par erreur et a par conséquent été exclu de lanalyse defficacité.
Le taux de réponse globale observé dans la population danalyse était de 80 % (intervalle de confiance à 95 % : 73-87 %). Les taux de réponse clinique étaient similaires entre les deux cohortes de patients : 82 % chez les patients atteints dun PTI chronique et 78 % chez les patients récemment diagnostiqués. Chez les patients ayant présenté une réponse clinique, la durée médiane de la réponse plaquettaire était de 2 jours, avec un intervalle allant de 1 à 6 jours.
La vitesse de perfusion maximale globale était de 0,12 ml/kg/min. Dans le groupe de sujets ayant reçu une perfusion à la vitesse maximale (n = 90), la vitesse de perfusion maximale médiane était de 0,12 ml/kg/min (moyenne : 0,10 ml/kg/min). Dans lensemble, un effet indésirable lié au traitement est survenu chez 55 % des sujets, avec une incidence similaire entre les patients atteints dun PTI chronique et les patients récemment diagnostiqués. Tous les effets indésirables liés au traitement étaient dintensité légère ou modérée, et se sont résolus. Les effets indésirables les plus fréquents étaient des céphalées, une fréquence cardiaque augmentée (les variations de la fréquence cardiaque devaient être rapportées dès quelles étaient > à 10 battements/min) et de la fièvre. Trente-deux (32) des 116 sujets (28 %) ont présenté des effets indésirables liés à la perfusion ou dans lheure qui a suivi, lorsque la vitesse de perfusion était ≤ 0,08 ml/kg/min ; tandis que seuls 6 des 54 sujets (11 %) ont présenté ce type deffet indésirable à la vitesse de perfusion de 0,12 ml/kg/min (si leffet indésirable est apparu après la fin de la perfusion, cest la dernière vitesse de perfusion utilisée qui était reliée à leffet indésirable). Aucun cas dhémolyse lié au produit étudié na été rapporté. Seul un patient a été prémédiqué en vue datténuer les réactions dintolérance liées à la perfusion.
Polyradiculoneuropathies inflammatoire démyélinisante chronique (PIDC)
Les données de 46 patients atteints de polyradiculoneuropathies inflammatoires démyélinisantes chroniques (PIDC) et traités par OCTAGAM 50 mg/mL ont été colligées rétrospectivement. Lanalyse de lefficacité a porté dune part sur 24 patients dont 11 nayant jamais reçu dIgIV avant linstauration dOCTAGAM 50 mg/mL (IgIV-naïfs, groupe 1) et 13 ayant reçu des IgIV stoppées depuis au moins 12 semaines avant linstauration dOCTAGAM 50 mg/mL (groupe 2) et dautre part sur 13 patients ayant reçu des IgIV lors de linstauration dOCTAGAM® 50 mg/mL ou ayant arrêté ce traitement par IgIV depuis moins de 12 semaines (groupe 3). Lefficacité a été évaluée avec le score ONLS (Overall Neuropathy Limitations Scale) et la réponse a été définie par une diminution dau moins un point de ce score après 4 mois de traitement par OCTAGAM 50 mg/mL. Pour le groupe 1 et 2, le taux de réponse était de 41,7% et la diminution du score ONLS était statistiquement significative (p=0,02). Seuls 3 patients sur 13 (23,08 %) du groupe 3 (prétraités par IgIV) ont eu un ONLS plus élevé ; létat de 10 patients est resté stable. Aucune autre amélioration sensible de lONLS nétait attendue chez les patients prétraités par IgIV.
Lâge moyen des patients étudiés était de 65 ans, c'est-à-dire supérieur aux autres études portant sur les PIDC. Chez les patients de plus de 65 ans, le taux de réponse était inférieur à celui des patients plus jeunes. Cela reflète les conclusions des données publiées.
Dermatomyosite (DM) :
Dans une étude multicentrique prospective, en double aveugle, randomisée, contrôlée contre placebo, un total de 95 patients adultes (âge moyen : 53 ans, intervalle : 22 à 79 ans ; 75 % de femmes) atteints de dermatomyosite ont été inclus.
Durant la première période (16 semaines), les sujets ont reçu soit 2 g/kg dOCTAGAM 100 mg/ml soit un placebo toutes les 4 semaines sur 4 cycles de perfusion.
Les sujets pouvaient poursuivre leur traitement antérieur pour la DM (dose maximale, par exemple pour les corticoïdes : 20 mg/jour déquivalent prednisone) sils lavaient reçu à doses stables avant leur inclusion dans létude. Durant la première période, la posologie du traitement concomitant pour la DM devait rester stable et environ 93 % des patients ont reçu des corticoïdes (dont 50 % environ ont reçu ≤ 10 mg/jour déquivalent prednisone).
La proportion de répondeurs (amélioration de ³ 20 points du TIS) en semaine 16 au sein de lensemble danalyse intégral (EAI) a été significativement plus importante dans le groupe OCTAGAM 100 mg/ml que dans le groupe placebo (78,72 % contre 43,75 % ; différence : 34,97 % [IC à 95 % : 16,70 ; 53,24 ; p = 0,0008] ; voir le tableau 1).
Tableau 1. Score damélioration total (TIS) Proportion de répondeurs en semaine 16
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Analyse |
Réponse basée sur le TIS |
OCTAGAM 100 mg/ml N = 47 |
Placebo N = 48 |
Différence |
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Primaire (amélioration au moins minime) |
Nombre (%) de répondeurs |
37 (78,72 %) |
21 (43,75 %) |
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Différence entre les taux de réponse |
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34,97 |
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[IC à 95 %] valeur de pa |
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[16,70 ; 53,24] 0,0008 |
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Secondaire Amélioration au moins modérée |
Nombre (%) de répondeurs |
32 (68,09 %) |
11 (22,92 %) |
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Différence entre les taux de réponse |
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45,17 |
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[IC à 95 %] valeur de pa |
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[27,31 ; 63,03] < 0,0001 |
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Secondaire Amélioration au moins majeure |
Nombre (%) de répondeurs |
15 (31,91 %) |
4 (8,33 %) |
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Différence entre les taux de réponse |
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23,58 |
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[IC à 95 %] valeur de pa |
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[8,13 ; 39,03] 0,0062 |
a Test de Cochran-Mantel-Haenszel
« Amélioration au moins modérée » définie comme une amélioration de ³ 40 points du TIS et « Amélioration au moins majeure » définie comme une amélioration de ³ 60 points du TIS, ce score reposant sur six mesures essentielles (CSM, Core Set Measures) : le test musculaire manuel (MMT-8, Manual Muscle Testing), lactivité globale de la maladie (GDA, Global Disease Activity) évaluée par le médecin-investigateur, lactivité extra-musculaire, la GDA évaluée par le patient, le questionnaire dévaluation de la santé (HAQ, Health Assessment Questionnaire), les enzymes musculaires.
IC = intervalle de confiance ; N = nombre de patients ; TIS = Total Improvement Score.
Durant la période dextension en ouvert (EEO) sur 24 semaines, 91 sujets ont reçu 6 cycles de perfusion supplémentaires dOCTAGAM 100 mg/ml toutes les 4 semaines. Une réduction du traitement immunosuppresseur concomitant était autorisée durant cette période et la dose de corticoïde a pu être progressivement réduite chez 15 % des sujets.
Pour tous les critères defficacité, jusquà la semaine 40, la réponse obtenue dans le groupe OCTAGAM 100 mg/ml durant la première période sest maintenue. Les patients du groupe placebo sont parvenus à une réponse similaire après être passés sous OCTAGAM 100 mg/ml durant la période dextension (voir le tableau 2).
Tableau 2. Score TIS Proportion de répondeurs en semaine 40
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Réponse basée sur le TIS en semaine 40 |
OCTAGAM 100 mg/ml |
Placebo/OCTAGAM 100 mg/ml |
Total |
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Nombre (%) de répondeurs |
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Amélioration au moins minime |
32/45 (71,11 %) |
32/46 (69,57 %) |
64/91 (70,33 %) |
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IC à 95 % |
57,87 ; 84,35 |
56,27 ; 82,86 |
60,94 ; 79,72 |
Un total de 664 cycles de perfusion dOCTAGAM 100 mg/ml ont été administrés sur lensemble de létude. Globalement, 62 sujets (65,3 %) ont connu 282 événements indésirables apparus sous traitement qui ont été considérés comme liés au médicament de létude, dont la majorité ont été dintensité légère (207/282).
Au cours de létude, aucun patient na rempli les critères définissant une hémolyse intravasculaire.
Pendant létude, une réduction du débit de perfusion maximal autorisé de 0,12 mL/kg/min à 0,04 mL/kg/min a été mise en place. Durant la période contrôlée contre placebo de même que sur lensemble de létude, les taux dincidence des événements thromboemboliques ajustés en fonction de lexposition ont été systématiquement plus faibles dans les analyses « Après réduction » (1,54 pour 100 patient-mois avant la réduction et 0,54 après, sur lensemble de létude). Il est donc recommandé dutiliser le débit de perfusion le plus faible possible chez les patients atteints de DM présentant des facteurs de risque (voir également la rubrique 4.4).
Population pédiatrique
Aucune étude portant spécifiquement sur la population pédiatrique na été menée avec OCTAGAM 100 mg/ml.
En revanche, une étude de phase III prospective, ouverte a été réalisée avec OCTAGAM 50 mg/ml sur 17 patients enfants/adolescents (âge moyen 14,0 ans, intervalle 10,5 à 16,8 ans) atteints de désordres immunitaires primaires. Les patients ont été traités pendant 6 mois. Lefficacité clinique était satisfaisante puisque le nombre de jours avec une infection ou de la fièvre et le nombre de jours dabsence à lécole étaient peu nombreux, et le type et la gravité des infections étaient comparables à ceux observés au sein de la population normale. Aucune infection entraînant une hospitalisation na été observée. Il est à noter que le nombre dépisodes infectieux était moins élevé lorsque les taux plasmatiques dIgG étaient maintenus autour de 6 g/l plutôt que 4 g/l.
5.2. Propriétés pharmacocinétiques
Après administration intraveineuse, les immunoglobulines humaines normales sont entièrement et immédiatement disponibles dans le sang du patient.
Distribution
Elles se répartissent relativement rapidement entre le plasma et le compartiment extravasculaire. L'équilibre entre les compartiments intra et extravasculaires est atteint après environ 3 à 5 jours.
Biotransformation
Le temps de demi-vie moyen des immunoglobulines humaines normales tel que mesuré chez les patients immunodéficients est denviron 26 à 41 jours. Cette demi-vie peut varier dun patient à lautre, et plus particulièrement dans les cas de déficit immunitaire primitif. Pour OCTAGAM 100 mg/ml, aucune donnée formelle de pharmacocinétique chez des patients immunodéficients na été obtenue.
Élimination
L'IgG et les complexes IgG sont dégradés par les cellules du système réticulo-endothélial.
Population pédiatrique
Aucune étude portant spécifiquement sur la population pédiatrique na été menée avec OCTAGAM 100 mg/ml.
En revanche, une étude de phase III prospective, ouverte a été réalisée avec OCTAGAM 50 mg/ml sur 17 patients enfants/adolescents (âge moyen 14,0 ans, intervalle 10,5 à 16,8 ans) atteints de désordres immunitaires primaires. Les patients ont été traités pendant 6 mois.
Sur la période de traitement, la Cmax moyenne à léquilibre était de 11,1 ± 1,9 g/l; le taux résiduel moyen était de 6,2 ± 1,8 g/l. La demi-vie terminale de lIgG totale était de 36 ± 11 jours, avec une moyenne de 34 jours. Le volume de distribution de lIgG totale était de 3,7 ± 1,4 l et la clairance corporelle totale était de 0,07 ± 0,02 l/jour.
5.3. Données de sécurité préclinique
Eau pour préparations injectables
En labsence détudes de compatibilité, ce médicament ne doit pas être mélangé avec d'autres médicaments ni avec dautres produits contenant des IgIV.
3 ans.
6.4. Précautions particulières de conservation
A conserver au réfrigérateur (entre 2oC et 8oC).
Ne pas congeler.
Conserver le flacon dans lemballage extérieur à labri de la lumière.
Le produit peut être retiré du réfrigérateur pour une période continue nexcédant pas 9 mois à une température ≤25°C et sans dépasser la date de péremption. A lissue de cette période, le produit ne doit pas être remis au réfrigérateur et doit être éliminé. La date à laquelle le produit a été sorti du réfrigérateur doit être mentionnée sur le carton.
6.5. Nature et contenu de l'emballage extérieur
Présentations:
2 g en 20 ml
5 g en 50 ml
6 g en 60 ml
10 g en 100 ml
3 x 10 g en 3 x 100 ml
3 x 20 g en 3 x 200 ml
30 g en 300 ml
Toutes les présentations peuvent ne pas être commercialisées.
20 ml de solution en flacon de 30 ml.
50 ml de solution en flacon de 70 ml.
60 ml de solution en flacon de 70 ml.
100 ml de solution en flacon de 100 ml.
200 ml de solution en flacon de 250 ml.
300 ml de solution en flacon de 300 ml.
Les flacons sont en verre de type II et fermés avec des bouchons en caoutchouc bromobutyle.
6.6. Précautions particulières délimination et de manipulation
Le produit doit être amené à température ambiante ou à température corporelle avant utilisation.
La solution doit être transparente à légèrement opalescente et incolore à jaune pâle.
Les solutions troubles ou présentant un dépôt ne doivent pas être utilisées.
Tout produit non utilisé ou déchet doit être éliminé conformément à la réglementation en vigueur.
En raison du risque de contamination bactérienne, tout reste de produit doit être éliminé.
7. TITULAIRE DE LAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
62 BIS AVENUE ANDRE MORIZET
92100 BOULOGNE BILLANCOURT
8. NUMERO(S) DAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
· 34009 576 182 1 6 : 20 ml de solution en flacon (verre de type II) muni dun bouchon (bromobutyle) Boîte de 1
· 34009 576 183 8 4 : 50 ml de solution en flacon (verre de type II) muni dun bouchon (bromobutyle) Boîte de 1
· 34009 550 051 5 5 : 60 ml de solution en flacon (verre de type II) muni dun bouchon (bromobutyle) Boîte de 1
· 34009 576 184 4 5 : 100 ml de solution en flacon (verre de type II) muni dun bouchon (bromobutyle) Boîte de 1
· 34009 576 185 0 6 : 200 ml de solution en flacon (verre de type II) muni dun bouchon (bromobutyle) Boîte de 1
· 34009 550 051 6 2 : 100 ml de solution en flacon (verre de type II) muni dun bouchon (bromobutyle) Boîte de 3
· 34009 550 051 8 6 : 200 ml de solution en flacon (verre de type II) muni dun bouchon (bromobutyle) Boîte de 3
· 34009 550 698 1 2 : 300 ml de solution en flacon (verre de type II) muni dun bouchon (bromobutyle) Boîte de 1
9. DATE DE PREMIERE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE LAUTORISATION
[à compléter ultérieurement par le titulaire]
10. DATE DE MISE A JOUR DU TEXTE
[à compléter ultérieurement par le titulaire]
Sans objet.
12. INSTRUCTIONS POUR LA PREPARATION DES RADIOPHARMACEUTIQUES
Liste I.
Médicament soumis à prescription hospitalière. La prescription par un médecin exerçant dans un établissement de transfusion sanguine autorisé à dispenser des médicaments aux malades qui y sont traités est également autorisée.
Médicaments liés cités dans ce texte
Liens ajoutés automatiquement par justelesRCP d'après les noms de médicaments et de substances cités ci-dessus ; ils ne font pas partie du texte officiel de l'ANSM.