DESFLURANE PIRAMAL 100 %, liquide pour inhalation par vapeur
CIS 63931930
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ANSM - Mis à jour le : 12/05/2021
DESFLURANE PIRAMAL 100 %, liquide pour inhalation par vapeur
2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE
Desflurane 100 % (v/v)
100 ml de liquide pour inhalation par vapeur contient 100 ml de desflurane.
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.
Liquide pour inhalation par vapeur.
Liquide transparent, incolore.
4.1. Indications thérapeutiques
4.2. Posologie et mode d'administration
Des équipements de maintien de la perméabilité des voies aériennes, de ventilation artificielle, denrichissement en oxygène et de réanimation circulatoire doivent être immédiatement disponibles.
Posologie
L'administration de lanesthésie générale doit être personnalisée en fonction de la réponse du patient. Elle est déterminée en fonction de l'effet recherché, en tenant compte de l'âge du patient et de son état clinique.
La CAM (concentration alvéolaire minimale à laquelle 50 % des patients ne présentent aucune réaction face à une incision chirurgicale standardisée) du desflurane diminue avec lâge. La dose de desflurane doit être adaptée en conséquence.
Le pourcentage de concentration du desflurane correspondant à 1 CAM a été déterminé dans un gaz vecteur tel quindiqué dans le Tableau 1 ci-dessous.
|
Tableau 1 : Pourcentage de concentration du desflurane correspondant à 1 CAM en fonction de lâge du patient et du mélange inhalé (Moyenne ± écart type) |
||||
|
Âge |
N* |
100 % doxygène |
N* |
60 % de protoxyde dazote/40 % doxygène |
|
2 semaines |
6 |
9,2 ± 0,0 |
- |
- |
|
10 semaines |
5 |
9,4 ± 0,4 |
- |
- |
|
9 mois |
4 |
10,0 ± 0,7 |
5 |
7,5 ± 0,8 |
|
2 ans |
3 |
9,1 ± 0,6 |
- |
- |
|
3 ans |
- |
- |
5 |
6,4 ± 0,4 |
|
4 ans |
4 |
8,6 ± 0,6 |
- |
- |
|
7 ans |
5 |
8,1 ± 0,6 |
- |
- |
|
25 ans |
4 |
7,3 ± 0,0 |
4 |
4,0 ± 0,3 |
|
45 ans |
4 |
6,0 ± 0,3 |
6 |
2,8 ± 0,6 |
|
70 ans |
6 |
5,2 ± 0,6 |
6 |
1,7 ± 0,4 |
*N = nombre de paires croisées (utilisant une méthode « up-and-down » de leffet quantique)
Prémédication
La prémédication sera déterminée en fonction des besoins individuels de chaque patient. Lutilisation d'agents anticholinergiques est une question de choix pour lanesthésiste.
Le desflurane peut être associé à dautres substances couramment utilisées en anesthésie, de préférence des opioïdes, des benzodiazépines et des hypnotiques par voie intraveineuse. Les opioïdes et les benzodiazépines diminuent la quantité de desflurane nécessaire pour obtenir lanesthésie.
La quantité de desflurane nécessaire diminue également en cas dutilisation concomitante doxyde nitreux (N2O).
Le desflurane réduit la dose recommandée dinhibiteurs neuromusculaires. (Voir également à la rubrique 4.5)
Induction de lanesthésie chez les adultes
Compte tenu de la mauvaise tolérance de linhalation du desflurane chez le patient éveillé, le rapport bénéfice/risque dune telle procédure doit être analysé au cas par cas.
Chez les adultes, une concentration de départ de 3 % est recommandée. Elle est augmentée de 0,5 à 1,0 % toutes les 2 à 3 inspirations. Linhalation de concentrations de desflurane de 4 à 11 % produit habituellement une anesthésie chirurgicale dans les 2 à 4 minutes.
Des concentrations plus élevées allant jusquà 15 % peuvent être utilisées. De telles concentrations de desflurane dilueront proportionnellement la concentration doxygène et l'administration initiale d'oxygène doit être de 30 % ou plus. Après linduction chez les adultes par un médicament administré par voie intraveineuse, tel que le thiopental ou le propofol, il est possible de commencer à administrer du desflurane à environ 3,0 % (0,5 CAM) à 6,0 % (1 CAM), que le gaz vecteur soit de lO2 ou du N2O/O2.
Pendant linduction chez les adultes, lincidence globale de désaturation oxyhémoglobinée (SpO2 < 90 %) était de 6 %. Des concentrations élevées de desflurane peuvent induire des effets indésirables au niveau des voies respiratoires supérieures. Après linduction chez ladulte par un médicament administré par voie intraveineuse, comme le thiopental ou le propofol, il est possible de commencer à administrer du desflurane entre environ 3,0 % (0,5 CAM) et 6,0 % (1 CAM), que le gaz vecteur soit de lO2 ou du N2O/O2.
Une excitation continue de courte durée peut apparaître durant linduction de lanesthésie avec le desflurane.
Induction de lanesthésie chez lenfant
Le desflurane ne doit pas être utilisé pour linduction dune anesthésie générale chez lenfant en raison de la survenue hautement fréquente de toux, dapnée volontaire, dapnée, de laryngospasme et dune augmentation de la salivation (voir rubriques 4.3 et 4.4).
Maintien de lanesthésie chez les adultes
Une concentration de desflurane comprise entre 2 et 6 % peut permettre de maintenir une anesthésie chirurgicale lorsque du protoxyde dazote est utilisé de façon concomitante. Des concentrations de 2,5 à 8,5 % de desflurane peuvent être nécessaires lorsquil est administré avec de loxygène ou de lair enrichi en oxygène. Chez les adultes, une concentration de desflurane réduite peut permettre de maintenir une anesthésie chirurgicale lorsque du protoxyde dazote est utilisé de façon concomitante.
Si des concentrations élevées sont utilisées avec de loxyde nitreux, il est important que le mélange gazeux inhalé contienne au moins 25 % doxygène.
Des doses plus faibles de desflurane sont nécessaires lors de lutilisation dopioïdes, de benzodiazépines ou dautres sédatifs (voir rubrique 4.5).
Maintien de lanesthésie chez lenfant
Le desflurane est indiqué pour le maintien de lanesthésie chez le nourrisson et lenfant. Une anesthésie chirurgicale peut être maintenue chez lenfant avec des concentrations de desflurane en fin dexpiration de 5,2 à 10 %, avec ou sans utilisation concomitante doxyde nitreux. Bien que des concentrations de desflurane en fin dexpiration allant jusquà 18 % aient déjà été administrées pendant de courtes périodes, il est important de sassurer que le mélange administré contienne au moins 25 % doxygène si des concentrations élevées sont utilisées en association avec de loxyde nitreux.
Le desflurane est contre-indiqué pour le maintien de lanesthésie chez les enfants non intubés de moins de 6 ans, en raison de laugmentation de lincidence des réactions indésirables respiratoires (voir rubriques 4.3 et 4.4).
Utilisation en chirurgie dentaire
Ladministration de DESFLURANE PIRAMAL 100 %, liquide pour inhalation par vapeur à usage dentaire doit être limitée aux hôpitaux ou à la chirurgie ambulatoire (voir rubrique 4.3, « Contre-indications »).
Populations particulières
Patients insuffisants rénaux et hépatiques
Des concentrations de 1 à 4 % de desflurane associées à du protoxyde dazote ou de loxygène ont été administrées avec succès à des patients présentant des troubles chroniques de la fonction rénale ou hépatique et au cours de transplantations rénales. En raison du faible métabolisme, aucun ajustement posologique nest nécessaire chez les patients insuffisants rénaux ou hépatiques.
Induction de lanesthésie chez les patients en neurochirurgie
Le desflurane doit être administré à 0,8 CAM ou moins et en association avec une induction par barbiturique et une hyperventilation (hypocapnie) jusquà décompression cérébrale chez les patients présentant des augmentations connues ou suspectées de la pression du liquide céphalorachidien. Il convient d'être attentif au maintien de la pression de perfusion cérébrale (voir rubrique 4.4).
Utilisation du desflurane chez les patients hypovolémiques, hypotendus et affaiblis
Comme avec dautres anesthésiques par inhalation, il est recommandé dutiliser une concentration plus faible de desflurane chez ces patients.
Mode dadministration
Le desflurane est administré par inhalation.
Le desflurane ne doit pas être utilisé :
· Chez les patients pour lesquels une anesthésie générale est contre-indiquée.
· Chez les patients présentant une hypersensibilité connue aux anesthésiques halogénés, autres composés dhydrocarbures halogénés.
· Chez les patients présentant une tendance connue ou suspectée à lhyperthermie maligne (HM) ou une prédisposition héréditaire à lHM.
· Pour linduction de lanesthésie chez lenfant, en raison du risque significatif de toux, dapnée volontaire, dapnée, de laryngospasme et daugmentation de la salive.
· Pour le maintien de lanesthésie chez les enfants non intubés de moins de 6 ans, en raison de laugmentation de lincidence des réactions indésirables respiratoires.
· Comme seul anesthésique chez les patients à risque de maladies coronariennes ou chez les patients pour qui des augmentations de la fréquence cardiaque ou de la pression artérielle ne sont pas souhaitables.
· Chez les patients ayant des antécédents dhépatite confirmée ou une dysfonction hépatique modérée à sévère inexpliquée (p. ex. jaunisse, fièvre inexpliquée ou leucocytose/éosinophilie) survenue après une anesthésie antérieure par un anesthésique halogéné.
· Chez les patients effectuant des interventions dentaires en dehors du cadre hospitalier ou dune unité de soins de jour.
4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi
Le desflurane doit être utilisé avec précaution chez les patients non intubés.
Hyperthermie maligne (HM)
Chez les individus sensibles (antécédents dhyperthermie maligne, de myopathies telles que dystrophies musculaires, de syndrome de King, de dystrophie myotonique, de myopathie à axe central), les agents anesthésiques inhalés puissants peuvent déclencher un état hypermétabolique des muscles squelettiques conduisant à une demande élevée en oxygène et à un syndrome clinique appelé hyperthermie maligne. Il a été démontré que le desflurane est un déclencheur potentiel dhyperthermie maligne. Le syndrome clinique est signalé par lhypercapnie ; il peut comprendre une rigidité musculaire, une tachycardie, une tachypnée, une cyanose, des arythmies et/ou une pression artérielle instable. Certains des signes non spécifiques suivants peuvent également apparaître pendant une anesthésie légère : hypoxie aiguë, hypercapnie et hypovolémie. Le traitement de lhyperthermie maligne comprend larrêt des médicaments déclenchant, ladministration de dantrolène sodique intraveineux et la mise en place dun traitement de soutien. Une insuffisance rénale peut apparaître par la suite et le débit urinaire doit faire lobjet dune surveillance et doit être soutenu si possible.
Le desflurane ne doit pas être utilisé chez les personnes susceptibles de présenter une HM. Des cas dHM à lissue fatale sous desflurane ont été rapportés.
Hyperkaliémie péri-opératoire
Lutilisation dagents anesthésiques inhalés a été associée à de très rares cas daugmentation des concentrations sériques en potassium qui sest traduite, chez des enfants, par des arythmies cardiaques et des décès pendant la période post-opératoire. Cette pathologie a été décrite chez des patients présentant une affection neuromusculaire latente aussi bien que déclarée, en particulier la myopathie de Duchenne. Lutilisation de suxaméthonium a été associée à la plupart, mais pas à tous ces cas. Ces patients ont montré des signes de lésions musculaires avec augmentation de la concentration sérique de créatinine kinase et myoglobinurie. En dépit des similitudes avec une hyperthermie maligne, aucun de ces patients na présenté de signes ou de symptômes de rigidité musculaire ou détat hypermétabolique.
Un traitement rapide et vigoureux de lhyperkaliémie et des arythmies est recommandé. Une évaluation ultérieure de laffection neuromusculaire latente est indiquée. De même, il convient de déterminer ultérieurement la présence éventuelle dune maladie neuromusculaire latente.
Interventions obstétricales
En raison du nombre limité de patients étudiés, la sécurité du desflurane dans le cadre des interventions obstétricales na pas été établie. Le desflurane est un relaxant utérin et réduit le flux sanguin utéro-placentaire (voir rubrique 4.6).
Elévation du glucose
Le desflurane a été associé à une élévation peropératoire du glucose.
Effets sur le foie
Des cas dinterruption de la fonction hépatique, dictère et de nécrose hépatique fatale ont été rapportés avec lutilisation des anesthésiques halogénés. De telles réactions semblent indiquer une hypersensibilité. Le desflurane peut provoquer une hépatite allergique chez les patients sensibilisés par une exposition antérieure à des anesthésiques halogénés. Une cirrhose, une hépatite virale ou toute autre pathologie hépatique préexistante peut justifier le choix dun anesthésique autre quun anesthésique halogéné.
Augmentation de la pression du liquide céphalo-rachidien (PLCR)
Le desflurane peut produire une augmentation dose-dépendante de la pression du liquide céphalorachidien chez les patients présentant des lésions intracrâniennes invasives. Chez ces patients, le desflurane doit être administré à 0,8 CAM ou moins et en association avec une induction par barbiturique et une hyperventilation (hypocapnie) jusquà décompression cérébrale. Il convient d'être attentif au maintien de la pression de perfusion cérébrale.
En cas de risque dhypertension intracrânienne, il nest pas recommandé dutiliser du desflurane.
Maladie cardiovasculaire
Chez les patients atteints de maladies coronariennes, il est important de maintenir une stabilité hémodynamique afin de prévenir lischémie myocardique. Après une rapide augmentation de la concentration de desflurane, une augmentation marquée du pouls, de la tension artérielle moyenne et des taux dadrénaline et de noradrénaline a été observée. Le desflurane ne doit pas être utilisé comme seule méthode danesthésie chez les patients à risque de maladies coronariennes ou chez les patients chez qui laugmentation de la fréquence cardiaque ou de la pression artérielle nest pas souhaitable. Il peut être utilisé avec dautres médicaments, de préférence des opioïdes et des hypnotiques administrés par voie intraveineuse.
Pendant le maintien de lanesthésie, des augmentations de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle survenant après des augmentations rapides et progressives de la concentration de desflurane en fin dexpiration ne reflètent pas nécessairement une anesthésie inadéquate. Les changements imputables à lactivation sympathique disparaissent en environ 4 minutes. Des augmentations de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle survenant avant ou en labsence dune augmentation rapide de la concentration de desflurane peuvent être interprétées comme révélatrices dune anesthésie légère.
Lhypotension et la dépression respiratoire augmentent avec la profondeur de lanesthésie.
Des arythmies ont été observées en association avec lutilisation de desflurane. Tous les patients anesthésiés avec du desflurane doivent être constamment surveillés. Les paramètres comme les résultats dECG, la tension artérielle, la saturation en oxygène et la pCO2 à lexhalation doivent être surveillés dans un environnement disposant de tout le matériel nécessaire à la réanimation et où le personnel est formé aux techniques de réanimation.
Absorbeurs de CO2 déshydratés
Le desflurane peut réagir avec des absorbeurs de dioxyde de carbone (CO2) déshydratés pour produire du monoxyde de carbone, ce qui peut entraîner des taux élevés de carboxyhémoglobine chez certains patients. Certains cas suggèrent que la chaux barytée ou sodée se déshydrate lorsque des gaz frais passent dans labsorbeur de CO2 à des débits élevés pendant plusieurs heures ou jours. La formation de CO nest pas cliniquement significative lorsque labsorbant est normalement hydraté. Il convient de respecter strictement les instructions dutilisation des adsorbants de CO2 fournies par le fabricant. Lorsquun clinicien pense que ladsorbant de CO2 peut être déshydraté, il doit le remplacer avant ladministration du desflurane.
Douleur post-anesthésique
Dans les cas où une douleur post-anesthésique est anticipée, il convient de tenir compte du réveil rapide avec le desflurane. Il convient de sassurer quune analgésie adéquate a été administrée au patient à la fin de lintervention ou au début du séjour en unité de soins post-anesthésie.
Précautions générales
Les anesthésies répétées sur une courte période de temps ne doivent être réalisées quavec précaution.
Les effets du desflurane chez les patients présentant une hypovolémie, une hypotension ou un état général défavorable nont pas été étudiés de façon approfondie. Chez ces patients, il est conseillé de réduire les concentrations.
Le desflurane est contre-indiqué chez les patients sujets à une bronchoconstriction, en raison du risque de bronchospasmes.
Une excitation continue de courte durée peut apparaître lors de linduction de lanesthésie.
Chirurgie de loreille moyenne
Le desflurane, comme les autres anesthésiques volatils, augmente la pression de loreille moyenne, en particulier chez les enfants. Il est donc recommandé de surveiller la pression de loreille moyenne au cours de lanesthésie par desflurane.
Population pédiatrique
Le desflurane doit être utilisé avec prudence chez les enfants ayant récemment présenté une infection des voies respiratoires supérieures, car il pourrait y avoir un risque de bronchoconstriction et daugmentation de la résistance des voies respiratoires.
Le desflurane est contre-indiqué pour le maintien de lanesthésie chez les enfants non intubés.
Le desflurane doit être utilisé avec prudence chez les enfants ayant des antécédents dasthme ou ayant récemment présenté une infection des voies respiratoires supérieures, car il pourrait y avoir un risque de bronchoconstriction et daugmentation de la résistance des voies respiratoires.
Lorsque les enfants se réveillent dune anesthésie, il est possible dobserver une courte période dagitation pouvant empêcher leur coopération.
4.5. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions
Utilisé de façon concomitante, le protoxyde dazote diminue la CAM du desflurane (voir Tableau 1).
Myorelaxants dépolarisants et non dépolarisants
Le desflurane potentialise laction des relaxants musculaires couramment utilisés.
Le Tableau 2 présente les doses de pancuronium, datracurium et de suxaméthonium nécessaires pour obtenir une dépression à 95 % (ED95) de la transmission neuromusculaire en fonction de diverses concentrations de desflurane (ces doses sont identiques à celles requises pour lisoflurane). LED95 du vécuronium est inférieure à 14 % avec le desflurane par rapport à lisoflurane. Par ailleurs, le rétablissement du bloc neuromusculaire est plus long avec le desflurane quavec lisoflurane.
Tableau 2 Dose de myorelaxant (mg/kg) nécessaire pour obtenir une dépression à 95 % de la transmission neuromusculaire
|
CAM du desflurane |
Pancuronium |
Atracurium |
Suxaméthonium |
Vécuronium |
|
0,65 CAM/60 % N2O/O2 |
0,026 |
0,133 |
ND* |
ND* |
|
1,25 CAM/60 % N2O/O2 |
0,018 |
0,119 |
ND* |
ND* |
|
1,25 CAM/100 % O2 |
0,022 |
0,120 |
0,360 |
0,019 |
* ND = non déterminée
Il est recommandé deffectuer une mesure par relaxométrie pour déterminer la dose exacte.
Médicaments pré-anesthésiques
Aucune interaction indésirable cliniquement significative associée à lutilisation répandue des pré-anesthésiques ou des médicaments utilisés au cours de lanesthésie (anesthésiques intraveineux et anesthésiques locaux) na été rapportée au cours des essais cliniques. Leffet du desflurane sur la biodisponibilité dautres médicaments na pas été déterminé.
Opioïdes et benzodiazépines
Les patients anesthésiés par différentes concentrations de desflurane et recevant des doses croissantes de fentanyl ont présenté une diminution significative des besoins anesthésiques ou de la CAM (voir Tableau 3). Une influence similaire sur la CAM peut être attendue avec dautres opioïdes et sédatifs.
Tableau 3. Effets du fentanyl ou du midazolam sur la CAM du desflurane
|
|
Concentration* (%) du desflurane dans de lO2 |
% de réduction de la concentration |
|
Pas de fentanyl |
6,33- 6,35 |
- |
|
Fentanyl (3 µg/kg) |
3,12-3,46 |
46-51 |
|
Fentanyl (6 µg/kg) |
2,25-2,97 |
53-64 |
|
Pas de midazolam |
5,85- 6,86 |
- |
|
Midazolam (25 μg/kg) |
4,93 |
15,7 |
|
Midazolam (50 μg/kg) |
4,88 |
16,6 |
* Patients de 18 à 65 ans
4.6. Fertilité, grossesse et allaitement
Grossesse
En raison du nombre limité de patients étudiés, la sécurité du desflurane dans le cadre des interventions obstétricales na pas été établie. Le desflurane est un relaxant utérin et réduit le flux sanguin utéro-placentaire. Les études effectuées chez lanimal ont mis en évidence une toxicité sur la reproduction (voir rubrique 5.3). Le desflurane ne doit être utilisé chez la femme enceinte quen cas dabsolue nécessité.
Il nexiste pas de données adéquates sur l'utilisation du desflurane/des métabolites dans le lait maternel. Un risque pour les nouveau-nés/nourrissons ne peut pas être exclu. Une décision doit être prise soit dinterrompre lallaitement soit dinterrompre/de sabstenir du traitement avec desflurane en prenant en compte le bénéfice de lallaitement pour lenfant au regard du bénéfice du traitement pour la femme. Lallaitement doit être évité après lanesthésie jusquà lélimination du desflurane (environ 24 heures).
Fertilité
Aucune donnée concernant les effets potentiels du desflurane sur la fertilité humaine nest disponible. Chez le rat, des effets sur la fertilité ont été observés (voir rubrique 5.3).
4.7. Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
Le desflurane peut provoquer une dépression cardiorespiratoire dose-dépendante et une légère augmentation peropératoire de la glycémie. La plupart des effets indésirables sont légers à modérés. Des nausées et vomissements ont été observés en période postopératoire. Ces effets sont des séquelles courantes des interventions chirurgicales et des anesthésies générales. Ils peuvent être dus à des anesthésiques par inhalation, à dautres médicaments administrés de façon peropératoire ou post-opératoire et à la réponse du patient à lintervention chirurgicale.
Les effets indésirables énumérés ci-dessous sont classés selon les catégories de fréquence suivantes :
· très fréquent (≥ 1/10) ;
· fréquent (≥ 1/100, < 1/10) ;
· peu fréquent (≥ 1/1 000, < 1/100) ;
· rare (≥ 1/10 000, < 1/1 000) ;
· très rare (< 1/10 000) ;
· fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles).
Le Tableau 4 énumère les effets indésirables par classe de systèmes d'organes conformément à la terminologie et aux catégories de fréquence MedDRA.
Tableau 4 - Réactions indésirables associés au médicament
|
Classe de systèmes dorganes |
Effet indésirable |
Fréquence |
|
Infections et infestations |
Pharyngite |
Fréquent |
|
Affections hématologiques et du système lymphatique |
Coagulopathie |
Fréquence indéterminée |
|
Troubles du métabolisme et de la nutrition |
Hyperkaliémie |
Fréquence indéterminée |
|
Hypokaliémie |
||
|
Acidose métabolique |
||
|
Affections psychiatriques |
Apnée volontaire |
Fréquent |
|
Agitation |
Peu fréquent |
|
|
Affections du système nerveux |
Céphalées |
Fréquent |
|
Somnolence |
Peu fréquent |
|
|
Convulsions Sensation vertigineuse3 Migraine3 Encéphalopathie3 |
Fréquence indéterminée |
|
|
Affections oculaires |
Conjonctivite |
Fréquent |
|
Kératite ulcérative3 Hyperhémie oculaire3 Diminution de lacuité visuelle3 Irritation oculaire3 Douleur oculaire3 Cécité transitoire3 |
Fréquence indéterminée |
|
|
Affections cardiaques |
Arythmie nodale |
Fréquent |
|
Bradycardie |
||
|
Tachycardie |
||
|
Infarctus du myocarde |
Peu fréquent |
|
|
Ischémie myocardique |
||
|
Arythmie |
||
|
Arrêt cardiaque |
Fréquence indéterminée |
|
|
Torsades de pointes |
||
|
Insuffisance ventriculaire |
||
|
Hypokinésie ventriculaire |
||
|
Fibrillation auriculaire |
||
|
Tachyarythmie3 |
||
|
Palpitations3 |
||
|
Affections vasculaires |
Hypertension |
Fréquent |
|
Vasodilatation |
Peu fréquent |
|
|
Hypertension maligne |
Fréquence indéterminée |
|
|
Hémorragie |
||
|
Hypotension |
||
|
Choc |
||
|
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales |
Apnée1 |
Fréquent |
|
Toux1 |
||
|
Larungospasme1 |
||
|
Hypoxie1 |
Peu fréquent |
|
|
Insuffisance respiratoire |
Fréquence indéterminée |
|
|
Difficultés à respirer |
||
|
Bronchospasme |
||
|
Hémoptysie |
||
|
Affections gastro-intestinales |
Vomissements1 |
Très fréquent |
|
Nausées1 |
||
|
Hypersécrétion salivaire1 |
Fréquent |
|
|
Pancréatite aiguë Douleurs abdominales |
Fréquence indéterminée |
|
|
Affections gastro-intestinales |
Pancréatite aiguë |
Fréquence indéterminée |
|
Douleur abdominale |
||
|
Affections hépatobiliaires |
Insuffisance hépatique |
Fréquence indéterminée |
|
Nécrose des cellules hépatiques |
||
|
Hépatite cytolytique |
||
|
Cholestase |
||
|
Jaunisse |
||
|
Altération de la fonction hépatique |
||
|
Ictère oculaire3 |
||
|
Affections de la peau et du tissu sous-cutané |
Urticaire |
Fréquence indéterminée |
|
Erythème |
||
|
Sensation de brûlure de la peau3 |
||
|
Affections musculo- squelettiques et systémiques |
Myalgie |
Peu fréquent |
|
Rhabdomyolyse |
Fréquence indéterminée |
|
|
Troubles généraux et anomalies au site d'administration |
Hyperthermie maligne |
Fréquence indéterminée |
|
Asthénie |
||
|
Gêne |
||
|
Fatigue3 |
||
|
Investigations |
Augmentation de la créatinine phosphokinase dans le sang |
Fréquent |
|
Electrocardiogramme anormal |
||
|
Prolongation de lintervalle QTc à lélectrocardiogramme |
||
|
Modifications du segment ST-T à lélectrocardiogramme |
Fréquence indéterminée |
|
|
Inversion de londe T à lélectrocardiogramme |
||
|
Augmentation de lalanine aminotransférase |
||
|
Augmentation de laspartate aminotransférase |
||
|
Anomalies dans le test de coagulation |
||
|
Augmentation delammoniaque |
||
|
Augmentation de la bilirubine sanguine |
||
|
Augmentation de la glycémie |
||
|
Lésions, intoxications et complications liées aux procédures |
Agitation post-opératoire |
Fréquence indéterminée |
|
Agitation post-opératoire |
Vertiges |
Fréquence indéterminée |
1 Rapportés pendant linduction et le maintien de lanesthésie
2 Rapportés pendant linduction de lanesthésie
3 Rapportés après une exposition accidentelle
Population pédiatrique
La fréquence, le type et lintensité de ces effets indésirables sont considérés comme identiques pour les enfants et les adultes.
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : www.signalement-sante.gouv.fr
Symptômes et traitement du surdosage
Il est attendu que les symptômes du surdosage du desflurane seront similaires à ceux du surdosage dautres agents volatiles, cest-à-dire, une intensification de lanesthésie, une dépression cardiaque et/ou respiratoire chez les patients respirant spontanément, et une hypotension chez les patients ventilés chez qui une hypercarbie et une hypoxie peuvent survenir uniquement à un stade ultérieur.
En cas de surdosage, les actions suivantes doivent être mises en uvre : le desflurane doit être arrêté, une voie respiratoire libre doit être établie et une ventilation assistée ou contrôlée avec de loxygène pur doit être instaurée. La fonction hémodynamique doit être correctement soutenue et maintenue.
5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES
5.1. Propriétés pharmacodynamiques
Le desflurane appartient à la famille des méthyléthyléthers halogénés administrés par inhalation, qui provoquent une perte temporaire et dose-dépendante de la conscience et des sensations douloureuses, une inhibition de lactivité motrice volontaire, une diminution des réflexes autonomes et une dépression des systèmes respiratoire et cardiovasculaire.
Lenflurane et lisoflurane, halogénés au chlore ainsi quau fluor, appartiennent également à cette famille. Le desflurane est uniquement halogéné au fluor.
Comme sa structure le suggère, le coefficient de diffusion du gaz dans le sang pour le desflurane (0,42) est inférieur à celui de tous les anesthésiques volatils disponibles (lisoflurane présente un coefficient de partition sang-gaz de 1,4) et légèrement inférieur à celui du protoxyde dazote (0,46). Ces données indiquent que le desflurane serait lagent idéal en cas de nécessité dun réveil rapide.
Les études sur lanimal ont montré une induction et un réveil plus rapides avec le desflurane quavec lisoflurane pour un profil cardiovasculaire similaire. La surveillance EEG na pas permis de détecter deffet épileptogène ou dautres effets indésirables sur le système nerveux central au cours de lanesthésie par le desflurane. Lutilisation concomitante de médicaments adjuvants na entraîné aucun effet EEG inattendu ou toxique.
Les études cliniques réalisées à ce jour évaluant lischémie myocardique, linfarctus et le décès comme paramètres de résultat nont pas établi que la propriété artériolaire coronaire du desflurane était associée au vol coronarien ou à lischémie myocardique chez les patients atteints de maladies coronariennes.
Des études réalisées chez des porcs sensibles à lhyperthermie maligne indiquent que le desflurane est un puissant déclencheur dhyperthermie maligne.
Leffet pharmacologique du desflurane est corrélé à la concentration de desflurane en fin dexpiration.
5.2. Propriétés pharmacocinétiques
Comme prévu daprès son profil physicochimique, les études pharmacocinétiques réalisées chez lanimal comme chez lhomme indiquent que le desflurane est assimilé plus rapidement par lorganisme que dautres agents volatils, ce qui permet dobtenir une induction plus rapide. Lélimination de lorganisme est elle aussi plus rapide, ce qui entraîne un réveil rapide et une flexibilité au niveau de lajustement du niveau danesthésie. Le desflurane est éliminé par voie pulmonaire. Il ne subit quun métabolisme minime (0,02 %), doù le faible risque de toxicité.
Caractéristiques observées chez les patients
Leffet pharmacologique est proportionnel à la concentration inspirée de desflurane. Les principaux effets indésirables sont des exacerbations de laction pharmacologique.
La CAM (concentration alvéolaire minimale) diminue avec lâge. Une réduction de la dose est recommandée chez les patients hypovolémiques, hypotendus et affaiblis, tel quindiqué dans la rubrique 4.4.
5.3. Données de sécurité préclinique
Pharmacologie de sécurité, toxicité aiguë et subchronique
Les données non cliniques sur la toxicité aiguë et subchronique du desflurane montrent quil provoque, dune façon concentration-dépendante, une dépression prévisible et contrôlable de la respiration et du système circulatoire. Dans ce cas, aucune toxicité touchant spécifiquement un organe n'est apparue avec le desflurane.
Chez le porc, le desflurane na pas sensibilisé le myocarde à lépinéphrine administrée par voie exogène. Le desflurane semble produire une vasodilatation au niveau artériolaire dans des modèles animaux sélectionnés, de manière similaire à lisoflurane. Dans un modèle animal simulant la maladie coronarienne avec des chiens conscients, chroniquement exposés, le desflurane na pas semblé détourner le sang du myocarde dépendant de la circulation collatérale vers des zones normalement perfusées (« vol coronarien »).
Toxicité pour la reproduction
Les études dembryotoxicité dans le cadre desquelles des rats et des lapins ont reçu du desflurane pendant la phase dorganogénèse ont révélé des effets toxiques après une période dexposition de 4 CAM-heures par jour (environ 40 heures de CAM cumulées). Aucune réaction indésirable na été observée après une période dexposition de 10 heures de CAM cumulées.
Chez le rat, lors de la gestation et de la lactation, une augmentation de la perte post-implantation et une réduction du gain de poids de la progéniture ont été observées après une exposition des femelles gestantes à 4 heures de CAM par jour. Durant cette même période, lexposition maternelle à 1 heure de CAM par jour na pas causé deffets indésirables. Tous les effets indésirables observés chez le ftus ou la progéniture ont été limités aux groupes dans lesquels une toxicité maternelle (décès et diminution du gain de poids) sest produite, à savoir les effets sur la progéniture peuvent correspondre à leffet pharmacologique du desflurane sur lanimal femelle.
La fertilité des rats mâles et femelles a été réduite à une exposition de 4 heures de CAM par jour. Les effets étaient limités aux groupes de doses dans lesquels une toxicité maternelle était observée.
Les études publiées qui ont été menées chez lanimal (y compris les primates) à des doses induisant une anesthésie légère à modérée démontrent que lutilisation dagents anesthésiques pendant la période de croissance rapide du cerveau ou de la synaptogenèse entraîne une perte cellulaire dans le développement du cerveau qui peut être associée à des déficits cognitifs prolongés. On ignore quelle est la signification clinique de ces résultats non cliniques
Mutagénicité
Un examen détaillé à laide détudes in vivo et in vitro na révélé aucun signe de propriétés mutagènes du desflurane.
Carcinogénicité
Aucune étude à long terme sur la carcinogénicité na été réalisée avec le desflurane.
Afin de prévenir le risque de formation de monoxyde de carbone dans les circuits de réinhalation ainsi que la possibilité dapparition de concentrations élevées en carboxyhémoglobine, des absorbeurs frais (humides) doivent être utilisés pour absorber le dioxyde de carbone.
En labsence détudes de compatibilité, ce médicament ne doit pas être mélangé avec dautres médicaments.
2 ans.
6.4. Précautions particulières de conservation
6.5. Nature et contenu de l'emballage extérieur
Flacon de verre ambré de type III de 250 ml, recouvert à l'extérieur de PVC, avec bouchon PEHD/PEBD et sertissage en aluminium.
Boîtes de 1 et 6 bouteilles.
Toutes les présentations peuvent ne pas être commercialisées.
6.6. Précautions particulières délimination et de manipulation
Tout médicament non utilisé ou déchet doit être éliminé conformément à la réglementation en vigueur.
Une exposition accidentelle des professionnels de la santé au desflurane peut entraîner un risque deffets indésirables.
7. TITULAIRE DE LAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
ROUBOSLAAN 32
2252 TR VORSCHOTTEN
PAYS-BAS
8. NUMERO(S) DAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
· 34009 550 820 2 6 : 250 ml en flacon (verre ambré de type III). Boîte de 1.
· 34009 550 246 3 7 : 250 ml en flacon (verre ambré de type III). Boîte de 6.
9. DATE DE PREMIERE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE LAUTORISATION
[à compléter ultérieurement par le titulaire]
10. DATE DE MISE A JOUR DU TEXTE
[à compléter ultérieurement par le titulaire]
Sans objet.
12. INSTRUCTIONS POUR LA PREPARATION DES RADIOPHARMACEUTIQUES
Liste I.
Médicament réservé à lusage hospitalier.
Médicaments liés cités dans ce texte
- DANTRIUM 100 mg, gélule
- ABSTRAL 100 microgrammes, comprimé sublingual
- MIDAZOLAM ACCORD 1 mg/ml, solution injectable
Liens ajoutés automatiquement par justelesRCP d'après les noms de médicaments et de substances cités ci-dessus ; ils ne font pas partie du texte officiel de l'ANSM.