SORAFENIB ZENTIVA 200 mg, comprimé pelliculé
CIS 64232755
Informations à jour au 18 octobre 2021.Version vérifiée par justelesRCP le 2 mai 2022.
Consulter le RCP officiel sur le site de l'ANSM →
ANSM - Mis à jour le : 18/10/2021
SORAFENIB ZENTIVA 200 mg, comprimé pelliculé
2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE
Sorafénib (sous forme de tosylate)....................................................................................... 200 mg
Pour un comprimé pelliculé.
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.
Comprimé pelliculé (comprimé).
Comprimés pelliculés biconvexes, ronds, de couleur rouge-brun, comportant la mention « 200 » gravée en creux sur une face, lautre face étant lisse. Diamètre du comprimé : 12,0 mm ± 5 %.
4.1. Indications thérapeutiques
SORAFENIB ZENTIVA est indiqué dans le traitement du carcinome hépatocellulaire (voir rubrique 5.1).
Carcinome rénal
SORAFENIB ZENTIVA est indiqué dans le traitement du carcinome rénal avancé après échec dun traitement préalable à base dinterféron alfa ou dinterleukine 2 ou chez des patients pour lesquels ces traitements sont considérés comme inadaptés.
4.2. Posologie et mode d'administration
Le traitement par SORAFENIB ZENTIVA doit être suivi par un médecin expérimenté dans lutilisation des thérapies anticancéreuses.
Posologie
La dose de SORAFENIB ZENTIVA recommandée chez ladulte est de 400 mg de sorafénib (deux comprimés de 200 mg) deux fois par jour (soit une dose totale journalière de 800 mg).
Le traitement doit être poursuivi tant quun bénéfice clinique est observé ou jusquà la survenue dune toxicité inacceptable.
Adaptations posologiques
Une interruption temporaire ou une diminution de la posologie du sorafénib peut savérer nécessaire en cas de suspicion deffets indésirables liés au médicament.
Si une diminution de la dose savère nécessaire au cours du traitement dun carcinome hépatocellulaire (CHC) ou dun carcinome rénal (CR) avancé, la posologie de SORAFENIB ZENTIVA sera ramenée à deux comprimés de 200 mg de sorafénib une fois par jour (voir rubrique 4.4).
Population pédiatrique
La sécurité et lefficacité de SORAFENIB ZENTIVA chez les enfants et les adolescents âgés de moins de 18 ans nont pas encore été établies. Aucune donnée nest disponible.
Sujets âgés
Aucun ajustement posologique nest nécessaire chez les sujets âgés (patients de plus de 65 ans).
Insuffisants rénaux
Aucun ajustement posologique nest nécessaire chez les patients présentant une insuffisance rénale légère, modérée ou sévère. Aucune donnée nest disponible chez les patients nécessitant une dialyse (voir rubrique 5.2).
Une surveillance de léquilibre hydro-électrolytique est recommandée chez les patients présentant un risque de dysfonction rénale.
Insuffisants hépatiques
Aucun ajustement posologique nest nécessaire chez les patients présentant une insuffisance hépatique légère à modérée (Child-Pugh A ou B). Aucune donnée nest disponible chez les patients présentant une insuffisance hépatique sévère (Child-Pugh C) (voir rubriques 4.4 et 5.2).
Mode dadministration
Voie orale.
Il est recommandé dadministrer le sorafénib en dehors des repas ou avec un repas pauvre ou modérément riche en graisses. Si le patient a lintention de prendre un repas riche en graisses, les comprimés de sorafénib doivent être pris au moins 1 heure avant ou 2 heures après le repas. Les comprimés doivent être avalés avec un verre deau.
Hypersensibilité à la substance active ou à lun des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.
4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi
Toxicités dermatologiques
Les effets indésirables les plus fréquemment observés sous sorafénib sont les syndromes main-pied (érythrodysesthésie palmo-plantaire) et les éruptions cutanées (rash). Ceux-ci sont habituellement de grade 1 et 2 selon les Critères Communs de Toxicité (CCT) et apparaissent généralement au cours des 6 premières semaines de traitement par sorafénib. La prise en charge des toxicités cutanées peut comprendre des traitements par voie topique permettant de soulager les symptômes, une interruption temporaire du traitement et/ou une modification de la dose de sorafénib, ou dans les cas sévères ou persistants, un arrêt définitif du traitement (voir rubrique 4.8).
Hypertension artérielle
Une augmentation de lincidence de lhypertension artérielle a été observée chez des patients traités par sorafénib. En général, cette hypertension était dintensité légère à modérée, survenait en début de traitement et répondait à un traitement standard par des antihypertenseurs. Il conviendra de surveiller régulièrement la pression artérielle et de la traiter le cas échéant, conformément aux pratiques médicales habituelles. En cas dhypertension sévère ou persistante, ou de crise hypertensive malgré linstauration dun traitement antihypertenseur, un arrêt définitif du traitement par sorafénib doit être envisagé (voir rubrique 4.8).
Anévrismes et dissections artérielles
Lutilisation dinhibiteurs des voies du VEGF chez les patients souffrant ou non dhypertension peut favoriser la formation danévrismes et/ou de dissections artérielles. Avant linstauration du sorafénib, ce risque doit être soigneusement pris en considération chez les patients présentant des facteurs de risque tels que lhypertension ou des antécédents danévrisme.
Hypoglycémie
Une diminution de la glycémie, dans certains cas cliniquement symptomatique et nécessitant une hospitalisation suite à une perte de connaissance, a été rapportée chez des patients traités par sorafénib. En cas dhypoglycémie symptomatique, le sorafénib doit être arrêté de façon temporaire. Chez les patients diabétiques, la glycémie doit être contrôlée régulièrement afin dévaluer la nécessité dajuster la posologie du traitement antidiabétique.
Hémorragie
Une augmentation du risque hémorragique peut survenir suite à ladministration de sorafénib. Si un événement hémorragique nécessite une intervention médicale, un arrêt définitif du traitement par sorafénib doit être envisagé (voir rubrique 4.8).
Ischémie cardiaque et/ou infarctus du myocarde
Dans une étude randomisée, en double aveugle, contrôlée contre placebo (étude 1, voir rubrique 5.1), lincidence des événements de type ischémie cardiaque/infarctus du myocarde apparus sous traitement a été supérieure dans le groupe sorafénib (4,9 %) comparativement au groupe placebo (0,4 %). Dans létude 3 (voir rubrique 5.1), lincidence des événements de type ischémie cardiaque/infarctus du myocarde apparus sous traitement a été de 2,7 % dans le groupe sorafénib comparativement à 1,3 % dans le groupe placebo. Les patients ayant une maladie coronarienne instable ou ayant eu récemment un infarctus du myocarde ont été exclus de ces études. Un arrêt temporaire ou définitif du traitement par sorafénib doit être envisagé chez les patients développant une ischémie cardiaque et/ou un infarctus du myocarde (voir rubrique 4.8).
Allongement du QT
Il a été montré que le sorafénib allongeait lespace QT/QTc (voir rubrique 5.1), ce qui est susceptible daugmenter le risque darythmie ventriculaire. Il convient dutiliser le sorafénib avec prudence chez les patients présentant ou susceptibles de développer un allongement de lespace QTc, tels que les patients présentant un syndrome du QT long congénital, les patients traités par de fortes doses cumulées danthracycline, les patients traités par certains anti-arythmiques ou dautres médicaments qui allongent lespace QT ainsi que les patients présentant des troubles du bilan électrolytique tels quune hypokaliémie, une hypocalcémie ou une hypomagnésémie. Lors de lutilisation du sorafénib chez ces patients, une surveillance régulière de lélectrocardiogramme et du bilan électrolytique (magnésium, potassium, calcium) doit être envisagée.
Perforation gastro-intestinale
La perforation gastro-intestinale est un événement peu fréquent qui a été décrit chez moins de 1 % des patients sous sorafénib. Dans certains cas, ces perforations nétaient pas associées à des tumeurs intra-abdominales décelables.
Le traitement par sorafénib doit être interrompu (voir rubrique 4.8).
Insuffisance hépatique
Aucune donnée nest disponible chez les patients atteints dinsuffisance hépatique sévère (Child-Pugh C). Le sorafénib étant essentiellement éliminé par voie hépatique, lexposition au sorafénib pourrait être augmentée chez les patients atteints dinsuffisance hépatique sévère (voir rubriques 4.2 et 5.2).
Administration concomitante de warfarine
Des saignements peu fréquents ou des élévations de lINR (International Normalised Ratio) ont été décrits chez certains patients prenant de la warfarine alors quils recevaient un traitement par sorafénib. Les patients prenant simultanément de la warfarine ou de la phénprocoumone doivent être surveillés régulièrement afin de détecter une modification du taux de prothrombine, de lINR ou lapparition dépisodes hémorragiques (voir rubriques 4.5 et 4.8).
Complications de la cicatrisation des plaies
Aucune étude spécifique concernant leffet du sorafénib sur la cicatrisation des plaies na été effectuée. Chez les patients devant subir une intervention chirurgicale majeure, une interruption temporaire du sorafénib est recommandée à titre préventif. Il existe peu de données cliniques concernant le meilleur moment de ré-instauration du traitement après une intervention chirurgicale majeure. Par conséquent, la décision de reprendre le traitement par sorafénib après une intervention chirurgicale majeure doit reposer sur le constat clinique dune cicatrisation appropriée des plaies.
Sujets âgés
Des cas dinsuffisance rénale ont été rapportés. Une surveillance de la fonction rénale doit être envisagée.
Interactions médicamenteuses
La prudence est recommandée lors de ladministration du sorafénib avec des substances principalement métabolisées/éliminées par la voie UGT1A1 (par exemple lirinotécan) ou la voie UGT1A9 (voir rubrique 4.5).
La prudence est recommandée lors de ladministration concomitante de sorafénib et de docétaxel (voir rubrique 4.5).
Ladministration concomitante de néomycine ou dautres antibiotiques à lorigine de perturbations de la flore gastro-intestinale saprophyte peut conduire à une diminution de la biodisponibilité du sorafénib (voir rubrique 4.5). Le risque de diminution des concentrations plasmatiques du sorafénib doit être pris en compte avant de commencer un traitement avec des antibiotiques.
Un taux de mortalité plus élevé a été rapporté chez des patients atteints dun carcinome épidermoïde pulmonaire traités par sorafénib en association avec une chimiothérapie à base de platine. Ces résultats ont été observés dans deux études randomisées incluant des patients souffrant d'un cancer du poumon non à petites cellules. Le Hazard Ratio pour la survie globale dans le sous-groupe de patients présentant un carcinome épidermoïde pulmonaire était de 1,81 (IC à 95 % : 1,192,74) dans l'étude évaluant l'efficacité de sorafénib associé à paclitaxel/carboplatine et de 1,22 (IC à 95 % : 0,821,80) dans l'étude évaluant lefficacité de sorafénib associé à gemcitabine/cisplatine. Aucune cause prédominante de décès n'a été observée ; en revanche, une insuffisance respiratoire, des hémorragies et des effets indésirables dorigine infectieuse ont été rapportés avec une incidence plus élevée chez les patients traités par sorafénib en association avec une chimiothérapie à base de platine.
Mises en garde spécifiques à la maladie
Carcinome rénal
Les patients à haut risque (selon la classification des groupes de pronostic du MSKCC [Memorial Sloan Kettering Cancer Center]) nont pas été inclus dans létude clinique de phase III dans le carcinome rénal (voir létude 1 dans la rubrique 5.1), et le rapport bénéfice/risque du traitement na donc pas été évalué chez ces patients.
Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par dose, c.-à-d. quil est essentiellement « sans sodium ».
4.5. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions
Inducteurs enzymatiques
L'administration de rifampicine pendant 5 jours précédant ladministration d'une dose unique de sorafénib a induit une réduction moyenne de 37 % de lASC du sorafénib. D'autres inducteurs du CYP3A4 et/ou de la glucuroconjugaison (par exemple, lhypericum perforatum, également connu sous le nom de millepertuis, la phénytoïne, la carbamazépine, le phénobarbital et la dexaméthasone) peuvent également augmenter le métabolisme du sorafénib et ainsi diminuer ses concentrations.
Inhibiteurs du CYP3A4
Le kétoconazole, un puissant inhibiteur du CYP3A4, administré une fois par jour pendant 7 jours chez des volontaires sains de sexe masculin, na pas modifié lASC moyenne obtenue après une dose unique de 50 mg de sorafénib. Ces données suggèrent que les interactions pharmacocinétiques cliniques entre le sorafénib et les inhibiteurs du CYP3A4 sont improbables.
Substrats des CYP2B6, CYP2C8 et CYP2C9
Le sorafénib inhibe in vitro les CYP2B6, CYP2C8 et CYP2C9 de façon équivalente. Toutefois, des études cliniques de pharmacocinétique ont montré que ladministration concomitante de sorafénib 400 mg deux fois par jour et de cyclophosphamide (un substrat du CYP2B6), ou de paclitaxel (un substrat du CYP2C8), na pas conduit à une inhibition cliniquement significative. Ces données suggèrent que le sorafénib administré à la dose recommandée de 400 mg deux fois par jour pourrait ne pas être un inhibiteur in vivo du CYP2B6 ou du CYP2C8.
En outre, un traitement concomitant par le sorafénib et la warfarine, un substrat du CYP2C9, na pas entraîné de modification des valeurs moyennes de lINR et du taux de prothrombine par rapport au placebo. Ainsi, on peut donc considérer que le risque dinhibition du CYP2C9 par le sorafénib est faible. Cependant, il convient de surveiller régulièrement lINR des patients traités par la warfarine ou la phénprocoumone (voir rubrique 4.4).
Substrats des CYP3A4, CYP2D6 et CYP2C19
Ladministration concomitante de sorafénib et de midazolam, dextrométhorphane ou oméprazole, qui sont respectivement des substrats des cytochromes CYP3A4, CYP2D6 et CYP2C19, na pas modifié lexposition à ces produits. Ceci indique que le sorafénib nest ni un inhibiteur ni un inducteur de ces isoenzymes du cytochrome P450. Ainsi, les interactions pharmacocinétiques cliniques du sorafénib avec les substrats de ces enzymes sont-elles improbables.
Substrats de lUGT1A1 et de lUGT1A9
Le sorafénib inhibe in vitro la glucuroconjugaison catalysée par les isoenzymes UGT1A1 et UGT1A9. La signification clinique de cette observation nest pas connue (voir ci-dessous et rubrique 4.4).
Etudes in vitro de linduction enzymatique du CYP
Les activités du CYP1A2 et du CYP3A4 nont pas été modifiées après traitement de cultures dhépatocytes humains par le sorafénib, indiquant quil est improbable que le sorafénib soit un inducteur enzymatique du CYP1A2 et du CYP3A4.
Substrats de la P-gp
Le sorafénib inhibe in vitro la protéine de transport p-glycoprotéine (P-gp). Une augmentation des concentrations plasmatiques des substrats de la P-gp tels que la digoxine ne peut être exclue lors dun traitement concomitant avec le sorafénib.
Association avec dautres agents anti-cancéreux
Dans des études cliniques, le sorafénib a été administré avec différents agents anti-cancéreux à leurs posologies habituelles, notamment gemcitabine, cisplatine, oxaliplatine, paclitaxel, carboplatine, capécitabine, doxorubicine, irinotécan, docétaxel et cyclophosphamide. Le sorafénib na eu aucun effet cliniquement significatif sur la pharmacocinétique de la gemcitabine, du cisplatine, du carboplatine, de loxaliplatine ou du cyclophosphamide.
Paclitaxel/Carboplatine
· Ladministration de paclitaxel (225 mg/m2) et de carboplatine (ASC = 6) avec le sorafénib (≤ 400 mg deux fois par jour), avec un arrêt du sorafénib de trois jours autour de ladministration (deux jours avant et le jour de ladministration du paclitaxel/carboplatine) na pas eu deffet significatif sur les résultats pharmacocinétiques du paclitaxel.
· Ladministration concomitante de paclitaxel (225 mg/m2, une fois toutes les 3 semaines) et de carboplatine (ASC = 6) avec le sorafénib (400 mg, deux fois par jour, sans arrêt du sorafénib) a conduit à une augmentation de lexposition respectivement de 47 % au sorafénib, de 29 % au paclitaxel et de 50 % au 6-OH paclitaxel. Les résultats pharmacocinétiques du carboplatine nont pas été affectés.
Ces données indiquent quun ajustement de la dose nest pas nécessaire lors de ladministration concomitante de paclitaxel et de carboplatine avec le sorafénib lorsque celui-ci est arrêté pendant trois jours (deux jours avant et le jour de ladministration du paclitaxel/carboplatine). La signification clinique de laugmentation des expositions au sorafénib et au paclitaxel lors de ladministration concomitante de sorafénib sans un arrêt du sorafénib nest pas connue.
Capécitabine
Ladministration concomitante de capécitabine (750-1 050 mg/m2, deux fois par jour, du 1er au 14e jour dun cycle de 21 jours) avec le sorafénib (200 ou 400 mg deux fois par jour, administration continue sans interruption) na pas entrainé de changement significatif de lexposition au sorafénib mais une augmentation de lexposition de 1550 % à la capécitabine et de 052 % au 5-FU. La signification clinique de ces augmentations faibles à modestes de lexposition à la capécitabine et au 5-FU lors de ladministration concomitante avec le sorafénib nest pas connue.
Doxorubicine/Irinotécan
Ladministration concomitante de sorafénib a entraîné une augmentation de 21 % de lASC de la doxorubicine. Lors dune administration simultanée avec lirinotécan, dont le métabolite actif, le SN-38, est ensuite métabolisé par la voie de lenzyme UGT1A1, il a été observé une augmentation de 67 à 120 % de lASC du SN-38 et une augmentation de 26 à 42 % de lASC de lirinotécan. La signification clinique de ces résultats nest pas connue (voir rubrique 4.4).
Docétaxel
Le docétaxel (75 ou 100 mg/m2 administré une fois tous les 21 jours) administré en association avec le sorafénib (200 mg ou 400 mg 2 fois par jour administré du 2e au 19e jour dun cycle de 21 jours avec un arrêt de trois jours autour de l'administration du docétaxel) a induit une augmentation de 36 à 80 % de lASC et de 16 à 32 % de la Cmax du docétaxel. La prudence est recommandée lors de ladministration de sorafénib avec le docétaxel (voir rubrique 4.4).
Association avec dautres agents
Néomycine
Ladministration concomitante de néomycine, un agent antimicrobien non systémique utilisé pour éradiquer la flore gastro-intestinale, interfère avec le cycle entéro-hépatique du sorafénib (voir rubrique 5.2) conduisant à une diminution de lexposition au sorafénib. Chez des volontaires sains traités avec la néomycine pendant 5 jours, lexposition moyenne au sorafénib a été diminuée de 54 %. Les effets dautres antibiotiques nont pas été étudiés mais dépendront probablement de leur capacité à interférer avec les microorganismes à activité glucuronidase.
4.6. Fertilité, grossesse et allaitement
Grossesse
Il nexiste pas de données concernant lutilisation du sorafénib chez la femme enceinte. Les études effectuées chez lanimal ont mis en évidence une toxicité sur la reproduction incluant des malformations (voir rubrique 5.3). Chez le rat, il a été montré que le sorafénib et ses métabolites traversaient la barrière placentaire et des effets nocifs peuvent être attendus sur le ftus. Le sorafénib ne doit pas être utilisé pendant la grossesse sauf en cas de nécessité absolue, et seulement après avoir attentivement évalué les besoins de la mère et les risques encourus par le ftus.
Les femmes en âge de procréer doivent utiliser une contraception efficace pendant le traitement.
Il nexiste pas de données concernant le passage du sorafénib dans le lait maternel humain. Chez lanimal, le sorafénib et/ou ses métabolites sont excrétés dans le lait. Le sorafénib étant susceptible davoir des effets nocifs sur la croissance et le développement de lenfant (voir rubrique 5.3), les femmes ne doivent pas allaiter au cours du traitement par sorafénib.
Fertilité
Les résultats issus des études réalisées chez lanimal indiquent en outre que le sorafénib peut altérer la fertilité des mâles et des femelles (voir rubrique 5.3).
4.7. Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
Les effets indésirables graves les plus importants étaient infarctus du myocarde/ischémie myocardique, perforation gastro-intestinale, hépatite médicamenteuse, hémorragie et hypertension artérielle/crise hypertensive.
Les effets indésirables les plus fréquents étaient diarrhée, fatigue, alopécie, infection, syndrome main-pied (correspondant au syndrome dérythrodysesthésie palmo-plantaire selon la terminologie MedDRA) et rash.
Les effets indésirables rapportés au cours des études cliniques ou lors de lutilisation depuis la commercialisation sont décrits dans le tableau 1 ci-dessous par classes de systèmes dorganes (dictionnaire MedDRA) et par fréquence. Les fréquences sont définies comme suit : très fréquent (≥ 1/10), fréquent (≥ 1/100, < 1/10), peu fréquent (≥ 1/1 000, < 1/100), rare (≥ 1/10 000, < 1/1 000), fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles).
Au sein de chaque groupe de fréquence, les effets indésirables sont présentés par ordre décroissant de gravité.
Tableau 1 : Ensemble des effets indésirables rapportés chez des patients au cours des études cliniques ou lors de lutilisation depuis la commercialisation
|
Classe de systèmes dorganes |
Très fréquent |
Fréquent |
Peu fréquent |
Rare |
Fréquence indéterminée |
|
Infections et Infestations |
infection |
folliculite |
|
|
|
|
Affections hématologiques et du système lymphatique |
lymphopénie |
leucopénie neutropénie anémie thrombopénie |
|
|
|
|
Affections du système immunitaire |
|
|
réactions dhypersensibilité (y compris réactions cutanées et urticaire) choc anaphylactique |
dème de Quincke |
|
|
Affections endocriniennes |
|
hypothyroïdie |
hyperthyroïdie |
|
|
|
Troubles du métabolisme et de la nutrition |
anorexie hypophosphatémie |
hypocalcémie hypokaliémie hyponatrémie hypoglycémie |
déshydratation |
|
|
|
Affections psychiatriques |
|
dépression |
|
|
|
|
Affections du système nerveux |
|
neuropathie sensitive périphérique dysgueusie |
leucoencéphalopathie postérieure réversible* |
|
encéphalopathie° |
|
Affections de loreille et du labyrinthe |
|
acouphènes |
|
|
|
|
Affections cardiaques |
|
insuffisance cardiaque congestive* ischémie myocardique et infarctus du myocarde* |
|
allongement du QT |
|
|
Affections vasculaires |
hémorragie (y compris gastro-intestinale*, des voies respiratoires* et hémorragie cérébrale*) hypertension artérielle |
bouffées vasomotrices |
crise hypertensive* |
|
anévrismes et dissections artérielles |
|
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales |
|
rhinorrhée dysphonie |
pneumopathie interstitielle* (pneumopathie, pneumopathie post-radique, détresse respiratoire aiguë, etc.) |
|
|
|
Affections gastro-intestinales |
diarrhée nausées vomissements constipation |
stomatite (y compris sécheresse buccale et glossodynie) dyspepsie dysphagie reflux gastro-sophagien |
pancréatite gastrite perforations gastro-intestinales* |
|
|
|
Affections hépatobiliaires |
|
|
augmentation de la bilirubine et ictère cholécystite cholangite |
hépatite médicamenteuse* |
|
|
Affections de la peau et du tissu sous-cutané |
sécheresse cutanée rash alopécie syndrome main-pied** érythème prurit |
kérato-acanthome/carcinome épidermoïde cutané dermatite exfoliative acné desquamation cutanée hyperkératose |
eczéma érythème polymorphe |
réactivation de la dermite radio-induite syndrome de Stevens-Johnson vascularite leucocytoclasique syndrome de Lyell* |
|
|
Affections musculo-squelettiques et systémiques |
arthralgie |
myalgie spasmes musculaires |
|
rhabdomyolyse |
|
|
Affections du rein et des voies urinaires |
|
insuffisance rénale protéinurie |
|
syndrome néphrotique |
|
|
Affections des organes de reproduction et du sein |
|
dysfonction érectile |
gynécomastie |
|
|
|
Troubles généraux et anomalies au site dadministration |
fatigue douleur (y compris buccale, abdominale, osseuse, dorigine tumorale et céphalée) fièvre |
asthénie syndrome pseudo-grippal inflammation des muqueuses |
|
|
|
|
Investigations |
perte de poids élévation de lamylasémie élévation de la lipasémie |
élévation transitoire des transaminases |
élévation transitoire des phosphatases alcalines INR anormal taux de prothrombine anormal |
|
|
* Effets indésirables fatals ou pouvant menacer le pronostic vital. Ces effets sont « peu fréquents » ou ont une fréquence moindre que « peu fréquents ».
** Le syndrome main-pied correspond au syndrome dérythrodysesthésie palmo-plantaire dans MedDRA.
° Cas ayant été rapportés après la commercialisation.
Informations supplémentaires sur certains effets indésirables
Insuffisance cardiaque congestive
Au cours des essais cliniques menés par le laboratoire, linsuffisance cardiaque congestive a été rapportée comme un effet indésirable chez 1,9 % des patients traités par le sorafénib (N = 2 276). Lors de létude 11213 (CR), des effets indésirables compatibles avec une insuffisance cardiaque congestive ont été observés chez 1,7 % des patients traités par sorafénib et chez 0,7 % des patients du bras placebo. Dans létude 100554 (CHC), 0,99 % des patients traités par sorafénib et 1,1 % des patients du bras placebo ont présenté ces effets indésirables.
Informations supplémentaires concernant les populations particulières
Au cours des essais cliniques, certains effets indésirables médicamenteux, comme le syndrome main-pied, la diarrhée, lalopécie, la perte de poids, lhypertension artérielle, lhypocalcémie et le kérato-acanthome/carcinome épidermoïde cutané, se sont produits de façon nettement plus fréquente chez les patients atteints de carcinome thyroïdien différencié que chez les patients atteints de carcinome rénal ou hépatocellulaire.
Anomalies biologiques chez les patients atteints de CHC (étude 3) et de CR (étude 1)
Des élévations de la lipasémie et de lamylasémie ont été très fréquemment rapportées. Des élévations de la lipasémie de grade 3 ou 4 selon le CTCAE (critères communs de toxicité) sont survenues chez 11 % et 9 % des patients dans le groupe traité par sorafénib respectivement dans létude 1 (CR) et létude 3 (CHC), contre 7 % et 9 % chez les patients du groupe placebo. Des élévations de lamylasémie de CTCAE grade 3 ou 4 ont été rapportées chez 1 % et 2 % des patients du groupe sorafénib, respectivement, dans létude 1 et létude 3, contre 3 % chez les patients de chaque groupe placebo. Des cas de pancréatite clinique ont été rapportés chez 2 des 451 patients traités par sorafénib (CTCAE grade 4) dans létude 1, chez 1 des 297 patients traités par sorafénib dans létude 3 (CTCAE grade 2), et chez 1 des 451 patients du groupe placebo (CTCAE grade 2) dans létude 1.
Une hypophosphatémie a été très fréquemment observée chez 45 % et 35 % des patients traités par sorafénib contre 12 % et 11 % des patients sous placebo respectivement dans létude 1 et 3. Une hypophosphatémie de CTCAE grade 3 (1 à 2 mg/dL) est survenue dans létude 1 chez 13 % des patients traités par sorafénib et chez 3 % des patients du groupe placebo, dans létude 3 chez 11 % des patients traités par sorafénib et chez 2 % des patients du groupe placebo. Aucun cas dhypophosphatémie de CTCAE grade 4 (< 1 mg/dL) na été rapporté ni dans le groupe traité par sorafénib ni dans le groupe placebo dans létude 1, et 1 cas a été rapporté dans le groupe placebo dans létude 3. Létiologie de lhypophosphatémie associée au sorafénib est inconnue.
Les anomalies biologiques de CTCAE grade 3 ou 4 survenues chez ≥ 5 % des patients traités par sorafénib incluaient des lymphopénies et des neutropénies.
Une hypocalcémie a été rapportée chez 12 % et 26,5 % des patients traités par sorafénib contre 7,5 % et 14,8 % des patients sous placebo dans létude 1 et létude 3, respectivement. La plupart des cas dhypocalcémie rapportés ont été de faible grade (CTCAE grade 1 et 2). Une hypocalcémie de CTCAE grade 3 (6,0 à 7,0 mg/dL) sest produite chez 1,1 % et 1,8 % des patients traités par sorafénib et chez 0,2 % et 1,1 % des patients sous placebo, et une hypocalcémie de CTCAE grade 4 (< 6,0 mg/dL) sest produite chez 1,1 % et 0,4 % des patients traités par sorafénib et chez 0,5 % et 0 % des patients sous placebo dans létude 1 et létude 3, respectivement. Létiologie de lhypocalcémie associée au sorafénib est inconnue.
Dans les études 1 et 3, une diminution du taux de potassium a été observée chez 5,4 % et 9,5 % des patients traités par sorafénib, contre 0,7 % et 5,9 % des patients sous placebo, respectivement. La plupart des cas dhypokaliémie signalés étaient de faible grade (CTCAE grade 1). Dans ces études, une hypokaliémie de CTCAE grade 3 sest produite chez 1,1 % et 0,4 % des patients traités par sorafénib et chez 0,2 % et 0,7 % des patients sous placebo. Aucun cas dhypokaliémie de CTCAE grade 4 na été rapporté.
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : www.signalement-sante.gouv.fr.
Il nexiste pas dantidote spécifique à un surdosage par sorafénib. La dose la plus élevée de sorafénib ayant été étudiée en clinique est de 800 mg deux fois par jour. Les effets indésirables observés à cette dose ont été principalement des diarrhées et des réactions dermatologiques. En cas de suspicion de surdosage, le traitement par sorafénib doit être suspendu et il convient dinstaurer un traitement symptomatique si nécessaire.
5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES
5.1. Propriétés pharmacodynamiques
Le sorafénib est un inhibiteur multikinase ayant démontré in vitro et in vivo des propriétés à la fois anti-prolifératives et anti-angiogéniques.
Mécanisme daction et effets pharmacodynamiques
Le sorafénib est un inhibiteur multikinase qui diminue la prolifération des cellules tumorales in vitro. Le sorafénib inhibe la croissance tumorale dun large spectre de xénogreffes tumorales humaines chez la souris athymique, accompagnée dune diminution de langiogenèse tumorale. Le sorafénib inhibe lactivité des cibles présentes dans les cellules tumorales (CRAF, BRAF, V600E BRAF, c-KIT, et FLT-3) et la vascularisation tumorale (CRAF, VEGFR-2, VEGFR-3, et PDGFR-ß). Les RAF kinases sont des sérine/thréonine kinases, alors que les c-KIT, FLT-3, VEGFR-2, VEGFR-3, et PDGFR-ß sont des récepteurs tyrosine kinase.
Efficacité clinique
La tolérance et lefficacité du sorafénib ont été étudiées chez des patients atteints de carcinome hépatocellulaire (CHC) et des patients atteints de carcinome rénal (CR) avancé.
Carcinome hépatocellulaire
Létude 3 (étude 100554) était une étude internationale, multicentrique, de phase III, randomisée, en double aveugle et contrôlée contre placebo conduite chez 602 patients atteints dun carcinome hépatocellulaire. Les données démographiques et les caractéristiques initiales de la maladie étaient comparables entre le groupe sorafénib et le groupe placebo selon le statut ECOG (statut 0 : 54 % versus 54 % ; statut 1 : 38 % versus 39 % ; statut 2 : 8 % versus 7 %), le stade TNM (stade I : < 1 % versus < 1 % ; stade II : 10,4 % versus 8,3 % ; stade III : 37,8 % versus 43,6 % ; stade IV : 50,8 % versus 46,9 %) et le stade BCLC (Barcelona Clinic Liver Cancer) (stade B : 18,1 % versus 16,8 % ; stade C : 81,6 % versus 83,2 % ; stade D : < 1 % versus 0 %).
Létude a été arrêtée après quune analyse intermédiaire prévue de la survie globale a montré que le seuil d'efficacité pré-spécifié avait été franchi. Cette analyse de la survie globale a en effet mis en évidence un bénéfice statistiquement significatif du sorafénib par rapport au placebo concernant la survie globale (HR : 0,69, p = 0,00058, voir tableau 2).
Les données concernant les patients atteints d'insuffisance hépatique de score Child-Pugh B sont limitées et un seul patient de score Child-Pugh C a participé à l'étude.
Tableau 2 : Résultats defficacité à partir de létude 3 (étude 100554) dans le carcinome hépatocellulaire
|
Paramètre d'efficacité |
Sorafénib (N = 299) |
Placebo (N = 303) |
Valeur de P |
HR (IC à 95 %) |
|
Survie globale [médiane, semaines (IC à 95 %)] |
46,3 (40,9 57,9) |
34,4 (29,4 39,4) |
0,00058* |
0,69 (0,55 0,87) |
|
Temps jusquà progression (TTP) [médiane, semaines (IC à 95 %)]** |
24,0 (18,0 30,0) |
12,3 (11,7 17,1) |
0,000007 |
0,58 (0,45 0,74) |
IC = intervalle de confiance, HR = Hazard ratio (sorafénib versus placebo)
* statistiquement significatif car la valeur de p était inférieure au seuil d'arrêt de 0,0077 selon OBrien Fleming
** revue radiologique indépendante
Une deuxième étude internationale, multicentrique, de phase III, randomisée en double aveugle et contrôlée contre placebo (étude 4, 11849) a évalué le bénéfice clinique du sorafénib chez 226 patients présentant un carcinome hépatocellulaire avancé. Cette étude, menée en Chine, Corée et Taïwan a confirmé les résultats de létude 3 concernant le rapport bénéfice/risque favorable du sorafénib (HR (survie globale) : 0,68, p = 0,01414).
En ce qui concerne les facteurs de stratification pré-spécifiés (statut ECOG, présence ou absence d'envahissement vasculaire macroscopique et/ou d'extension tumorale extra-hépatique) pour les études 3 et 4, le HR a systématiquement été en faveur du sorafénib comparé au placebo. Des analyses exploratoires par sous-groupes ont suggéré un effet du traitement moins prononcé chez les patients présentant, à linclusion, des métastases à distance.
Carcinome rénal
La tolérance et lefficacité du sorafénib dans le traitement du carcinome rénal avancé ont été étudiées au cours de deux études cliniques :
Létude 1 (étude 11213) était une étude multicentrique, de phase III, randomisée, en double-aveugle et contrôlée contre placebo conduite chez 903 patients. Seuls les patients présentant un carcinome rénal à cellule claire avec un risque faible et intermédiaire selon la classification du MSKCC (Memorial Sloan Kettering Cancer Center) ont été inclus. Les critères principaux defficacité de létude étaient la survie globale et la survie sans progression.
Environ la moitié des patients avait un indice de performance ECOG de 0 et la moitié des patients était dans le groupe de pronostic de niveau bas selon la classification du MSKCC.
La survie sans progression a été évaluée sur la base dune revue indépendante et en aveugle des résultats radiologiques selon les critères RECIST. Lanalyse de la survie sans progression a été conduite après 342 événements observés chez 769 patients. La médiane de la survie sans progression chez les patients randomisés pour recevoir du sorafénib était de 167 jours comparativement à 84 jours dans le groupe placebo (HR = 0,44 ; IC à 95 % : 0,350,55 ; p < 0,000001). Lâge, le groupe de pronostic MSKCC, lindice de performance ECOG et le traitement préalable nont pas affecté limportance de leffet du traitement.
Une analyse intermédiaire (seconde analyse intermédiaire) de la survie globale a été conduite après 367 décès sur 903 patients. La valeur nominale alpha de cette analyse était de 0,0094. La médiane de survie était de 19,3 mois dans le groupe sorafénib comparativement à 15,9 mois dans le groupe placebo (HR = 0,77 ; IC à 95 % : 0,63 - 0,95 ; p = 0,015). Au moment de cette analyse, environ 200 patients étaient passés du groupe placebo vers le groupe sorafénib.
Létude 2 était une étude de phase II darrêt chez des patients atteints de divers cancers métastatiques y compris le carcinome rénal. Les patients stabilisés sous traitement par sorafénib ont été affectés par randomisation à un traitement par placebo ou à la poursuite du traitement par sorafénib. La survie sans progression chez les patients avec un carcinome rénal était significativement plus longue dans le groupe sorafénib (163 jours) que dans le groupe placebo (41 jours) (p = 0,0001, HR = 0,29).
Allongement du QT
Dans une étude clinique de pharmacologie, des mesures de lespace QT/QTc ont été enregistrées chez 31 patients à linclusion (avant traitement) et après traitement. Après un cycle thérapeutique de 28 jours, au moment de la concentration maximale en sorafénib, lespace QTcB a été allongé de 4 ± 19 ms et lespace QTcF de 9 ± 18 ms, par rapport au placebo, à linclusion. Aucun patient na présenté un espace QTcB ou QTcF > 500 ms lors de la surveillance de lECG après le traitement (voir rubrique 4.4).
Population pédiatrique
LAgence européenne des médicaments a accordé une dérogation à lobligation de soumettre les résultats détudes dans tous les sous-groupes de la population pédiatrique dans le carcinome rénal ou du bassinet (à lexclusion du néphroblastome, de la néphroblastomatose, du sarcome à cellules claires, du néphrome mésoblastique, du carcinome médullaire du rein et de la tumeur rhabdoïde du rein), dans le carcinome du foie et le carcinome des voies biliaires intra-hépatique (à lexclusion des hépatoblastomes) (voir rubrique 4.2).
5.2. Propriétés pharmacocinétiques
La biodisponibilité relative moyenne des comprimés de sorafénib est de 3849 % par rapport à une solution buvable. La biodisponibilité absolue nest pas connue. Après administration orale, le pic de concentration plasmatique du sorafénib est atteint en environ 3 heures. Après un repas riche en graisses, labsorption du sorafénib est réduite de 30 % par rapport à une administration à jeun.
Au-delà de 400 mg administrés deux fois par jour, les Cmax et ASC moyennes du sorafénib naugmentaient pas proportionnellement à la dose. In vitro, la liaison aux protéines plasmatiques humaines du sorafénib est de 99,5 %.
Une administration répétée de sorafénib pendant 7 jours a entraîné une accumulation 2,5 à 7 fois plus importante que celle observée lors dune administration unique. Les concentrations plasmatiques du sorafénib à l'état déquilibre sont atteintes en 7 jours, avec un rapport des concentrations moyennes maximales (pic) et minimales (vallée) inférieur à 2.
Biotransformation et élimination
La demi-vie délimination du sorafénib est denviron 25 à 48 heures. Le sorafénib est principalement métabolisé dans le foie par un métabolisme oxydatif médié par le CYP3A4, ainsi quune glucuroconjugaison assurée par lUGT1A9. Les formes conjuguées du sorafénib peuvent être scindées au niveau du tractus gastro-intestinal par des bactéries à activité glucuronidase permettant la réabsorption des formes non conjuguées de la substance active. Ladministration concomitante de néomycine a montré une interférence avec ce mécanisme, diminuant ainsi la biodisponibilité moyenne du sorafénib de 54 %.
Le sorafénib représente environ 7085 % des analytes circulant dans le plasma à létat d'équilibre. Huit métabolites du sorafénib ont été identifiés, dont cinq ont été détectés dans le plasma. Le principal métabolite circulant du sorafénib dans le plasma, le pyridine N-oxyde, montre une activité in vitro comparable à celle du sorafénib et constitue environ 916 % des analytes circulants à l'état déquilibre.
Après administration orale d'une dose de 100 mg de sorafénib en solution, 96 % de la dose a été éliminée en 14 jours ; 77 % de la dose étant excrétée dans les fèces et 19 % dans l'urine sous forme de métabolites glucuroconjugués. Le sorafénib sous forme inchangée, représentant 51 % de la dose, a été retrouvé dans les fèces mais pas dans l'urine, indiquant que lexcrétion biliaire de la substance active sous forme inchangée contribuerait à lélimination du sorafénib.
Pharmacocinétique chez des populations particulières
Les analyses des données démographiques ne suggèrent pas de relation entre les propriétés pharmacocinétiques et l'âge (jusquà 65 ans), le sexe, ou le poids corporel.
Population pédiatrique
Aucune étude na été conduite pour déterminer la pharmacocinétique du sorafénib chez les patients pédiatriques.
Origine ethnique
Il ny a pas de différences cliniquement pertinentes en ce qui concerne les paramètres pharmacocinétiques chez les patients caucasiens et asiatiques.
Insuffisants rénaux
Dans quatre essais cliniques de phase I, lexposition au sorafénib, à l'état d'équilibre, était comparable chez les patients atteints dune insuffisance rénale légère à modérée et chez ceux ayant une fonction rénale normale. Dans une étude de pharmacologie clinique (dose unique de 400 mg de sorafénib), aucune relation n'a été observée entre l'exposition au sorafénib et la fonction rénale chez les sujets avec une fonction rénale normale ou une insuffisance rénale légère, modérée ou sévère. Aucune donnée nest disponible chez les patients nécessitant une dialyse.
Insuffisants hépatiques
Chez des patients atteints dun carcinome hépatocellulaire (CHC) et présentant une insuffisance hépatique légère à modérée (Child-Pugh A ou B), les expositions étaient comparables et se trouvaient dans la fourchette observée chez des patients sans insuffisance hépatique. Chez des patients non-CHC Child-Pugh A et B, la pharmacocinétique du sorafénib était similaire à celle des volontaires sains. Aucune donnée nest disponible chez les patients atteints dinsuffisance hépatique sévère (Child-Pugh C). Le sorafénib étant principalement éliminé par le foie, lexposition pourrait augmenter dans cette population de patients.
5.3. Données de sécurité préclinique
Le profil de tolérance préclinique du sorafénib a été évalué chez la souris, le rat, le chien et le lapin.
Des études de toxicité à doses répétées ont montré des modifications (dégénérescence et régénérescence) de divers organes pour des expositions inférieures à celles attendues chez lHomme (basé sur des comparaisons dASC).
Après administration répétée à de jeunes chiens en période de croissance, des effets sur les os et les dents ont été observés pour des expositions situées en dessous des expositions cliniques. Les modifications consistaient en un épaississement irrégulier du cartilage de croissance fémoral, en un déficit cellulaire de la moelle osseuse à proximité du cartilage de croissance altéré, et en des altérations de la composition de la dentine. De tels effets nont pas été provoqués chez le chien adulte.
Le programme standard détudes de génotoxicité a été réalisé et des résultats positifs ont été obtenus puisquune augmentation daberrations chromosomiques structurales a été observée lors dun test in vitro évaluant la clastogénicité sur cellules de mammifères (ovaire de hamster chinois) en présence dune activation métabolique. Le sorafénib na pas montré de potentiel génotoxique dans le test dAmes ou dans le test du micronucleus in vivo chez la souris. Un produit intermédiaire du procédé de fabrication, également présent dans la substance active finale (< 0,15 %) s'est révélé mutagène dans les essais in vitro sur cellules bactériennes (test d'Ames). De plus, le lot de sorafénib testé au cours des études de génotoxicité incluait 0,34 % de PAPE.
Aucune étude de carcinogénicité n'a été effectuée avec le sorafénib.
Aucune étude spécifique n'a été menée chez l'animal avec le sorafénib pour évaluer l'effet sur la fertilité. On peut toutefois s'attendre à une altération de la fertilité chez le mâle ou la femelle. En effet, des études à doses réitérées chez lanimal ont mis en évidence des modifications des organes reproducteurs mâles et femelles pour des expositions situées en dessous des expositions cliniques anticipées (basé sur les ASC). Les modifications caractéristiques étaient des signes de dégénérescence et de retard de développement des testicules, de l'épididyme, de la prostate et des vésicules séminales chez le rat. Chez la femelle du rat, une nécrose centrale du corps jaune et un arrêt du développement folliculaire ont été observés au niveau des ovaires. Chez le chien, on a noté une dégénérescence tubulaire des testicules et une oligospermie.
Le sorafénib sest révélé embryotoxique et tératogène chez le rat et le lapin pour des expositions situées en dessous des expositions cliniques. Les effets observés ont été des pertes de poids materno-foetales, un nombre plus élevé d'avortements et de malformations externes et viscérales.
Les études dévaluation du risque environnemental ont montré que le tosylate de sorafénib est susceptible de présenter une persistance, une bioaccumulation et une toxicité dans lenvironnement. Les informations relatives à lévaluation du risque environnemental sont disponibles (voir rubrique 6.6).
Hypromellose 2910 (E464), croscarmellose sodique (E468), cellulose microcristalline (E460), stéarate de magnésium (E470b), laurilsulfate de sodium (E514).
Pelliculage du comprimé:
Hypromellose 2910 (E464), dioxyde de titane (E171), macrogol (E1521), oxyde de fer rouge (E172).
2 ans
6.4. Précautions particulières de conservation
A conserver à une température ne dépassant pas 30 °C.
6.5. Nature et contenu de l'emballage extérieur
112 × 1 comprimés pelliculés sous plaquettes prédécoupées unitaires (Aluminium/PVC/PE/PVDC).
112 comprimés pelliculés sous plaquettes (Aluminium/PVC/PE/PVDC).
Toutes les présentations peuvent ne pas être commercialisées.
6.6. Précautions particulières délimination et de manipulation
Ce médicament peut présenter un risque potentiel pour lenvironnement. Tout médicament non utilisé ou déchet doit être éliminé conformément à la réglementation en vigueur
7. TITULAIRE DE LAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
35 RUE DU VAL DE MARNE
75013 PARIS
8. NUMERO(S) DAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
· 34009 302 103 5 2 : 112 x 1 comprimés sous plaquettes prédécoupées unitaires (Aluminium/PVC/PE/PVDC).
· 34009 302 304 0 4 : 112 comprimés sous plaquettes (Aluminium/PVC/PE/PVDC).
9. DATE DE PREMIERE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE LAUTORISATION
[à compléter ultérieurement par le titulaire]
10. DATE DE MISE A JOUR DU TEXTE
[à compléter ultérieurement par le titulaire]
Sans objet.
12. INSTRUCTIONS POUR LA PREPARATION DES RADIOPHARMACEUTIQUES
Liste I.
Médicament soumis à prescription hospitalière.
Prescription réservée aux spécialistes en oncologie ou en hématologie ou aux médecins compétents en cancérologie.
Médicament nécessitant une surveillance particulière pendant le traitement.
Médicaments liés cités dans ce texte
- SORAFENIB BIOGARAN 200 mg, comprimé pelliculé
- COUMADINE 2 mg, comprimé sécable
- RIFADINE 2 POUR CENT, suspension buvable
- DI-HYDAN 100 mg, comprimé sécable
- CARBAMAZEPINE MYLAN L.P. 200 mg, comprimé sécable à libération prolongée
- GARDENAL 10 mg, comprimé
- DECTANCYL 0,5 mg, comprimé
- KETOCONAZOLE ARROW 2 %, gel en récipient-unidose
- CYCLOPHOSPHAMIDE SANDOZ 1000 mg, poudre pour solution injectable ou pour perfusion
- MIDAZOLAM ACCORD 1 mg/ml, solution injectable
- ATUXANE, sirop
- MOPRAL 10 mg, gélule gastro-résistante
- DIGOXINE NATIVELLE 0,25 mg, comprimé
- CAPECITABINE ARROW 150 mg, comprimé pelliculé
- ARTELAC 1,6 mg/0,5 mL, collyre en récipient unidose
Liens ajoutés automatiquement par justelesRCP d'après les noms de médicaments et de substances cités ci-dessus ; ils ne font pas partie du texte officiel de l'ANSM.