SEVREDOL 20 mg, comprimé pelliculé
CIS 67233047
Informations à jour au 6 janvier 2022.Version vérifiée par justelesRCP le 2 mai 2022.
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ANSM - Mis à jour le : 06/01/2022
SEVREDOL 20 mg, comprimé pelliculé
2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE
Sulfate de morphine .............................................................................................................. 20 mg
Quantité correspondant à morphine base................................................................................. 15 mg
Pour un comprimé pelliculé.
Excipients à effet notoire : lactose, jaune orangé S (E110).
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.
Comprimé pelliculé.
4.1. Indications thérapeutiques
Douleurs intenses ou rebelles aux antalgiques de niveau plus faible, en particulier douleurs dorigine cancéreuse.
4.2. Posologie et mode d'administration
Réservé à ladulte et à lenfant de plus de 6 ans (car la prise de comprimé nécessite la maîtrise du carrefour oro-pharyngé).
Comme pour tous les médicaments antalgiques, la plus faible dose efficace doit généralement être utilisée, pour la durée la plus courte possible. La posologie initiale doit tenir compte des traitements antalgiques antérieurs et concomitants, et doit être adaptée en fonction de la réponse clinique du patient.
La morphine à libération immédiate (LI) est principalement adaptée à des situations cliniques particulières : urgences, équilibration rapide de douleurs très intenses, douleurs instables, troubles métaboliques (insuffisance rénale), personnes âgées.
Posologie initiale
Avec les formes à libération immédiate, la dose journalière totale est généralement répartie en six prises, le plus souvent équivalentes, à 4 heures dintervalle.
On peut également utiliser cette forme comme dose supplémentaire en cas daccès douloureux non contrôlé par un traitement de fond (par exemple, morphine à libération prolongée (LP)).
Adultes
En règle générale, la dose journalière de départ est de 10 mg toutes les 4 heures, soit 60 mg par jour.
Populations pédiatriques
Chez les enfants, la dose journalière de départ est de 1 mg/kg et par jour.
Populations particulières
Sujet âgé
Il est recommandé de réduire les doses initiales de moitié.
Chez le sujet très âgé, il est recommandé de réduire les doses initiales de moitié et/ou de les espacer de 6 à 8 heures. Il convient de débuter le traitement avec une posologie de lordre de 2,5 à 5 mg de morphine orale LI 4 à 6 fois par jour, soit 10 à 30 mg par jour.
Insuffisance rénale
Les doses seront réduites par rapport à un sujet dont la fonction rénale est normale, et/ou espacées de 6 à 8 heures, et ajustées selon les besoins du patient.
Si le traitement morphinique nécessite dêtre poursuivi plusieurs semaines, la prescription de morphine LI peut être relayée par de la morphine LP à dose journalière équivalente.
Insuffisance hépatique
Les doses seront réduites et/ou espacées de 6 à 8 heures, et ajustées selon les besoins du patient.
Fréquence de lévaluation
Il ne faut pas sattarder sur une posologie qui savère inefficace. Le patient doit donc être vu de manière rapprochée principalement à linstauration du traitement, tant que la douleur nest pas contrôlée. Dans la pratique, une évaluation quotidienne est recommandée en début de traitement.
Adaptation posologique
Si la douleur nest pas contrôlée, la dose unitaire de morphine LI peut être augmentée de 25 à 50 % selon lâge et létat physiologique du patient.
En cas dinsuffisance de soulagement, le malade peut avoir recours à une interdose toutes les heures sans dépasser 4 prises successives en quatre heures.
Si le patient utilise régulièrement plus de 3 ou 4 interdoses réparties dans la journée, ces doses supplémentaires doivent être intégrées dans la posologie totale quotidienne de morphine LI sans attendre plus de 48 heures.
Dans ces processus dajustement des doses, il ny a pas de limite supérieure tant que les effets indésirables peuvent être contrôlés.
Correspondance entre les différentes voies dadministration
La posologie varie selon la voie dadministration.
Par rapport à la voie orale, la posologie de morphine par voie intraveineuse doit être divisée par trois, et la posologie par voie sous-cutanée doit être divisée par deux.
Le passage dune voie dadministration à une autre doit tenir compte de ces coefficients afin de maintenir la même quantité de morphine disponible.
Changement de forme pharmaceutique
En cas de passage dune forme à libération immédiate à une forme à libération prolongée, la posologie quotidienne sera inchangée.
Interruption du traitement
Linterruption soudaine de ladministration dopioïdes peut précipiter un syndrome de sevrage. Par conséquent, il convient de réduire progressivement la dose avant dinterrompre le traitement.
Méthode dadministration
Voie orale.
Les comprimés doivent être avalés entiers avec une petite quantité de boisson.
Ce médicament ne doit jamais être utilisé dans les cas suivants :
· hypersensibilité à la substance active ou à lun des excipients mentionnés à la rubrique 6.1,
· enfant de moins de 6 ans (car la prise de comprimés nécessite la maîtrise du carrefour oro-pharyngé),
· insuffisance respiratoire décompensée (en labsence de ventilation artificielle),
· insuffisance hépatocellulaire sévère (avec encéphalopathie),
· en aigu : traumatisme crânien et hypertension intracrânienne en labsence de ventilation contrôlée,
· épilepsie non contrôlée,
· associations avec la buprénorphine, la nalbuphine, la pentazocine, la naltrexone, le nalméfène et loxybate de sodium (voir rubrique 4.5),
· allaitement en cas dinstauration, ou de poursuite dun traitement au long cours après la naissance.
4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi
Mises en garde spéciales
Dépression respiratoire
Le principal risque en cas dabus d'opioïdes est la dépression respiratoire.
Les opioïdes peuvent provoquer des troubles respiratoires liés au sommeil, notamment une apnée centrale du sommeil (ACS) et une hypoxémie liée au sommeil, pouvant conduire à des éveils nocturnes et une somnolence diurne. L'utilisation d'opioïdes peut augmenter le risque dACS d'une manière dose-dépendante chez certains patients. Les opioïdes peuvent également provoquer laggravation dune apnée du sommeil préexistante (voir rubrique 4.8). Chez les patients qui présentent une ACS, une réduction de la dose totale d'opioïdes doit être envisagée.
Dans le contexte du traitement de la douleur, laugmentation des doses, même si celles-ci sont élevées, ne relève pas le plus souvent dun processus de dépendance. En effet, en cas dutilisation prolongée et répétée, le patient peut développer une tolérance au médicament et avoir besoin daugmenter progressivement les doses pour maintenir lanalgésie. Une demande pressante et réitérée nécessite de réévaluer fréquemment létat du patient. Elle témoigne le plus souvent dun authentique besoin en analgésique, à ne pas confondre avec un comportement addictif.
La morphine est un stupéfiant qui présente un risque dabus équivalent aux autres opioïdes forts. La morphine peut donner lieu à une utilisation détournée (mésusage) et à un usage abusif par des personnes présentant un risque de troubles addictifs. La morphine, comme les autres opioïdes, doit donc être utilisée avec précaution chez les patients présentant des antécédents de toxicomanie ou dalcoolisme. Toutefois, des antécédents de toxicomanie ou dalcoolisme ne contre-indiquent pas la prescription de morphine si celle-ci apparaît indispensable au traitement de la douleur, mais une surveillance particulière du traitement est recommandée.
Lutilisation prolongée de ce médicament peut entraîner une dépendance physique et psychique et un syndrome de sevrage peut apparaître lors dun arrêt brutal du traitement. Le syndrome de sevrage est caractérisé par les symptômes suivants : anxiété, irritabilité, frissons, mydriase, bouffées de chaleur, sudation, larmoiement, rhinorrhée, nausées, vomissements, crampes abdominales, diarrhées, arthralgies. Lapparition de ce syndrome de sevrage sera évitée par une diminution progressive des doses.
La morphine nest pas adaptée au traitement des pharmacodépendances majeures aux opioïdes.
Lusage détourné des formes orales par injection parentérale peut entraîner des effets indésirables graves pouvant être fatals.
La prise concomitante dalcool et de SEVREDOL doit être évitée car elle peut entraîner une augmentation des effets indésirables de SEVREDOL.
Les concentrations plasmatiques de morphine peuvent être réduites par la rifampicine. Il convient de surveiller leffet analgésique de la morphine et dajuster les doses de morphine pendant et après le traitement par rifampicine.
Ce médicament contient du lactose. Les patients présentant une intolérance au galactose, un déficit total en lactase ou un syndrome de malabsorption du glucose et du galactose (maladies héréditaires rares) ne doivent pas prendre ce médicament.
Ce médicament contient un colorant azoïque (E110 jaune orangé S) et peut provoquer des réactions allergiques.
Précautions demploi
La morphine peut diminuer le seuil épileptique chez les patients ayant des antécédents dépilepsie.
Une hyperalgésie qui ne répond pas à la morphine malgré une augmentation répétée des doses, et en particulier à doses élevées, peut apparaître dans de très rares cas. Une diminution de la dose de morphine ou un changement dantalgique peut être nécessaire.
Les opioïdes, comme la morphine, peuvent avoir une action pharmacologique sur laxe hypothalamo-hypophysaire ou gonadique. Lutilisation à long terme danalgésiques opioïdes peut être associée à une diminution des niveaux dhormones sexuelles et à une augmentation de la prolactine. Les symptômes incluent les événements suivants: diminution de la libido, impuissance et aménorrhée.
La morphine doit être utilisée avec précaution dans les cas suivants :
Risque lié à lutilisation concomitante de sédatifs tels que les benzodiazépines ou les médicaments apparentés:
Lutilisation concomitante de SEVREDOL et de sédatifs tels que les benzodiazépines ou les médicaments apparentés peut entraîner une sédation, une dépression respiratoire, un coma ou le décès. En raison de ces risques, la prescription concomitante de ces sédatifs devrait être réservée aux patients pour lesquels il nexiste pas dautres options thérapeutiques. Si la décision de prescrire SEVREDOL de manière concomitante avec des sédatifs est prise, il convient dutiliser la dose efficace la plus faible, et la durée du traitement doit être aussi courte que possible.
Les signes et symptômes de dépression respiratoire et de sédation doivent être étroitement surveillés chez ces patients. A cet égard, il est fortement recommandé dinformer les patients et leurs soignants afin quils soient avertis de ces symptômes (voir rubrique 4.5).
Traitement antiplaquettaire par inhibiteur du P2Y12 par voie orale
Une réduction de lefficacité du traitement par inhibiteur P2Y12 a été observée, dès le premier jour de traitement concomitant par inhibiteur P2Y12 et morphine (voir rubrique 4.5).
Insuffisance rénale
Lélimination rénale de la morphine, sous la forme dun métabolite actif, impose de débuter le traitement à posologie réduite, en adaptant par la suite, comme chez tout patient, les doses ou la fréquence dadministration à létat clinique.
Insuffisance surrénale
Les analgésiques opioïdes peuvent entraîner une insuffisance surrénale réversible nécessitant une surveillance et un traitement de substitution par glucocorticoïdes. Les symptômes dinsuffisance surrénale peuvent comprendre les symptômes suivants: nausée, vomissements, perte dappétit, fatigue, faiblesse, sensations vertigineuses et pression artérielle basse.
Lorsque létiologie de la douleur est traitée simultanément
Il convient alors dadapter les doses de morphine aux résultats du traitement appliqué.
En cas dinsuffisance respiratoire non décompensée, de syndrome dapnée du sommeil, de pathologie respiratoire chronique obstructive sévère, dasthme bronchique grave, de cur pulmonaire chronique
La fréquence respiratoire sera surveillée attentivement. La somnolence constitue un signe dappel dune décompensation.
Il importe de diminuer les doses de morphine lorsque dautres traitements antalgiques daction centrale sont prescrits simultanément, car cela favorise lapparition brutale dune insuffisance respiratoire.
Syndrome thoracique aigu (STA) chez les patients présentant une drépanocytose
En raison dune possible association entre le STA et lutilisation de morphine chez les patients présentant une drépanocytose recevant un traitement par morphine lors dune crise vaso-occlusive, les patients concernés doivent faire lobjet dune surveillance étroite visant à détecter les symptômes de STA.
Chez les patients présentant une insuffisance hépatique
Ladministration de morphine doit être prudente et accompagnée dune surveillance clinique.
Chez les personnes âgées
Leur sensibilité particulière aux effets antalgiques des opioïdes forts, mais aussi aux effets indésirables centraux (confusion) ou dordre digestif, associée à une baisse physiologique de la fonction rénale, doit inciter à la prudence, en réduisant notamment la posologie initiale de moitié et en augmentant très progressivement la posologie (voir rubrique 4.2).
Une pathologie urétro-prostatique ou vésicale, fréquente dans cette population, expose au risque de rétention urinaire.
Les co-prescriptions de traitements psychotropes, dépresseurs du SNC ou avec un effet anti-cholinergique augmentent la survenue deffets indésirables.
Constipation
Il est impératif de sassurer de labsence de syndrome occlusif avant de mettre en route le traitement. La constipation est un effet indésirable connu de la morphine. Un traitement préventif doit être systématiquement prescrit.
Hypertension intracrânienne
En cas daugmentation de la pression intracrânienne, lutilisation de la morphine au cours des douleurs chroniques devra être prudente.
Chez les patients présentant une hypotension accompagnée dune hypovolémie
En cas dhypovolémie, la morphine peut induire un collapsus. Lhypovolémie sera donc corrigée avant ladministration de morphine.
Troubles mictionnels
Il existe un risque de dysurie ou de rétention durine, principalement avec les voies intrathécale et péridurale.
Sportifs
Lattention des sportifs doit être attirée sur le fait que cette spécialité contient de la morphine et que ce principe actif est inscrit sur la liste des substances dopantes.
Ce médicament nest pas recommandé en situations pré opératoires ou dans les premières 24 heures post opératoires.
4.5. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions
Il faut prendre en compte le fait que de nombreux médicaments ou substances peuvent additionner leurs effets dépresseurs du système nerveux central et contribuer à diminuer la vigilance. Il sagit des dérivés morphiniques (analgésiques, antitussifs et traitements de substitution), des neuroleptiques, des barbituriques, des benzodiazépines, des anxiolytiques autres que les benzodiazépines (par exemple le méprobamate), des hypnotiques, des antidrépresseurs sédatifs (amitriptyline, doxépine, miansérine, mirtazapine, trimipramine), des antihistaminiques H1 sédatifs, des antihypertenseurs centraux, du baclofène, et du thalidomide.
Associations contre-indiquées
+ Morphiniques agonistes-antagonistes (buprénorphine, nalbuphine, pentazocine)
Diminution de leffet antalgique par blocage compétitif des récepteurs, avec risque dapparition dun syndrome de sevrage.
+ Morphiniques antagonistes partiels (naltrexone, nalméfène)
Risque de diminution de leffet antalgique.
+ Oxybate de sodium
Risque majoré de dépression respiratoire, pouvant être fatale en cas de surdosage.
Associations déconseillées
+ Alcool (boisson ou excipient)
Majoration par lalcool de leffet sédatif des analgésiques morphiniques.
Laltération de la vigilance peut rendre dangereuses la conduite de véhicules et lutilisation de machines.
Lalcool pouvant renforcer les effets pharmacodynamiques de SEVREDOL, la prise concomitante dalcool ou de médicaments contenant de lalcool et de SEVREDOL, doit être évitée.
+ Sédatifs tels que les benzodiazépines ou les médicaments apparentés
Lutilisation concomitante dopioïdes avec des médicaments sédatifs tels que les benzodiazépines ou les médicaments apparentés augmente le risque de sédation, de dépression respiratoire, de coma et de décès en raison de leffet cumulatif dépresseur du SNC. Il convient de limiter tant la dose que la durée de lutilisation concomitante (voir rubrique 4.4).
Associations faisant lobjet de précautions demploi
+ Rifampicine
Diminution des concentrations plasmatiques, de l'efficacité de la morphine et de son métabolite actif. Surveillance clinique et adaptation éventuelle de la posologie de la morphine pendant le traitement par la rifampicine et après son arrêt.
+ Inhibiteurs du P2Y12
Une exposition retardée et réduite au traitement antiplaquettaire par inhibiteur du P2Y12 par voie orale a été observée chez des patients atteints du syndrome coronarien aigu traités par morphine. Cette interaction peut être liée à une diminution de la motilité gastro-intestinale et sapplique aux autres opioïdes. Même si les conséquences cliniques ne sont pas connues, les données indiquent une réduction potentielle de lefficacité des inhibiteurs de P2Y12 chez les patients co-traités avec la morphine et inhibiteur de P2Y12 (voir rubrique 4.4). Chez les patients atteints du syndrome coronarien aigu, chez qui la morphine ne peut être retirée et pour lesquels une inhibition rapide de P2Y12 est jugée cruciale, l'utilisation d'un inhibiteur de P2Y12 par voie parentérale peut être envisagée.
Associations à prendre en compte
+ Autres analgésiques morphiniques agonistes (alfentanil, codéine, dextromoramide, dihydrocodéine, fentanyl, hydromorphone, oxycodone, péthidine, phénopéridine, rémifentanil, sufentanil, tapentadol, tramadol)
Risque majoré de dépression respiratoire, pouvant être fatale en cas de surdosage.
+ Antitussifs morphine-like (dextromethorphane, noscapine, pholcodine)
Risque majoré de dépression respiratoire, pouvant être fatale en cas de surdosage.
+ Antitussifs morphiniques vrais (codéine, éthylmorphine)
Risque majoré de dépression respiratoire, pouvant être fatale en cas de surdosage.
+ Barbituriques (allobarbital, amobarbital, bartal, butalbital, butobarbital, hexobarbital, methylphenobarbital, phenobarbital, primidone, secbutabarbital, sécobarbital, thiopental, vinbarbital, vinylbital)
Risque majoré de sédation et de dépression respiratoire pouvant entraîner coma et décès, notamment chez le sujet âgé. Il convient de limiter autant que possible les doses et la durée de lassociation.
+ Autres médicaments sédatifs
Majoration de la dépression centrale. Laltération de la vigilance peut rendre dangereuses la conduite de véhicules et lutilisation de machines.
+ Médicaments atropiniques
Risque important d'akinésie colique, avec constipation sévère.
4.6. Fertilité, grossesse et allaitement
Grossesse
Les études effectuées chez lanimal ont mis en évidence un effet tératogène de la morphine.
En clinique, aucun effet malformatif particulier de la morphine nest apparu à ce jour. Toutefois, seules des études épidémiologiques permettraient de vérifier labsence de risque.
Des posologies élevées, même en traitement bref juste avant ou pendant laccouchement, sont susceptibles dentraîner une dépression respiratoire chez le nouveau-né.
Les nouveau-nés dont la mère a reçu des analgésiques opioïdes en cours de grossesse doivent faire lobjet dune surveillance afin de détecter les signes de syndrome de sevrage néonatal. Le traitement peut inclure lutilisation dun opioïde et des soins de support.
En conséquence, sous réserve de ces précautions, la morphine peut être prescrite si besoin au cours de la grossesse.
Allaitement
· Une dose unique apparaît sans risque pour le nouveau-né,
· En cas dadministration répétée sur quelques jours, suspendre momentanément lallaitement,
· En raison du passage de la morphine dans le lait maternel, lallaitement est contre-indiqué en cas dinstauration, ou de poursuite dun traitement au long cours après la naissance.
Fertilité
· Il ressort des études effectuées chez lanimal que la morphine peut réduire la fertilité (voir rubrique 5.3 «Données de sécurité préclinique»).
4.7. Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
En raison de la baisse de vigilance induite par ce médicament, lattention est attirée sur les risques liés à la conduite dun véhicule et à lutilisation dune machine, principalement à l'instauration du traitement et en cas d'association avec d'autres dépresseurs du système nerveux central.
Parmi les effets indésirables les plus fréquents lors de linitiation du traitement, la somnolence, une confusion, des nausées et vomissements sont rapportés. Ils peuvent être transitoires mais leur persistance doit faire rechercher une cause associée ou un surdosage. La constipation en revanche ne cède pas à la poursuite du traitement. Tous ces effets sont prévisibles et nécessitent dêtre traités.
Les effets indésirables ont été classés en fonction de leur fréquence en utilisant la classification suivante:
Très fréquent (≥ 1/10) ; fréquent (≥ 1/100, < 1/10) ; peu fréquent (≥ 1/1 000, < 1/100) ; rare (≥ 1/10 000, < 1/1 000) ; très rare (< 1/10 000) ; fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles).
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SOC - Classes de systèmes dorganes |
Très fréquent (≥ 1/10) |
Fréquent (≥ 1/100, < 1/10) |
Peu fréquent (≥ 1/1 000, < 1/100) |
Fréquence indéterminée |
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Affections du système immunitaire |
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Hypersensibilité, |
Réaction anaphylactique, réaction anaphylactoïde. |
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Affections psychiatriques
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Confusion, insomnie |
Agitation, euphorie, hallucinations, humeur modifiée, |
Pensées anormales, pharmacodépendance, dysphorie, cauchemars (plus spécialement chez le sujet âgé). |
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Affections du système nerveux
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Sensation vertigineuse, céphalée, myoclonies (risque exceptionnel en cas de surdosage ou daugmentation trop rapide des doses chez les sujets âgés ou insuffisants rénaux), somnolence, |
Convulsions, hypertonie, paresthésies, syncope, dysgueusie. |
Sédation, augmentation de la pression intracrânienne, quil convient de traiter dans un premier temps, allodynie, hyperalgésie, syndrome dapnée du sommeil (voir rubrique 4.4). |
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Affections oculaires |
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Perturbation visuelle, |
Myosis. |
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Affections de loreille et du labyrinthe |
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Vertiges. |
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Affections vasculaires |
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Rougeur du visage, hypotension. |
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Affections respiratoire, thoraciques et médiastinales |
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dème pulmonaire, dépression respiratoire (avec au maximum apnée), bronchospasme, |
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Affections gastro-intestinales |
Nausées, constipation, |
Douleur abdominale, bouche sèche, vomissements, |
Iléus, dyspepsie. |
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Affections hépatobiliaires |
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Augmentation des enzymes hépatiques, |
Douleurs biliaires. |
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Affections de la peau et du tissu sous-cutané |
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Hyperhidrose, rash, |
Urticaire. |
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Affection du rein et des voies urinaires |
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Rétention urinaire (notamment en cas d'adénome prostatique ou de sténose urétrale), |
Dysurie. |
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Affections des organes de reproduction et du sein |
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Aménorrhée, diminution de la libido, dysfonction érectile. |
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Troubles généraux et anomalies au site dadministration |
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Asthénie, fatigue, malaise, prurit, |
dème périphérique, |
Syndrome de sevrage médicamenteux*, syndrome de sevrage néonatal. |
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Troubles du métabolisme et de la nutrition |
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Diminution de lappétit. |
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*anxiété, irritabilité, frissons, mydriase, bouffées de chaleur, sudation, larmoiement, rhinorrhée, nausées, vomissements, crampes abdominales, diarrhées, arthralgies
Pharmacodépendance et syndrome de sevrage
Lutilisation danalgésiques opioïdes peut être associée au développement dune dépendance ou dune tolérance physique et/ou psychologique. Linterruption soudaine de ladministration dopioïdes ou ladministration dantagonistes opioïdes peut précipiter un syndrome de sevrage. Ce syndrome peut également survenir entre deux doses. Pour la prise en charge, voir rubrique 4.4.
Les symptômes physiologiques de sevrage comprennent les symptômes suivants : courbatures, tremblements, syndrome des jambes sans repos, diarrhée, colique abdominale, nausée, symptômes semblables à ceux de la grippe, tachycardie et mydriase. Les symptômes psychologiques comprennent les symptômes suivants : humeur dysphorique, anxiété et irritabilité. Dans le cadre de la pharmacodépendance, un « état de manque » est souvent présent.
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : www.signalement-sante.gouv.fr
Symptômes
La somnolence constitue un signe dappel précoce de lapparition dune dépression respiratoire. Le décès peut survenir des suites dune insuffisance respiratoire.
Les signes dun surdosage en morphine sont : un myosis extrême, une rhabdomyolyse pouvant évoluer vers une insuffisance rénale, une bradycardie, une hypotension, une hypothermie, une somnolence pouvant évoluer vers un état de stupeur ou de coma, pouvant être fatal dans les cas les plus graves.
Dans certaines situations à risque, des cas de pneumopathie dinhalation ont été rapportés.
Conduite durgence
· Stimulation-ventilation assistée, avant réanimation cardio-respiratoire en service spécialisé.
· Traitement spécifique par la naloxone : mise en place dune voie dabord avec surveillance pendant le temps nécessaire à la disparition des symptômes.
Chez les sujets physiquement dépendants de la morphine, la naloxone doit être administrée avec précaution, car elle peut provoquer une réversion brutale ou totale des effets opioïdes, et provoquer des douleurs ou un syndrome de sevrage aigu.
5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES
5.1. Propriétés pharmacodynamiques
Classe pharmacothérapeutique : ANALGESIQUE OPIOÏDE. Code ATC : N02AA01 (N : système nerveux central)
La morphine est un agoniste opioïde pur.
Action sur le système nerveux central :
La morphine est dotée dune action analgésique dose-dépendante. Elle peut agir sur le comportement psychomoteur et provoquer, selon les doses et le terrain, sédation ou excitation.
La morphine exerce une action dépressive sur les centres respiratoires et celui de la toux. Les effets dépresseurs respiratoires de la morphine satténuent en cas dadministration chronique dune dose inchangée.
La morphine provoque un myosis, même dans lobscurité totale. Un myosis en tête dépingle est un signe de surdosage en opioïde mais nest pas pathognomonique (ex : une lésion du tronc cérébral dorigine hémorragique ou ischémique peut provoquer le même symptôme). Une mydriase importante plutôt quun myosis peut être observée en cas dhypoxie dans le cadre dun surdosage en morphine.
La triple action sur le centre du vomissement, éventuellement sur le centre cochléo-vestibulaire ainsi que sur la vidange gastrique (cf. Infra) lui confère des propriétés émétisantes variables.
La morphine provoque enfin un myosis d'origine centrale.
Action sur le muscle lisse
La morphine diminue le tonus et le péristaltisme des fibres longitudinales et augmente le tonus des fibres circulaires, ce qui provoque un spasme des sphincters (pylore, valvule iléo-caecale, sphincter anal, sphincter d'Oddi, sphincter vésical).
5.2. Propriétés pharmacocinétiques
Il sagit dune forme à libération immédiate.
Absorption
Leffet de premier passage hépatique est supérieur à 50 %.
La biodisponibilité des formes orales par rapport à celles administrées par voie sous-cutanée est de 50 %.
La biodisponibilité des formes orales par rapport à celles administrées par voie intraveineuse est de 30 %.
Distribution
Après absorption, la morphine est liée aux protéines plasmatiques dans la proportion de 30 %.
Biotransformation
La morphine est métabolisée de façon importante en dérivés glucuronoconjugués qui subissent un cycle entéro-hépatique. Le 6-glucuronide est un métabolite environ 50 fois plus actif que la substance-mère. La morphine est également déméthylée, ce qui conduit à un autre métabolite actif, la normorphine.
Elimination
Lélimination des dérivés glucuronoconjugués se fait essentiellement par voie urinaire, à la fois par filtration glomérulaire et sécrétion tubulaire.
Lélimination fécale est faible (< 10 %).
5.3. Données de sécurité préclinique
Chez les rats mâles, une diminution de la fertilité et des dommages chromosomiques dans les gamètes ont été signalés.
Lactose, amidon de maïs prégélatinisé, povidone K25, stéarate de magnésium, talc.
Pelliculage : Opadry 85F240092 rose : alcool polyvinylique partiellement hydrolysé, dioxyde de titane (E171), macrogol 3350, talc, laque aluminique dérythrosine, laque aluminique jaune orangé S (E110).
Sans objet.
3 ans.
6.4. Précautions particulières de conservation
A conserver à une température inférieure à 30°C.
6.5. Nature et contenu de l'emballage extérieur
14 comprimés pelliculés s sous plaquettes (PVC/PVDC/Aluminium)
6.6. Précautions particulières délimination et de manipulation
Pas dexigences particulières.
7. TITULAIRE DE LAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
MUNDIPHARMA
7-11 QUAI ANDRE CITROËN
75015 PARIS
8. NUMERO(S) DAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
· 34009 334 800 5 9 : 14 comprimés pelliculés sous plaquette (PVC/PVDC/Aluminium)
9. DATE DE PREMIERE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE LAUTORISATION
31 mars 1992 / 02 mai 2011]
10. DATE DE MISE A JOUR DU TEXTE
[à compléter ultérieurement par le titulaire]
Sans objet.
12. INSTRUCTIONS POUR LA PREPARATION DES RADIOPHARMACEUTIQUES
Sans objet.
Stupéfiant.
Prescription sur ordonnance sécurisée.
Prescription limitée à 28 jours.
Médicaments liés cités dans ce texte
- SEVREDOL 10 mg, comprimé pelliculé
- ACTISKENAN 10 mg, gélule
- BUPRENORPHINE ARROW 0,4 mg, comprimé sublingual
- NALBUPHINE MYLAN 20 mg/2 ml, solution injectable (I.V.-S.C.-I.M.)
- NALTREXONE ACCORD 50 mg, comprimé pelliculé sécable
- OXYBATE DE SODIUM KALCEKS 500 mg/mL, solution buvable
- RIFADINE 2 POUR CENT, suspension buvable
- ELAVIL 25 mg, comprimé pelliculé
- QUITAXON 10 mg, comprimé pelliculé sécable
- MIANSERINE ARROW 10 mg, comprimé pelliculé
- MIRTAZAPINE ALMUS 15 mg, comprimé orodispersible
- SURMONTIL 100 mg, comprimé pelliculé sécable
- BACLOCUR 10 mg, comprimé pelliculé sécable
- THALIDOMIDE ACCORD 50 mg, gélule
- CODEDRILL SANS SUCRE 0,1 POUR CENT, solution buvable édulcorée à la saccharine
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