DOXORUBICINE TEVA 200 mg/100 mL, solution injectable
CIS 69467732
Informations à jour au 22 mai 2018.Version vérifiée par justelesRCP le 2 mai 2022.
Consulter le RCP officiel sur le site de l'ANSM →
ANSM - Mis à jour le : 22/05/2018
DOXORUBICINE TEVA 200 mg/100 mL, solution injectable
2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE
Chlorhydrate de doxorubicine................................................................................................ 200 mg
Pour 100 mL de solution injectable.
Excipient à effet notoire : sodium.
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.
4.1. Indications thérapeutiques
· Sarcomes des os et des parties molles ;
· Maladie de Hodgkin, lymphomes non hodgkiniens ;
· Tumeurs solides de l'enfant ;
· Cancers du poumon ;
· Leucémies aiguës et chroniques ;
· Cancers de la vessie, de l'ovaire, de l'estomac.
4.2. Posologie et mode d'administration
Administration intraveineuse :
La dose totale de doxorubicine par cycle peut varier en fonction du protocole thérapeutique (monothérapie ou association à dautres cytotoxiques) et de lindication thérapeutique.
Dose initiale recommandée :
En monothérapie, la dose initiale recommandée par cycle chez ladulte est de 60 à 90 mg/m2 de surface corporelle.
La dose totale par cycle peut être administrée en dose unique ou sur 3 jours successifs ou enfin à J1 et J8. Dans les conditions où le patient récupère normalement de la toxicité induite par le traitement (notamment dépression médullaire et stomatite), chaque cycle peut être répété toutes les 3 à 4 semaines.
Ladministration de la doxorubicine en cycle hebdomadaire de 10 à 20 mg/m2 a aussi montré son efficacité. Si la doxorubicine est utilisée en association avec dautres cytotoxiques dont la toxicité peut se surajouter, la dose recommandée par cycle est alors de 30 à 60 mg/m2.
Adaptation posologique :
· Atteinte de la fonction hépatique :
Le taux de bilirubine doit être surveillé avant chaque traitement. En cas datteinte de la fonction hépatique (voir rubrique 4.4), des réductions de doses sont recommandées selon :
|
Paramètres de biochimie sérique |
Dose à administrer (en pourcentage de la dose théorique) |
|
Bilirubine : 20-51 μmol/l Ou ASAT : 2 à 4 fois la limite supérieure de la normale |
50
|
|
Bilirubine > 51 μmol/l Ou ASAT > 4 fois la limite supérieure de la normale |
25 |
La doxorubicine ne doit pas être administrée chez les patients présentant une altération sévère de la fonction hépatique (voir rubrique 4.3).
Autres populations particulières : des doses initiales plus faibles ou un espacement plus important des cycles de traitement doivent être envisagés chez les patients lourdement prétraités, les enfants, les personnes âgées, les patients obèses ou les patients avec un envahissement médullaire tumoral (voir rubrique 4.4).
Mode dadministration
Administration intraveineuse
La dose de doxorubicine doit être injectée en 3 à 5 minutes minimum et en 10 minutes maximum (afin de réduire le risque de thrombose ou dextravasation) dans la tubulure d'une perfusion intraveineuse de solution de chlorure de sodium isotonique à 0,9 % ou de solution de glucose à 5 %:
Une injection directe en bolus nest pas recommandée en raison du risque dextravasation, qui peut survenir même en présence dun retour sanguin adéquate à laspiration.
ATTENTION
Il est extrêmement important de s'assurer que l'administration est intraveineuse.
Toute extravasation risquerait de produire une nécrose des tissus environnants.
En cas d'extravasation, ladministration sera interrompue immédiatement.
Modalités de manipulation
|
La préparation des solutions injectables de cytotoxiques doit être obligatoirement réalisée par un personnel spécialisé et entraîné ayant une connaissance des médicaments utilisés, dans des conditions assurant la protection de l'environnement et surtout la protection du personnel qui manipule. Elle nécessite un local de préparation réservé à cet usage. Il est interdit de fumer, de manger, de boire dans ce local. Les manipulateurs doivent disposer d'un ensemble de matériel approprié à la manipulation notamment blouses à manches longues, masques de protection, calot, lunettes de protection, gants à usage unique stériles, champs de protection du plan de travail, conteneurs et sacs de collecte des déchets. Les excréta et les vomissures doivent être manipulés avec précaution. Les femmes enceintes doivent être averties et éviter la manipulation des cytotoxiques. Tout contenant cassé doit être traité avec les mêmes précautions et considéré comme un déchet contaminé. L'élimination des déchets contaminés se fait par incinération dans des conteneurs rigides étiquetés à cet effet. |
Ces dispositions peuvent être envisagées dans le cadre du réseau de cancérologie (circulaire DGS/DH/98 N° 98/188 du 24 mars 1998) en collaboration avec toute structure adaptée et remplissant les conditions requises.
Ce médicament est contre-indiqué dans les cas suivants :
· myélosuppression persistante ;
· insuffisance hépatique sévère ;
· insuffisance myocardique sévère ;
· infarctus du myocarde récent (moins de 6 mois) ;
· arythmie sévère ;
· traitements antérieurs par la doxorubicine, daunorubicine, épirubicine, idarubicine et/ou dautres anthracyclines ou anthracènediones à la dose maximale cumulative (voir rubrique 4.4) ;
· en association avec les vaccins vivants atténués (contre fièvre jaune, varicelle, zona, rougeole, oreillons, rubéole, tuberculose, rotavirus, grippe) (voir rubrique 4.5) : risque de maladie vaccinale généralisée éventuellement mortelle. Et pendant les 6 mois suivant larrêt de la chimiothérapie ;
· allaitement (voir rubrique 4.6).
4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi
La doxorubicine ne doit être administrée que sous la surveillance de médecins qualifiés ayant lexpérience de lusage des traitements cytotoxiques.
Avant dinitier un traitement par la doxorubicine, le patient devra sêtre rétabli des toxicités aiguës (telles que stomatite, neutropénie, thrombopénie et infections généralisées) induites par un traitement cytotoxique antérieur.
La clairance systémique de la doxorubicine est réduite chez les patients obèses (c'est-à-dire les patients ayant un poids égal ou supérieur à 130 % du poids idéal) (voir rubrique 4.2).
Fonction cardiaque
Un risque de cardiotoxicité est associé au traitement par les anthracyclines. Elle peut se manifester de façon immédiate ou retardée.
Cardiotoxicité immédiate : elle consiste principalement en une tachycardie sinusale, des extrasystoles ventriculaires, une tachycardie ventriculaire et des anomalies de l'électrocardiogramme (modifications de l'onde T, troubles de la conduction auriculo-ventriculaire, bloc de branche.
Ces effets, rarement importants sur le plan clinique, ne constituent habituellement pas un motif d'arrêt du traitement et ne sont généralement pas prédictifs du développement d'une cardiotoxicité retardée.
Cardiotoxicité retardée : elle peut se développer tardivement au cours du traitement ou dans les deux à trois mois qui suivent la fin de celui-ci et plus rarement plusieurs mois voire plusieurs années après la fin du traitement.
Une cardiomyopathie retardée se manifeste par une réduction de la fraction d'éjection ventriculaire gauche (FEVG) et/ou des signes et symptômes d'insuffisance cardiaque congestive tels que dyspnée, dème pulmonaire, dème déclive, cardiomégalie et hépatomégalie, oligurie, ascite, épanchement pleural et rythme de galop. Des effets subaigus tels que péricardites/myocardites ont aussi été reportés. Une insuffisance cardiaque congestive menaçant le pronostic vital est la forme la plus sévère de cardiomyopathie induite par les anthracyclines et représente la toxicité cumulative limitant la dose de ce médicament.
La fonction cardiaque doit être évaluée avant et tout au long du traitement afin de réduire le risque d'insuffisance cardiaque sévère.
Avant le traitement : évaluation clinique (cardiaque), ECG avec soit une scintigraphie ventriculaire soit une échocardiographie, tout particulièrement chez les patients présentant des facteurs de risque de toxicité cardiaque accrue : affection cardio-vasculaire active ou latente, radiothérapie antérieure ou concomitante au niveau de la région médiastinale/péricardique, traitement antérieur par d'autres anthracyclines ou des anthracènediones et utilisation concomitante d'autres médicaments pouvant altérer la contractilité cardiaque ou des médicaments cardiotoxiques (par ex, trastuzumab).
Au cours du traitement : suivi régulier de la FEVG évaluée par scintigraphie ventriculaire (MUGA) et/ou échocardiographie (ECHO), avec arrêt immédiat de la doxorubicine dès les premiers signes daltération fonctionnelle. Des déterminations répétées de la FEVG par MUGA ou ECHO doivent être réalisées en particulier lors de lutilisation de doses élevées et cumulatives d'anthracyclines. La technique utilisée pour l'évaluation doit être reproductible tout au long du suivi.
La probabilité de développer une insuffisance cardiaque congestive, estimée à environ 1 à 2 % pour une dose cumulée de 300 mg/m², augmente lentement jusquà des doses cumulatives de doxorubicine de 450-550 mg/m². Au-delà, le risque de développer une insuffisance cardiaque congestive augmente rapidement, il est recommandé de ne pas dépasser une dose cumulative maximale de 550 mg/m².
Les anthracyclines, dont la doxorubicine, ne doivent être administrés en association avec dautres médicaments cardiotoxiques que sous létroite surveillance de la fonction cardiaque du patient (voir rubrique 4.5). Les patients recevant des anthracyclines après larrêt dun traitement par dautres médicaments cardiotoxiques, particulièrement ceux présentant une longue demi-vie, tel que le trastuzumab, peuvent être sujets à un risque accru de cardiotoxicité. La demi-vie rapportée du trastuzumab est approximativement de 28 à 38 jours ; ce médicament peut persister dans la circulation jusqu'à 27 semaines après larrêt du traitement. Dans la mesure du possible, le prescripteur doit éviter les traitements contenant une anthracycline pendant les 27 semaines suivant larrêt du trastuzumab. En cas dutilisation des anthracyclines avant la fin de cette période, une surveillance étroite de la fonction cardiaque est alors recommandée.
Le suivi de la fonction cardiaque doit être particulièrement strict chez les patients qui reçoivent des doses cumulatives élevées et chez ceux présentant des facteurs de risque. Néanmoins, la toxicité cardiaque associée à la doxorubicine peut survenir avec des doses cumulatives plus faibles, que des facteurs de risque soient présents ou non.
Le risque de développer une cardiotoxicité retardée à la suite de ladministration de doxorubicine est plus important chez lenfant et ladolescent. Le risque est également plus important chez la femme que chez lhomme. Il convient donc deffectuer un suivi cardiaque régulier.
Il est probable que la toxicité de la doxorubicine et des autres anthracyclines ou des anthracènediones soit additive.
Toxicité hématologique
Comme les autres cytotoxiques, la doxorubicine peut provoquer une myélosuppression. Les paramètres hématologiques, dont la numération des globules blancs, doivent être évalués avant et pendant chaque cycle de traitement. La principale anomalie hématologique de la doxorubicine est une leucopénie et/ou une granulocytopénie (neutropénie) dose-dépendante et réversible ; cette manifestation est aussi la toxicité aiguë dose-limitante la plus fréquente. La leucopénie et la neutropénie atteignent généralement le nadir entre le 10ème et le 14ème jour de traitement ; les valeurs de leucocytes/neutrophiles se normalisant dans la plupart des cas vers le 21ème jour. Une thrombocytopénie et une anémie peuvent aussi survenir. Les conséquences cliniques dune myélosuppression sévère incluent fièvre, infection, sepsis/septicémie, choc septique, hémorragie, hypoxie tissulaire ou décès.
Leucémies secondaires
Une leucémie secondaire, précédée ou non dune phase préleucémique a été rapportée chez des patients traités par anthracyclines, dont la doxorubicine.
La leucémie secondaire est plus fréquente quand de tels médicaments sont administrés :
· en association avec des agents antinéoplasiques agissant sur lADN ;
· en association avec une radiothérapie ;
· chez des patients lourdement prétraités par des cytotoxiques ;
· ou lorsque les doses danthracyclines ont été successivement augmentées.
Ces leucémies peuvent présenter une période de latence de 1 à 3 ans.
Toxicité gastro-intestinale
La doxorubicine est émétisante. Une mucite et/ou stomatite apparait généralement en début de traitement. En cas de gravité, elle peut évoluer en quelques jours vers une ulcération de la muqueuse. La plupart des patients guérissent vers la 3ème semaine de traitement.
Fonction hépatique
Lélimination étant principalement hépato-biliaire, les taux de bilirubine sérique totale et dASAT doivent être déterminés avant et pendant le traitement. Les patients ayant un taux de bilirubine ou dASAT élevé risquent de présenter un ralentissement de la clairance de la doxorubicine associé à une augmentation de sa toxicité globale. En conséquence, un ajustement posologique est recommandé (voir rubrique 4.2). En cas dinsuffisance hépatique sévère, la doxorubicine ne doit pas être administrée (voir rubrique 4.3).
Réaction au point dinjection
Une injection dans un petit vaisseau ou des injections répétées dans la même veine peuvent provoquer une phlébo-sclérose. Le respect des modalités dadministration (voir rubrique 4.2) peut minimiser le risque de phlébite/thrombophlébite au site dinjection.
Extravasation
Lextravasation de la doxorubicine pendant linjection intraveineuse peut provoquer une douleur locale, des lésions sévères des tissus (vésication, cellulite sévère) et une nécrose. Si des signes ou des symptômes dextravasation apparaissent pendant ladministration intraveineuse de la doxorubicine, la perfusion du produit doit être immédiatement interrompue.
Syndrome de lyse tumorale
La doxorubicine peut entrainer une hyperuricémie en raison dun catabolisme important des purines résultant de la lyse rapide des cellules cancéreuses induite par le traitement cytotoxique (syndrome de lyse tumorale).
Les taux sanguins dacide urique, de potassium, de phosphate et de calcium, ainsi que la créatinine doivent être contrôlés après linitiation du traitement.
Lhydratation, une alcalinisation des urines très prudente et un traitement prophylactique par allopurinol (1ère intention) ou par un autre agent hypouricémiant pour prévenir lhyperuricémie, peuvent minimiser les complications potentielles du syndrome de lyse tumorale.
Autres
La doxorubicine peut potentialiser la toxicité dautres traitements anticancéreux. Une exacerbation de cystite hémorrhagique induite par le cyclophosphamide et une augmentation de lhépatotoxicité induite par le 6-mercaptopurine ont été rapportés.
Ce médicament est déconseillé en association avec la phénytoïne (et, par extrapolation, la fosphénytoïne) (voir rubrique 4.5).
Effets immunosuppresseurs- sensibilité accrue aux infections
Ladministration de vaccins vivants ou vivants atténués chez des patients immunodéprimés par leur traitement par la doxorubicine, peut entrainer des infections sévères ou fatales.
La vaccination avec un vaccin vivant doit être évitée chez les patients recevant la doxorubicine. Les vaccins tués ou inactivés peuvent être administrés. Cependant la réponse à de tels vaccins peut être diminuée.
Des toxicités radio-induites (sur le myocarde, les muqueuses, la peau et le foie) ont aussi été rapportées.
Comme avec dautres agents cytotoxiques, des thrombophlébites et des phénomènes thromboemboliques, dont lembolie pulmonaire (dans certains cas fatale), ont été rapportés lors de la prise de la doxorubicine.
Femmes en âge de procréer traitées (voir rubrique 4.6) : Les femmes en âge de procréer traitées par doxorubicine doivent utiliser un moyen de contraception efficace au cours du traitement et au cours du mois suivant linterruption du traitement.
Hommes traités (voir rubrique 4.6) : Il est souhaitable que les hommes traités par doxorubicine ou leur partenaire utilisent une méthode contraceptive de manière à éviter une conception pendant le traitement du patient et dans les 4 mois suivant la fin du traitement.
Les patients traités doivent être avertis de la nécessité de consulter en vue dune conservation de sperme préalablement au traitement, en raison de la possibilité datteinte de la fertilité.
Ce médicament contient 354,00 mg de sodium par flacon de 100 mL, ce qui équivaut à 17,7 % de lapport alimentaire quotidien maximal recommandé par lOMS de 2 g de sodium par adulte.
4.5. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions
INTERACTIONS LIEES A LA DOXORUBICINE
La doxorubicine est surtout utilisée en association avec dautres cytotoxiques.
Une toxicité additive peut survenir notamment pour les effets médullaires/hématologiques et gastro-intestinaux (voir rubrique 4.4). Lutilisation de la doxorubicine dans des chimiothérapies associant dautres produits potentiellement cardiotoxiques (par exemple : cyclophosphamide), de même que lutilisation concomitante dautres produits à visée cardiaque (par exemple, inhibiteurs calciques) requièrent une surveillance de la fonction cardiaque tout-au-long du traitement.
Les modifications de la fonction hépatique induites par des traitements concomitants peuvent affecter le métabolisme, la pharmacocinétique, lefficacité et/ou la toxicité de la doxorubicine.
Quand le paclitaxel est administré avant la doxorubicine, il peut augmenter les taux plasmatiques de la doxorubicine et/ou de ses métabolites. Certaines données indiquent que cet effet est mineur quand lanthracycline est administrée avant le paclitaxel.
Associations à prendre en compte
En cas dassociation au sorafénib, risque daugmentation des concentrations plasmatiques de la doxorubicine.
Risque de majoration de la toxicité de la doxorubicine par augmentation de ses concentrations plasmatiques.
INTERACTIONS COMMUNES A TOUS LES CYTOTOXIQUES
Associations contre-indiquées (voir rubrique 4.3)
+ Vaccins vivants atténués (contre fièvre jaune, varicelle, zona, rougeole, oreillons, rubéole, tuberculose, rotavirus, grippe).
Risque de maladie vaccinale généralisée éventuellement mortelle.
CONTRE-INDICATION et pendant les 6 mois suivant larrêt de la chimiothérapie.
Associations déconseillées (voir rubrique 4.4)
+ Phénytoïne (et, par extrapolation, fosphénytoïne)
Risque de survenue de convulsions par diminution de labsorption digestive de la seule phénytoïne par le cytotoxique, ou bien risque de majoration de la toxicité ou de perte defficacité du cytotoxique par augmentation de son métabolisme hépatique par la phénytoïne ou la fosphénytoïne.
Associations faisant lobjet de précautions demploi
+ Antivitamines K
Augmentation du risque thrombotique et hémorragique au cours des affections tumorales. De surcroit, possible interaction entre les AVK et la chimiothérapie.
Contrôle plus fréquent de lINR.
Associations à prendre en compte
+ Immunosuppresseurs (ciclosporine, everolimus, sirolimus, tacrolimus, temsirolimus)
Immunodépression excessive avec risque de syndrome lymphoprolifératif.
4.6. Fertilité, grossesse et allaitement
Grossesse
Les femmes en âge de procréer doivent utiliser un moyen de contraception efficace au cours du traitement et pendant le mois suivant linterruption du traitement. Compte tenu des données disponibles, la doxorubicine ne sera administrée pendant la grossesse que si la pathologie met en jeu le pronostic vital de la mère. En effet, les données cliniques sur lutilisation de la doxorubicine pendant la grossesse sont peu nombreuses et un effet malformatif a été mis en évidence chez lanimal (cf 5.3). Si la doxorubicine est utilisée pendant la grossesse ou si la patiente devient enceinte au cours du traitement, il est nécessaire de linformer des risques potentiels pour le ftus. En cas de traitement par doxorubicine en fin de grossesse, il est nécessaire de tenir compte, pour la prise en charge néonatale, du profil de toxicité cardiaque et hématologique potentiel chez le nouveau-né.
Allaitement
La doxorubicine est excrétée dans le lait maternel. Les femmes traitées par doxorubicine ne doivent pas allaiter pendant leur traitement par doxorubicine.
Fertilité
Chez les femmes, le traitement par doxorubicine associé à dautres antimitotiques peut entrainer une aménorrhée transitoire ou plus rarement définitive. Lovulation et les menstruations réapparaissent généralement après larrêt du traitement, mais une ménopause précoce est possible.
Chez lhomme, une oligospermie ou une azoospermie peuvent apparaître et être permanentes. Cependant, un retour à la normale du spermogramme, qui peut prendre plusieurs années, est possible.
Les hommes traités doivent être avertis de la nécessité de consulter en vue dune conservation de sperme préalablement au traitement, en raison de la possibilité dune atteinte de la fertilité.
La doxorubicine est mutagène et peut induire une atteinte chromosomique des spermatozoïdes. Les hommes traités par doxorubicine doivent éviter une conception pendant le traitement et dans les 4 mois suivant la fin du traitement.
4.7. Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
Les effets indésirables rapportés suite au traitement par doxorubicine sont présentés ci-dessous par classes de système dorgane MedDRA et par fréquence.
Les fréquences sont définies comme suit : très fréquent (≥ 10 %), fréquent (≥ 1 % à < 10 %), peu fréquent (≥ 0,1 % à < 1 %), rare (≥ 0,01 % à < 0,1 %), très rare (< 0,01 %), fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles).
Tableau des Effets indésirables
|
Infections et infestations |
|
|
Très fréquent |
Infection |
|
Fréquent |
Sepsis |
|
Tumeurs bénignes, malignes et non précisées (incluant kystes et polypes) |
|
|
Fréquence indéterminée |
Leucémie lymphoïde aiguë, leucémie myéloïde aiguë |
|
Affections hématologiques et du système lymphatique |
|
|
Très fréquent |
Leucopénie, neutropénie, anémie, thrombocytopénie |
|
Affections du système immunitaire |
|
|
Fréquence indéterminée |
Réaction anaphylactique |
|
Troubles du métabolisme et de la nutrition |
|
|
Très fréquent |
Anorexie |
|
Fréquence indéterminée |
Déshydratation, hyperuricémie |
|
Affections oculaires |
|
|
Fréquent |
Conjonctivite |
|
Fréquence indéterminée |
Kératite, augmentation du larmoiement |
|
Affections cardiaques |
|
|
Fréquent |
Insuffisance cardiaque congestive, tachycardie sinusale et ventriculaire |
|
Fréquence indéterminée |
Bloc auriculo-ventriculaire et bloc de branche, tachyarythmie |
|
Affections vasculaires |
|
|
Peu fréquent |
Embolie |
|
Fréquence indéterminée |
Choc, hémorragie, thrombophlébite, phlébite, bouffées de chaleur |
|
Affections gastro-intestinales |
|
|
Très fréquent |
Inflammation des muqueuses/stomatite, diarrhée, vomissements, nausées |
|
Fréquent |
sophagite, douleurs abdominales |
|
Fréquence indéterminée |
Hémorragie gastro-intestinale, gastrite érosive, colite, décoloration des muqueuses |
|
Affections de la peau et du tissu sous-cutané |
|
|
Très fréquent |
Erythrodysesthésie palmoplantaire, alopécie |
|
Fréquent |
Urticaire, rash, hyperpigmentation cutanée, hyperpigmentation unguéale |
|
Fréquence indéterminée |
Réaction de photosensibilité, réaction de rappel, prurit, trouble cutané |
|
Affections du rein et des voies urinaires |
|
|
Fréquence indéterminée |
Chromaturie a |
|
Affections des organes de reproduction et du sein |
|
|
Fréquence indéterminée |
Aménorrhée, azoospermie, oligospermie |
|
Troubles généraux et anomalies au site dadministration |
|
|
Très fréquent |
Pyrexie, asthénie, frissons |
|
Fréquent |
Réaction au point de perfusion |
|
Fréquence indéterminée |
Malaise |
|
Investigations |
|
|
Très fréquent |
Diminution de la fraction déjection, anomalies de lélectrocardiogramme, anomalies des transaminases, prise de poids b |
|
a Pendant un à deux jours après ladministration b observé chez des patients présentant un cancer du sein précoce et recevant une thérapie adjuvante à base de doxorubicine (étude NSABP B-15) |
|
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : www.ansm.sante.fr.
Le surdosage comporte un risque accru de toxicité myocardique aiguë et différée, et de majoration de la myélodepression (principalement leucopénie et thrombocytopénie) et des autres effets indésirables, notamment la toxicité gastro-intestinale (principalement mucite).
Des cas dinsuffisance cardiaque différée ont été observés plusieurs mois après le surdosage en anthracyclines. Il faut donc surveiller de façon très stricte la fonction cardiaque et effectuer quotidiennement des numérations formules sanguines.
En cas de surdosage, le traitement repose sur le maintien des fonctions vitales dans les unités de soins spéciales, cette période comporte des mesures comme des transfusions sanguines et des soins infirmiers palliatifs.
5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES
5.1. Propriétés pharmacodynamiques
Classe pharmacothérapeutique : ANTHRACYCLINES ET APPARENTES, code ATC : L01DB01.
Antinéoplasique cytostatique antibiotique de la famille des anthracyclines.
Les études fondamentales ont montré que la doxorubicine se fixe rapidement sur les structures nucléaires de la cellule, bloquant la synthèse de l'A.D.N. et de l'A.R.N. comme agent intercalant au niveau de l'A.D.N.
5.2. Propriétés pharmacocinétiques
La courbe d'élimination plasmatique du produit est triphasique avec une phase initiale rapide, d'une demi-vie d'environ 5 minutes et une phase terminale lente, d'une demi-vie d'environ 36 heures.
La doxorubicine est éliminée essentiellement par l'excrétion biliaire sous forme de produit inchangé et de métabolites (40 à 50 % de la dose en 7 jours).
L'excrétion urinaire est négligeable (environ 10 % de la dose, principalement sous forme de produit inchangé).
Compte-tenu de l'élimination hépato-biliaire de la doxorubicine, toute modification de la fonction hépatique peut entraîner une augmentation des taux plasmatiques du produit avec une demi-vie très allongée en cas d'insuffisance hépatique sévère et un risque de toxicité.
5.3. Données de sécurité préclinique
La doxorubicine est génotoxique dans une batterie de tests in-vitro ou in-vivo. Une augmentation de lincidence des tumeurs mammaires chez le rat a été rapportée. Il a été également constaté une tendance au retard voire à larrêt de la maturation folliculaire chez le chien femelle.
Altération de la fertilité
Dans les études chez lanimal, la doxorubicine a montré des effets toxiques sur les organes de reproduction males, se traduisant par une atrophie testiculaire, une dégénérescence diffuse des tubules séminifères et une hypospermie.
Les études animales ont mis en évidence des malformations du tube digestif (sophage, intestin), des fistules trachéo-oesophagiennes, des anomalies cardiovasculaires, des reins et de la vessie.
Chlorure de sodium, acide chlorhydrique, eau pour préparations injectables.
La doxorubicine ne doit pas être mélangée avec le fluorouracile (par exemple dans la même poche de perfusion ou au site dinjection en Y dune tubulure de perfusion IV) depuis quil a été rapporté que ces médicaments sont incompatibles car un précipité pourrait se former. Si une association de la doxorubicine avec le fluorouracile est nécessaire, il est recommandé de rincer la tubulure IV entre ladministration de ces deux médicaments.
Après dilution dans du chlorure de sodium à 0,9 % ou du glucose à 5 % pour des solutions de concentration comprises entre 0,05 et 5 mg/mL, la stabilité physicochimique a été démontrée pendant 7 jours à une température comprise entre 15°C et 25°C et à l'abri de la lumière. Toutefois, d'un point de vue microbiologique, la solution diluée doit être utilisée immédiatement.
6.4. Précautions particulières de conservation
A conserver au réfrigérateur (entre 2°C et 8°C).
Conserver le flacon dans l'emballage extérieur, à l'abri de la lumière.
6.5. Nature et contenu de l'emballage extérieur
100 mL de solution en flacon (verre de type I) avec bouchon en butylélastomère ; boîte de 1.
6.6. Précautions particulières délimination et de manipulation
La solution peut être diluée dans du chlorure de sodium à 0,9 % ou du glucose à 5 % à des concentrations comprises entre 0,05 et 5 mg/mL.
La manipulation de ce cytotoxique par le personnel infirmier ou médical nécessite un ensemble de précautions permettant d'assurer la protection du manipulateur et de son environnement (voir rubrique 4.2).
Tout médicament non utilisé ou déchet doit être éliminé conformément à la réglementation en vigueur.
7. TITULAIRE DE LAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
100- 110 ESPLANADE DU GENERAL DE GAULLE
92931 PARIS LA DEFENSE CEDEX
8. NUMERO(S) DAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
· 34009 559 489 5 7 : 100 mL en flacon (verre); boîte de 1.
9. DATE DE PREMIERE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE LAUTORISATION
[à compléter ultérieurement par le titulaire]
10. DATE DE MISE A JOUR DU TEXTE
[à compléter ultérieurement par le titulaire]
Sans objet.
12. INSTRUCTIONS POUR LA PREPARATION DES RADIOPHARMACEUTIQUES
Liste I.
Médicament soumis à prescription hospitalière.
Médicament à prescription réservée aux spécialistes en oncologie ou en hématologie ou aux médecins compétents en cancérologie.
Médicament nécessitant une surveillance particulière pendant le traitement.
Médicaments liés cités dans ce texte
- ALLOPURINOL ARROW 100 mg, comprimé
- CYCLOPHOSPHAMIDE SANDOZ 1000 mg, poudre pour solution injectable ou pour perfusion
- PURINETHOL 50 mg, comprimé
- DI-HYDAN 100 mg, comprimé sécable
- SORAFENIB BIOGARAN 200 mg, comprimé pelliculé
- ISOPTINE 120 mg, gélule
- NEORAL 10 mg, capsule molle
- CERTICAN 0,1 mg, comprimé dipersible
- ADOPORT 0,5 mg, gélule
- EFUDIX 5 %, crème
Liens ajoutés automatiquement par justelesRCP d'après les noms de médicaments et de substances cités ci-dessus ; ils ne font pas partie du texte officiel de l'ANSM.