MIFEGYNE 600 mg, comprimé
CIS 62681445
Informations à jour au 8 mars 2022.Version vérifiée par justelesRCP le 2 mai 2022.
Consulter le RCP officiel sur le site de l'ANSM →
ANSM - Mis à jour le : 08/03/2022
MIFEGYNE 600 mg, comprimé
2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE
Chaque comprimé contient 600 mg de mifépristone.
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.
Comprimé.
Comprimé jaune pâle, biconvexe, en forme damande, ayant une longueur de 19 mm et une largeur de 11 mm, et portant la marque « γ » sur une face et « 600 » sur lautre.
Dans linterruption de grossesse, la prescription et ladministration dun anti-progestérone comme la mifépristone ou dun analogue de prostaglandine doivent respecter la législation en vigueur.
4.1. Indications thérapeutiques
1- Interruption médicamenteuse de grossesse intra-utérine évolutive.
En association séquentielle à un analogue de prostaglandine, au plus tard au 63ème jour d'aménorrhée (voir rubrique 4.2).
2- Préparation à l'action des analogues de prostaglandines lors des interruptions de grossesse pour raisons médicales (au-delà du premier trimestre).
3- Induction du travail lors de mort ftale in utero.
Lorsque les prostaglandines ou l'ocytocine ne peuvent être utilisées.
4.2. Posologie et mode d'administration
Posologie
1- Interruption médicamenteuse de grossesse intra-utérine évolutive
Le mode d'administration est le suivant :
· Jusqu'à 49 jours d'aménorrhée :
La mifépristone est prise sous forme de dose orale unique de 600 mg (soit 1 comprimé à 600 mg), suivie 36 à 48 heures plus tard de ladministration de lanalogue de prostaglandine : 400 µg de misoprostol par voie orale ou 1 mg de géméprost par voie vaginale.
· De 50 à 63 jours d'aménorrhée :
La mifépristone est prise sous forme de dose orale unique de 600 mg (soit 1 comprimé à 600 mg), suivie 36 à 48 heures plus tard de ladministration dun analogue de prostaglandine : 1 mg de géméprost par voie vaginale.
Pour plus dinformations concernant la posologie du misoprostol ou du géméprost, il convient de se référer aux Résumés des Caractéristiques des Produits correspondants.
2- Préparation à l'action des analogues de prostaglandines lors des interruptions de grossesse pour raisons médicales
La mifépristone est prise sous forme de dose orale unique de 600 mg (soit 1 comprimé à 600 mg), suivie 36 à 48 heures plus tard de ladministration prévue dune prostaglandine qui pourra être répétée aussi souvent quelle sera indiquée.
3- Induction du travail lors de mort ftale in utero
La mifépristone est prise sous forme de dose orale unique de 600 mg (soit 1 comprimé à 600 mg) par jour, pendant deux jours consécutifs.
En labsence de début de travail, dans les 72 heures après la première prise de mifépristone, linduction du travail sera réalisée selon les techniques habituellement utilisées.
Des vomissements moins de 45 minutes après ladministration peuvent entraîner une diminution de lefficacité de la mifépristone : la prise orale dun nouveau comprimé de 600 mg de mifépristone est recommandée dans ce cas.
Population pédiatrique
Les données sur l'utilisation de la mifépristone chez les adolescentes sont limitées.
Mode dadministration
Les comprimés de mifépristone sont prévus pour une administration par voie orale uniquement ; ils ne doivent pas être pris selon un autre mode dadministration.
Ce médicament NE DOIT JAMAIS être prescrit dans les cas suivants :
Dans toutes les indications :
· Insuffisance surrénale chronique,
· Hypersensibilité à la substance active ou à l'un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1,
· Asthme sévère, non contrôlé par le traitement,
· Porphyrie héréditaire.
Dans lindication : interruption médicamenteuse de grossesse évolutive :
· Grossesse non confirmée par échographie ou biologiquement,
· Grossesse de plus de 63 jours daménorrhée,
· Suspicion de grossesse extra-utérine,
· Contre-indication à lanalogue de prostaglandine utilisé.
Dans lindication : préparation à l'action des analogues des prostaglandines dans linterruption de grossesse pour raisons médicales (au-delà du premier trimestre) :
· Contre-indications à lanalogue de prostaglandine utilisé.
4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi
Mises en garde
En raison de ses propriétés abortives, la mifépristone ne doit jamais être utilisée chez une femme enceinte qui souhaite mener sa grossesse à terme.
Lâge gestationnel doit être déterminé en interrogeant la patiente et en effectuant un examen clinique. Il est recommandé de pratiquer une échographie de lutérus.
Des effets indésirables cutanés sévères, y compris des cas de nécrolyse épidermique toxique et de pustulose exanthématique aiguë généralisée, ont été rapportés en association avec la mifépristone (voir rubrique 4.8). Chez les patients confrontés à des effets indésirables cutanés sévères, le traitement par la mifépristone doit être immédiatement arrêté. Une reprise du traitement par la mifépristone est déconseillée.
En labsence détudes spécifiques, lutilisation de mifépristone est déconseillée chez les patientes souffrant de :
· Malnutrition
· Insuffisance hépatique
· Insuffisance rénale
1- Interruption médicamenteuse de grossesse intra-utérine évolutive
Cette méthode requiert une participation active de la femme qui doit être informée des contraintes de la méthode :
· Nécessité de la prise associée dun analogue de prostaglandine lors d'une 2ème consultation dans un délai de 36 à 48 heures après ladministration de ce médicament,
· Nécessité dune consultation de suivi (3ème consultation) dans un délai de 14 à 21 jours après la prise de mifépristone afin de vérifier que lexpulsion a été complète,
· Possibilité dun échec de la méthode qui impliquerait une interruption de grossesse par une autre méthode.
Si la grossesse est survenue en présence dun dispositif intra-utérin in situ, ce dispositif doit être retiré avant ladministration de la mifépristone.
· Risques inhérents à la méthode
o Échecs
Le risque non négligeable déchec, de lordre de 1,3 à 7,5 % des cas, rend obligatoire la visite de contrôle destinée à vérifier si lexpulsion a été complète.
Dans de rares cas d'expulsion incomplète, une intervention chirurgicale peut être nécessaire.
L'efficacité de la méthode diminue avec la parité et par conséquent avec l'âge de la femme.
o Métrorragies
La patiente doit être informée de la survenue de métrorragies prolongées, parfois abondantes, jusquà 12 jours après la prise de mifépristone. Les métrorragies surviennent dans la quasi-totalité des cas et ne sont nullement une preuve dexpulsion complète.
Les métrorragies peuvent avoir lieu très rapidement après la prise de misoprostol, et quelques fois plus tard :
o Dans 60 % des cas, lexpulsion se produit dans les 4 heures suivant la prise de misoprostol,
o Dans les 40 % de cas restants, lexpulsion a lieu dans les 24 à 72 heures suivant la prise de misoprostol.
Dans de très rares cas, lexpulsion peut survenir avant ladministration de lanalogue de prostaglandine (environ 3 %). Cette situation nexclut pas la visite de contrôle destinée à vérifier si lexpulsion a été complète et si la cavité utérine est vide.
On recommandera à la patiente de ne pas séloigner du centre médical prescripteur tant que lexpulsion complète naura pas été constatée. Elle recevra des informations précises concernant qui elle devra contacter et où se rendre en cas de problème, notamment en cas de métrorragies très abondantes. Cest le cas de saignements qui durent plus de 12 jours et/ou qui sont plus abondants que les règles normales.
Une visite de suivi doit avoir lieu impérativement dans un délai de 14 à 21 jours suivant la prise de mifépristone pour vérifier par des moyens appropriés (examen clinique, ainsi que dosages des bêta-hCG ou échographie) que lexpulsion a été complète et que les métrorragies ont disparu. En cas de saignement (même minime) persistant au-delà de cette visite, on en vérifiera la disparition au bout de quelques jours. En cas de doute sur la persistance de la grossesse, une échographie peut savérer nécessaire.
La persistance dun saignement à ce stade peut évoquer un avortement incomplet, ou une grossesse extra-utérine passée non diagnostiquée, et doit conduire à un traitement approprié.
En raison de métrorragies sévères nécessitant un curetage hémostatique dans 0 à 1,4 % des cas lors de l'interruption médicamenteuse de grossesse, la prudence s'impose chez les patientes souffrant de troubles hémostatiques associés à une hypocoagulabilité ou une anémie. La décision de recourir à une interruption de grossesse médicamenteuse ou chirurgicale sera prise en accord avec des spécialistes en fonction du type de trouble de lhémostase et du degré de lanémie.
Dans l'éventualité d'une grossesse en cours diagnostiquée après la visite de suivi, une interruption de la grossesse par une autre technique sera proposée à la patiente.
o Infection
Des cas graves (voire fatals) de choc toxique ou septique après une infection par des pathogènes atypiques (comme Clostridium sordellii ou Escherichia coli) ont été rapportés après linterruption médicamenteuse de grossesse réalisée avec 200 mg de mifépristone suivie par l'administration vaginale ou buccale non autorisée de comprimés de misoprostol.
Les cliniciens doivent être avertis de cette complication fatale potentielle.
Précautions demploi
1- Dans tous les cas
En cas de suspicion d'insuffisance surrénale aiguë, l'administration de dexaméthasone est recommandée. 1 mg de dexaméthasone peut neutraliser laction dune dose de 400 mg de mifépristone.
En raison de l'activité anti-glucocorticoïde de la mifépristone, l'efficacité d'un traitement à long terme par les corticostéroïdes, y compris les corticostéroïdes inhalés dans le traitement de lasthme, peut être diminuée pendant 3 à 4 jours après la prise de MIFEGYNE. Un ajustement thérapeutique est recommandé.
Allo-immunisation Rhésus
Linterruption médicamenteuse de grossesse exige la détermination du facteur Rhésus et donc la prévention de l'allo-immunisation Rhésus, et dune façon générale, les mesures habituellement prises lors dune interruption de grossesse.
Initiation de la contraception après linterruption médicamenteuse de grossesse
Durant les essais cliniques, de nouvelles grossesses ont débuté entre lexpulsion de lembryon et la reprise des règles. Cest pourquoi lorsquune interruption médicamenteuse de grossesse est médicalement confirmée, il est recommandé dinitier immédiatement une méthode de contraception.
Autres
Les précautions demploi relatives aux analogues des prostaglandines doivent également être respectées.
2- Interruption médicamenteuse de grossesse intra-utérine évolutive
Des accidents cardiovasculaires rares mais sérieux (infarctus du myocarde et/ou spasme des artères coronaires et hypotension sévère) ont été rapportés après ladministration intravaginale ou intramusculaire d'une dose élevée danalogue de prostaglandine. Pour cette raison, les femmes présentant des facteurs de risques de maladies cardiovasculaires (ex : âge supérieur à 35 ans associé à un tabagisme chronique, une hyperlipidémie ou un diabète) ou des affections cardiovasculaires établies doivent être traitées avec précaution.
3- Utilisation séquentielle de MIFEGYNE - prostaglandine, quelle que soit l'indication
Les précautions demploi relatives aux prostaglandines utilisées doivent être respectées.
Conditions d'administration des prostaglandines
Pendant la prise du médicament et pendant les trois heures qui suivent ladministration, la patiente doit, en principe, être sous surveillance au centre prescripteur afin de déceler les effets éventuellement aigus de l'administration de prostaglandines. Le centre de traitement doit être équipé d'installations médicales appropriées.
Lorsquelles quittent le centre de traitement, toutes les femmes doivent disposer de médicaments, si nécessaire, et être complètement informées des signes et symptômes éventuels qu'elles sont susceptibles de présenter et elles doivent avoir un accès direct au centre de traitement par téléphone ou accès local.
4.5. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions
Aucune étude d'interaction n'a été réalisée. Sur la base du métabolisme de ce médicament par le CYP3A4, il est possible que le kétoconazole, l'itraconazole, l'érythromycine et le jus de pamplemousse inhibent son métabolisme (augmentant les taux sériques de mifépristone). En outre, la rifampicine, la dexaméthasone, le millepertuis et certains anti-convulsivants (phénytoïne, phénobarbital, carbamazépine) peuvent induire le métabolisme de la mifépristone (diminuant les taux sériques de la mifépristone).
Sur la base des données d'inhibition in vitro, l'administration concomitante de mifépristone peut entraîner une augmentation des taux sériques des médicaments substrats de CYP3A4. Compte tenu de la lente élimination de la mifépristone de l'organisme, cette interaction peut être observée pendant une durée prolongée après son administration. Par conséquent, la prudence est de rigueur lorsque la mifépristone est administrée avec des médicaments qui sont des substrats de CYP3A4 et ont une marge thérapeutique étroite, y compris certains agents utilisés au cours d'une anesthésie générale.
Une diminution de lefficacité du médicament peut théoriquement survenir en raison des propriétés anti-prostaglandines des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), y compris laspirine (acide acétylsalicylique). Des données suggèrent que la prise concomitante dAINS le jour de ladministration de la prostaglandine n'a pas d'influence négative sur les effets de la mifépristone ou de la prostaglandine sur la maturation cervicale ou sur la contractilité utérine, et que cela ne diminue pas lefficacité clinique de l'interruption médicamenteuse de grossesse.
4.6. Fertilité, grossesse et allaitement
Grossesse
Chez l'animal (voir rubrique 5.3. Données de sécurité préclinique), le pouvoir abortif de la mifépristone ne permet pas dévaluer convenablement un éventuel effet tératogène de la molécule.
Aux doses subabortives, des malformations ont été observées chez le lapin mais non chez le rat, la souris ou le singe.
En clinique, de rares cas de malformations des extrémités des membres inférieurs (notamment, pied-bot) ont été rapportés suite à ladministration de mifépristone seule ou associée à des prostaglandines. L'un des mécanismes possibles pourrait-être le syndrome des brides amniotiques. Cependant, les données sont insuffisantes pour apprécier un éventuel effet tératogène de cette substance active.
En conséquence :
· La patiente devra être informée du fait que, compte tenu du risque d'échec de la méthode médicamenteuse dinterruption de grossesse et des risques pour le ftus, la visite de suivi est obligatoire (voir rubrique 4.4 - Mises en garde spéciales et précautions demploi).
· Si lors d'une visite de suivi, on constate l'échec de la méthode (grossesse évolutive viable), une autre méthode d'interruption de la grossesse doit être proposée à la patiente si elle souhaite toujours l'interrompre.
· Si la patiente envisage de poursuivre sa grossesse, une surveillance échographique prénatale soigneuse, avec une attention particulière portée aux extrémités, sera mise en uvre dans un centre spécialisé.
Allaitement
La mifépristone est éliminée dans le lait maternel en petites quantités. En conséquence, il est recommandé déviter la prise de mifépristone pendant l'allaitement.
Fertilité
La mifépristone n'a pas deffet sur la fécondité. Il est possible que la femme débute une nouvelle grossesse immédiatement après linterruption de la grossesse. Il est donc important dinformer la patiente de la nécessité dinitier une méthode de contraception dès que linterruption de grossesse a été confirmée.
4.7. Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
Aucune donnée sur les effets du médicament sur l'aptitude à conduire des véhicules n'est connue. Un effet indésirable inhérent à la méthode, de type vertige, peut survenir. En cas de conduite de véhicules ou dutilisation de machines, il est nécessaire de tenir compte de ce possible effet indésirable.
La fréquence de survenue des effets indésirables est évaluée comme suit :
Très fréquent (≥ 1/10)
Fréquent (≥ 1/100 à < 1/10)
Peu fréquent (≥ 1/1 000 à < 1/100)
Rare (≥ 1/10 000 à < 1/1 000)
Très rare (< 1/10 000)
Fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles)
Infections et infestations
Fréquents :
· Infection consécutive à l'interruption de grossesse. Des infections suspectées ou confirmées (endométrite, maladie inflammatoire pelvienne) ont été rapportées chez moins de 5 % des femmes.
Très rares :
· De très rares cas graves ou fatals de choc toxique ou septique (dû à Clostridium sordellii ou Escherichia coli), avec ou sans fièvre ou dautres symptômes évidents dinfection, ont été rapportés après linterruption médicamenteuse de grossesse suite à l'administration vaginale ou buccale non autorisée de comprimés de misoprostol destinés à l'utilisation orale. Les cliniciens doivent connaître cette complication potentiellement fatale (voir rubrique 4.4 - Mises en garde spéciales et précautions demploi).
Affections du système nerveux
Rares :
· Céphalées.
Affections vasculaires
Peu fréquents :
· Hypotension (0,25 %).
Affections gastro-intestinales
Très fréquents :
· Nausées, vomissements, diarrhées (ces troubles gastro-intestinaux liés à la prise de prostaglandines sont fréquemment rapportés).
Fréquents :
· Crampes abdominales dintensité légère à modérée.
Affections de la peau et du tissu sous-cutané
Peu fréquents :
· Hypersensibilité : éruptions cutanées peu fréquentes (0,2 %).
Rares :
Des cas isolés d'urticaire, d'érythrodermie, d'érythème noueux, de nécrolyse épidermique toxique ont également été rapportés.
Très rares :
· Angioedèmes.
Fréquence indéterminée
· Pustulose exanthématique aiguë généralisée
Affections des organes de reproduction et du sein
Très fréquents :
· Contractions utérines ou crampes (10 à 45 % des cas) dans les heures qui suivent la prise de prostaglandines.
Fréquents :
· Des métrorragies importantes surviennent dans environ 5 % des cas et peuvent nécessiter un curetage hémostatique jusquà 1,4 % des cas.
Rares :
· Dans l'interruption de grossesse du 2e trimestre ou l'induction du travail en cas de mort ftale au 3e trimestre, de rares cas de rupture utérine ont été rapportés après la prise de prostaglandines. Ils sont survenus en particulier chez des femmes multipares ou ayant subi une césarienne.
Troubles généraux et anomalies au site dadministration
Rares :
· Malaises, manifestations vagales (bouffées de chaleur, vertiges, frissons), fièvre.
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : www.signalement-sante.gouv.fr.
Aucun cas de surdosage na été rapporté.
En cas d'absorption massive accidentelle, des signes d'insuffisance surrénale pourraient apparaître. Toute notion d'intoxication aiguë impose donc un traitement approprié avec notamment l'administration de dexaméthasone.
5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES
5.1. Propriétés pharmacodynamiques
Classe pharmacothérapeutique : autres hormones sexuelles et modulateurs de la fonction reproductrice/anti-progestatifs, code ATC : G03XB01.
La mifépristone est un stéroïde synthétique à action anti-progestative par compétition avec la progestérone au niveau de ses récepteurs.
À des doses de 3 à 10 mg/kg par voie orale, elle inhibe l'action de la progestérone endogène ou exogène chez différentes espèces animales (rat, souris, lapin et singe). Cette action se manifeste par une interruption de la gestation chez le rongeur.
Chez la femme, à des doses supérieures ou égales à 1 mg/kg, la mifépristone antagonise les effets endométriaux et myométriaux de la progestérone. Pendant la grossesse, elle sensibilise le myomètre aux contractions induites par les prostaglandines. Au cours du premier trimestre, elle permet la dilatation et l'ouverture du col utérin. Des données cliniques ont démontré que la mifépristone facilite la dilatation cervicale mais on ne dispose pas de résultats à long terme indiquant que cet effet permet de réduire le taux de complications observées précocement ou tardivement dans le cadre du processus de dilatation.
Dans linterruption de grossesse du premier trimestre, lutilisation séquentielle de la mifépristone et dun analogue de prostaglandine permet dobtenir un taux de succès dans 95 % des cas et d'accélérer l'expulsion ovulaire.
Dans les essais cliniques, les résultats varient légèrement en fonction de la prostaglandine utilisée et de la date de ladministration.
Le taux de succès atteint 95 % lorsque l'on administre en combinaison, 600 mg de mifépristone et 400 µg de misoprostol par voie orale, pour les grossesses jusquà 49 jours d'aménorrhée, et dans le cas de géméprost administré par voie vaginale, ce taux atteint 98 % pour des grossesses jusquà 49 jours d'aménorrhée et 95 % pour des grossesses jusquà 63 jours d'aménorrhée.
Les taux d'échec varient selon les études cliniques et le type de prostaglandines utilisé. La survenue déchec est de lordre de 1,3 à 7,5 % avec lutilisation séquentielle de mifégyne - analogue de prostaglandine :
· 0 à 1,5 % de grossesses évolutives,
· 1,3 à 4,6 % de grossesses arrêtées, mais incomplètement expulsées,
· 0 à 1,4 % de curetage hémostatique.
Lassociation de mifépristone à dautres analogues de prostaglandines na pas fait l'objet d'études.
Au cours des interruptions de grossesse pour raisons médicales au-delà du premier trimestre, la mifépristone administrée à une dose de 600 mg, 36 à 48 heures avant la première administration de prostaglandines, permet de réduire le délai entre linduction par la prostaglandine et l'expulsion, et de diminuer la dose de prostaglandine nécessaire.
Lorsqu'elle est utilisée pour induire le travail dans le cas d'un ftus mort in utero, la mifépristone induit à elle seule l'expulsion dans environ 60 % des cas dans les 72 heures suivant la première prise du médicament. Dans ce cas, l'administration de prostaglandines ou ocytociques n'est pas nécessaire.
La mifépristone se lie au récepteur des glucocorticoïdes. Chez l'animal, à des doses de 10 à 25 mg/kg, elle inhibe l'action de la dexaméthasone. Chez l'être humain, l'action anti-glucocorticoïde se manifeste à une dose supérieure ou égale à 4,5 mg/kg par une élévation compensatoire de l'ACTH et du cortisol. La bioactivité des glucocorticoïdes (GBA) peut être diminuée pendant plusieurs jours après une administration unique de 200 mg de mifépristone dans le cadre de l'interruption de grossesse. Les implications cliniques de cet effet ne sont pas élucidées, toutefois, vomissements et nausées peuvent être accrus chez les femmes sensibles à cet effet.
La mifépristone a une faible action anti-androgène qui n'apparaît chez l'animal que lors d'administration prolongée de doses très élevées.
5.2. Propriétés pharmacocinétiques
Absorption
Après l'administration orale d'une dose unique de 600 mg, la mifépristone est rapidement absorbée. La concentration maximale de 1,98 mg/l est atteinte après environ 1 heure 30 (moyenne de 10 sujets).
Après ladministration de faibles doses de mifépristone (20 mg) par voie orale, la biodisponibilité absolue est de 69 %.
Distribution
Dans le plasma, la mifépristone est liée à 98 % aux protéines plasmatiques : albumine et essentiellement alpha-1-glycoprotéine acide (AAG), la fixation étant saturable. En raison de cette fixation particulière, le volume de distribution et la clairance plasmatique de la mifépristone sont inversement proportionnels à la concentration plasmatique d'AAG.
Biotransformation
La N-déméthylation et l'hydroxylation terminale de la chaîne 17-propynyle sont les voies métaboliques principales du métabolisme hépatique oxydatif.
Élimination
La cinétique est non linéaire. Après une phase de distribution, l'élimination est d'abord lente, la concentration diminuant de moitié entre 12 et 72 heures environ, puis plus rapide, pour aboutir à une demi-vie d'élimination de 18 heures. La technique de mesure par radiorécepteur a permis d'évaluer la demi-vie terminale à 90 heures, incluant tous les métabolites de mifépristone se liant aux récepteurs de la progestérone.
Les métabolites de la mifépristone sont principalement excrétés dans les fèces. Après administration d'une dose radiomarquée de 600 mg, 10 % de la radioactivité totale sont éliminés dans l'urine et 90 % dans les fèces.
5.3. Données de sécurité préclinique
Au cours d'études toxicologiques réalisées chez le rat et le singe pendant une durée maximale de 6 mois, la mifépristone a entraîné les effets liés à son activité anti-hormonale (anti-progestérone, anti-glucocorticoïdes et anti-androgène).
Silice colloïdale anhydre (E551)
Amidon de maïs
Povidone (E1201)
Stéarate de magnésium (E572)
Cellulose microcristalline (E460).
Sans objet.
4 ans.
6.4. Précautions particulières de conservation
A conserver à une température ne dépassant pas 25°C.
A conserver dans lemballage d'origine à labri de la lumière.
6.5. Nature et contenu de l'emballage extérieur
Plaquettes en PVC/Aluminium, boîte de 1, 8, 16 ou 20 comprimés.
Toutes les présentations peuvent ne pas être commercialisées.
6.6. Précautions particulières délimination et de manipulation
Tout médicament non utilisé ou déchet doit être éliminé conformément à la réglementation en vigueur.
7. TITULAIRE DE LAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
EXELGYN
216 BOULEVARD SAINT-GERMAIN
75007 PARIS
8. NUMERO(S) DAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
· 34009 300 421 6 8 : comprimé sous plaquette (PVC/Aluminium). Boîte de 1.
· 34009 300 421 7 5 : comprimés sous plaquette (PVC/Aluminium). Boîte de 8.
· 34009 300 421 8 2 : comprimés sous plaquettes (PVC/Aluminium). Boîte de 16.
· 34009 300 421 9 9 : comprimés sous plaquettes (PVC/Aluminium). Boîte de 20.
9. DATE DE PREMIERE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE LAUTORISATION
[à compléter ultérieurement par le titulaire]
10. DATE DE MISE A JOUR DU TEXTE
[à compléter ultérieurement par le titulaire]
Sans objet.
12. INSTRUCTIONS POUR LA PREPARATION DES RADIOPHARMACEUTIQUES
Sans objet.
Liste I
Hors établissements de santé : médicament réservé à lusage professionnel des médecins et centres habilités conformément à larticle L. 2212-1 du code de la santé publique.
Médicaments liés cités dans ce texte
- CRINONE 80 mg/g, gel vaginal
- DECTANCYL 0,5 mg, comprimé
- KETOCONAZOLE ARROW 2 %, gel en récipient-unidose
- ITRACONAZOLE SANDOZ 100 mg, gélule
- EGERY, microgranules gastro-résistants en gélule
- RIFADINE 2 POUR CENT, suspension buvable
- DI-HYDAN 100 mg, comprimé sécable
- GARDENAL 10 mg, comprimé
- CARBAMAZEPINE MYLAN L.P. 200 mg, comprimé sécable à libération prolongée
Liens ajoutés automatiquement par justelesRCP d'après les noms de médicaments et de substances cités ci-dessus ; ils ne font pas partie du texte officiel de l'ANSM.