ZORYON 40 mg, gélule
CIS 61767418
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ANSM - Mis à jour le : 06/04/2021
ZORYON 40 mg, gélule
2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE
Méthadone (chlorhydrate)....................................................................................................... 40 mg
Pour une gélule
Excipient à effet notoire : lactose
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.
Gélule constituée dun corps de couleur blanche comportant linscription en couleur noire « 40 mg » en radial et dune coiffe de couleur brune.
4.1. Indications thérapeutiques
4.2. Posologie et mode d'administration
Posologie
La posologie de chaque patient doit être déterminée individuellement, en fonction de la situation clinique (traitement antalgique antérieur, facteurs de risques daddiction) et de lobjectif thérapeutique.
Plusieurs protocoles de conversion dun traitement opioïde vers la méthadone ont été étudiés et sont actuellement utilisés lors de linstauration dun traitement par méthadone dans les douleurs dorigine cancéreuses. Les deux protocoles utilisés dans létude clinique ayant évalué ZORYON (EQUIMETH2) nont pas démontré une supériorité defficacité lun par rapport à lautre (voir rubrique 5.1).
Le choix du protocole à utiliser lors de linstauration du traitement est laissé à lappréciation de léquipe hospitalière.
Mode dadministration
Ce médicament est administré par voie orale.
Surveillance particulière
Linstauration et la titration du traitement nécessitent lhospitalisation du patient.
Une surveillance ECG doit être réalisée chez tous les patients avec un examen avant linstauration de la méthadone et poursuivie si nécessaire tout au long du traitement (voir rubriques 4.3, 4.4 et 4.5).
Phase de titration
Le patient doit être hospitalisé lors de la phase de titration, du fait dune surveillance attentive nécessaire afin de détecter tout signe de surdosage, en particulier afin de prévenir et prendre en charge tout risque de dépression respiratoire (voir rubriques 4.3, 4.4, 4.5 et 4.9). Ce risque est maximal durant les premiers jours après lintroduction de ZORYON.
La dose unitaire de ZORYON lors de linitiation ne doit pas dépasser 30 mg par prise, tel que précisé dans les protocoles décrits (voir rubrique 5.1). ZORYON 40 mg, gélule ne doit pas être utilisé en initiation de traitement.
Une fois que la posologie optimale a été obtenue, le traitement peut être poursuivi à domicile. Le patient et son entourage doivent être avertis des signes de surdosage qui doivent les amener à consulter un médecin en urgence.
Lintérêt de la poursuite du traitement doit être régulièrement réévalué au regard des besoins antalgiques et des effets indésirables.
Ajustement de la posologie
La posologie doit être ajustée au cas par cas en fonction de lutilisation moyenne quotidienne danalgésiques jusquà ce quun équilibre entre efficacité analgésique et tolérance soit atteint. Lajustement de la posologie peut être fait toutes les 24-48 heures. Toute augmentation de posologie présente un risque de surdosage qui doit être surveillé. En cas de mauvaise tolérance deffets indésirables, la dose suivante peut être diminuée ou les intervalles modifiés (p.ex. toutes les 8 heures ou toutes les 12 heures).
Conversion de la méthadone vers dautres opioïdes
Sil savère nécessaire de remplacer ZORYON par un autre opioïde, il convient de tenir compte de la durée et de la variabilité de la demi-vie de la méthadone (voir rubrique 5.2).
Arrêt du traitement
Comme tout traitement analgésique opioïde, le traitement par ZORYON doit être arrêté progressivement afin déviter les symptômes de sevrage (voir rubrique 4.4).
Populations particulières
Enfants et adolescents de moins de 15 ans
ZORYON est contre-indiqué chez lenfant de moins de 15 ans en raison de labsence de données defficacité et de sécurité dans cette population (voir rubrique 4.3).
Patients âgés
ZORYON doit être administré avec précaution chez le sujet âgé compte tenu du risque accru dinsuffisance hépatique, rénale ou cardiaque, de la présence daffections concomitantes et de la prise dautres médicaments.
Ces patients doivent être suivis de façon encore plus attentive pendant la titration, en particulier pour déceler tout signe de dépression respiratoire ou du système nerveux central.
Insuffisance rénale ou hépatique
La pharmacocinétique de la méthadone nayant pas été évaluée de façon approfondie chez des patients avec une insuffisance rénale ou hépatique, la prudence simpose chez ces patients, notamment au moment de la titration, afin de détecter déventuels signes de dépression respiratoire ou du système nerveux central.
· Hypersensibilité à la substance active ou à lun des excipients mentionnés à la rubrique 6.1,
· Enfants et adolescents de moins de 15 ans, (voir rubrique 4.2),
· Douleurs chroniques non cancéreuses,
· Situations à risque élevé de dépression respiratoire, en particulier : patients naïfs aux opioïdes, douleurs aiguë ou post-opératoire (pas de possibilité de titration lors dune utilisation de courte durée), insuffisance respiratoire sévère décompensée (en l'absence de ventilation artificielle).
· Patients présentant un iléus paralytique constitué,
· En association avec un agoniste-antagoniste morphinique (buprénorphine, nalbuphine), avec un antagoniste partiel morphinique (naltrexone, nalméfène), avec le citalopram, lescitalopram, la dompéridone, lhydroxyzine, le millepertuis, loxybate de sodium ou la pipéraquine (voir rubrique 4.5).
4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi
Dépendance
Des dépendances physique et psychique peuvent apparaitre au cours dun traitement par méthadone.
Syndrome de sevrage
Larrêt brutal du traitement peut entraîner un syndrome de sevrage pouvant se manifester par les symptômes suivants : agitation, larmoiement, éternuement, rhinorrhée, bâillements, sudation, frisson, tremblements, mydriase, irritabilité, anxiété, douleurs des extrémités, douleur dorsale, arthralgie, myalgie, contracture musculaire, spasme musculaire, faiblesse, crampes abdominales, insomnie, nausées, anorexie, vomissements, diarrhée, hausse de la tension artérielle, de la fréquence respiratoire ou de la fréquence cardiaque, piloérection, et fièvre.
L'apparition de ce syndrome de sevrage sera évitée par une diminution progressive des doses.
Abus et mésusage
La méthadone est un stupéfiant qui peut donner lieu à un mésusage et un usage abusif chez des personnes à risque. L'usage détourné peut entraîner des effets indésirables graves pouvant être fatals. La méthadone doit être utilisée avec précaution chez les patients présentant ou ayant présenté des troubles dusage de substance, y compris dalcool.
Ingestion accidentelle
La dose létale de la méthadone est de lordre de 1 mg/kg pour les enfants et les personnes naïves ou peu dépendantes aux opioïdes. Afin déviter tout risque dingestion accidentelle, les patients doivent être avertis de mettre les plaquettes thermoformées en sûreté, de ne jamais sortir les gélules à lavance de la plaquette thermoformée, de tenir les plaquettes thermoformées hors de portée et de la vue des enfants et de ne pas prendre ce médicament devant des enfants.
Un service durgence doit être contacté immédiatement en cas dingestion accidentelle ou de suspicion dingestion (voir rubrique 4.8).
Allongement de lintervalle QT et torsades de pointe
Des cas dallongement de lintervalle QT et des torsades de pointe ont été rapportés au cours de traitements par la méthadone, principalement pour des posologies élevées (> 120 mg/j). La méthadone doit être administrée avec prudence, sous surveillance clinique, électrolytique et ECG. La surveillance ECG doit être réalisée chez tous les patients avant linstauration de la méthadone, avec un autre test ECG à la stabilisation de la posologie.
La surveillance de lECG doit être poursuivie tout au long du traitement, et en particulier après chaque augmentation de posologie ou chez les patients présentant un risque d'allongement de l'intervalle QT, cest-à-dire en cas :
· d'antécédent connu dallongement du QT (congénital ou acquis),
· dantécédents familiaux de mort subite,
· de posologie élevée, supérieure à 120 mg/j,
· de pathologie cardiaque évoluée,
· de traitements médicamenteux susceptibles de donner des torsades de pointes: antiarythmiques de classe Ia (disopyramide, hydroquinidine, quinidine), antiarythmiques de classe III (amiodarone, dronédarone, sotalol), certains antiparasitaires (chloroquine, halofantrine, luméfantrine, pentamidine), arsénieux, cocaïne, certains macrolides (érythromycine IV, spiramicyne), certains neuroleptiques (amilsupride, chlorpromazine, cyamémazine, dropéridol, flupentixol, fluphénazine, halopéridol, lévomépromazine, pimozide, pipampérone, pipotiazine, quétiapine, sulpiride, tiapride, zuclopenthixol), crizotinib, delamanide, hydroxychloroquine, méquitazine, moxifloxacine, prucalopride, sulfaméthaxazole + triméthoprime, torémifène, vandétanib, vincamine IV (voir rubrique. 4.5)
· de traitements médicamenteux connus pour provoquer une hypokaliémie, ou pour entraîner une bradycardie, ou pour inhiber significativement le métabolisme de la méthadone (voir rubrique. 4.5).
Dépression du SNC
La surveillance et lévaluation des patients pendant la première semaine sont primordiales. En effet lors de ladministration de méthadone, létat déquilibre est obtenu tardivement, avec en particulier un risque daugmentation de la concentration plasmatique entre le 4ème et le 6ème jour, doù une vigilance clinique accrue pendant cette période.
Dans ce contexte, pendant la première semaine de traitement, une évaluation de la douleur et des effets indésirables (surtout somnolence et fréquence respiratoire) devra être réalisée plusieurs fois par jour, associée à une surveillance cardiovasculaire (pouls, tension artérielle, ECG).
Si les effets indésirables sont trop importants (somnolence en particulier), la dose doit être réduite de moitié.
La prise de méthadone avec de lalcool ou des dépresseurs du système nerveux central (tels que tranquillisants, sédatifs, hypnotiques) peut augmenter le risque de dépression du système nerveux central.
L'utilisation concomitante de méthadone et de médicaments sédatifs tels que les benzodiazépines ou des médicaments apparentés peut entraîner une sédation, une dépression respiratoire, un coma et le décès. Par conséquent, les patients recevant des dépresseurs du système nerveux central et de la méthadone doivent être encore plus étroitement surveillés pour détecter les signes de dépression respiratoire, sédation et hypotension.
En raison de ces risques, la prescription concomitante de ces médicaments sédatifs devrait être réservée aux patients pour lesquels il n'existe pas d'autres options thérapeutiques.
Dans le cas dune décision de prescrire la méthadone en même temps que des médicaments sédatifs, la dose efficace la plus faible doit être utilisée et la durée du traitement doit être aussi courte que possible (voir rubrique 4.5).
Insuffisance surrénalienne
Les analgésiques opioïdes peuvent provoquer une insuffisance surrénalienne réversible nécessitant une surveillance et un traitement de substitution par glucocorticoïdes. Les symptômes de l'insuffisance surrénalienne peuvent inclure des nausées, des vomissements, une perte d'appétit, de la fatigue, une faiblesse, des vertiges ou une hypotension artérielle.
Diminution des hormones sexuelles et augmentation de la prolactine
L'utilisation à long terme d'analgésiques opioïdes peut être associée à une diminution des taux d'hormones sexuelles et à une augmentation de la prolactine. Les symptômes peuvent inclure une diminution de la libido, une impuissance ou une aménorrhée.
Hypoglycémie
Une hypoglycémie a été observée dans un contexte de surdosage en méthadone ou dune augmentation de la dose. Une surveillance régulière de la glycémie est recommandée lors de l'augmentation de la dose (voir rubriques 4.8 et 4.9).
La prise concomitante de méthadone avec des boissons alcoolisées ou des médicaments contenant de lalcool est déconseillée (voir rubrique 4.5).
Excipients à effet notoire
Ce médicament contient du lactose. Les patients présentant une intolérance au galactose, un déficit total en lactase ou un syndrome de malabsorption du glucose et du galactose (maladies héréditaires rares) ne doivent pas prendre ce médicament.
Ce médicament contient 2,6 mg de sodium par gélule, soit moins de 1 mmol (23 mg) par gélule, cest à-dire quil est essentiellement « sans sodium ». Cependant, chez les patients contrôlant leur apport alimentaire en sodium, il faut tenir compte du nombre total de gélules de ZORYON prises par jour, qui pourrait apporter une quantité de sodium journalière supérieure à 23 mg.
Précautions demploi
La constipation est un effet indésirable connu de la méthadone. Il est impératif de rechercher et de prendre en charge une constipation pendant le traitement.
Une perte de poids importante au cours du traitement doit conduire à une surveillance attentive pour déceler tout signe de surdosage qui pourrait être entrainé par un relargage soudain de la méthadone dans la circulation sanguine.
La méthadone est à utiliser avec précaution chez les sujets âgés, les femmes enceintes (voir rubrique 4.6), les patients présentant une pathologie telle que : asthme, insuffisance respiratoire, rénale ou hépatique sévères et diabète.
Les opioïdes peuvent provoquer une hypotension orthostatique chez les patients ambulatoires.
Les opioïdes peuvent augmenter la pression du liquide céphalorachidien et entraîner des convulsions : ils doivent être utilisés avec précaution chez les patients présentant un traumatisme crânien, des lésions intracrâniennes, d'autres circonstances dans lesquelles la pression du liquide céphalo-rachidien peut être augmentée, ou en cas dantécédents dépilepsie.
Les opioïdes doivent être également utilisés avec précaution chez les patients souffrant d'hypotension, dhypovolémie, d'hypertrophie prostatique ou de sténose urétrale.
Le myosis induit par les opioïdes, les changements de niveau de conscience, ou les changements dans la perception de la douleur comme symptôme dune maladie peuvent interférer avec l'évaluation du patient ou modifier le diagnostic ou l'évolution dune maladie concomitante.
Les opioïdes doivent être utilisés avec prudence chez les patients atteints de myxdème, dhypothyroïdie, ou d'insuffisance cortico-surrénalienne (par exemple, maladie d'Addison).
Les opioïdes pouvant augmenter la pression intra-cholédocienne, ils doivent être utilisés avec précaution chez les patients présentant une dysfonction des voies biliaires.
4.5. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions
Substances susceptibles de donner des torsades de pointe
Ce trouble du rythme cardiaque grave peut être provoqué par un certain nombre de médicaments, antiarythmiques ou non. Lhypokaliémie est un facteur favorisant, de même que la bradycardie ou un allongement préexistant de lintervalle QT, congénital ou acquis.
Les médicaments à lorigine de cet effet indésirable sont notamment les antiarythmiques de classe Ia et III, et certains neuroleptiques. D'autres molécules nappartenant pas à ces classes sont également en cause.
Pour lérythromycine et la vincamine, seules les formes administrées par voie intraveineuse sont concernées par cette interaction.
L'utilisation d'un médicament torsadogène avec un autre médicament torsadogène est contre-indiquée en règle générale. Toutefois certains dentre eux, en raison de leur caractère incontournable, font exception à la règle, en étant seulement déconseillés avec les autres torsadogènes. Il sagit de la méthadone, de l'hydroxychloroquine, des antiparasitaires (chloroquine, halofantrine, luméfantrine, pentamidine), de larsénieux, du crizotinib, du cotrimoxazole et des neuroleptiques.
Cependant, le citalopram, lescitalopram, la dompéridone, l'hydroxyzine et la pipéraquine ne suivent pas cet assouplissement, et sont contre-indiqués avec tous les torsadogènes.
Médicaments sérotoninergiques
Le syndrome sérotoninergique peut survenir lors de l'administration concomitante de méthadone avec de la péthidine, des inhibiteurs de la monoamine oxydase (MAO) et des agents sérotoninergiques tels que les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la norépinéphrine (IRSN) et les antidépresseurs tricycliques (ATC). Les symptômes du syndrome sérotoninergique peuvent inclure des changements de l'état mental, une instabilité du système nerveux autonome, des anomalies neuromusculaires et/ou des symptômes gastro-intestinaux.
Associations contre-indiquées
+ Morphiniques agonistes-antagonistes : buprénorphine, nalbuphine
Diminution de l'effet de la méthadone par blocage compétitif des récepteurs.
+ Morphiniques antagonistes partiels : nalméfène, naltrexone
Risque d'apparition d'un syndrome de sevrage
Diminution de leffet antalgique.
+ Citalopram, escitalopram
Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointes.
+ Dompéridone
Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointes.
+ Hydroxyzine
Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointes.
+ Millepertuis
Diminution des concentrations de méthadone par le millepertuis, avec risque de syndrome de sevrage Diminution de leffet antalgique.
+ Oxybate de sodium
Risque majoré de dépression respiratoire, pouvant être fatale en cas de surdosage.
+ Pipéraquine
Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointes.
+ Alcool (boisson ou excipient)
Majoration par lalcool de l'effet sédatif de ces substances.
L'altération de la vigilance peut rendre dangereuse la conduite de véhicules et l'utilisation de machines.
Éviter la prise de boissons alcoolisées et de médicaments contenant de l'alcool.
+ Cotrimoxazole (sulfaméthoxazole + triméthoprime)
Risque de troubles ventriculaires, notamment de torsades de pointes.
Si lassociation ne peut être évitée, contrôle clinique et électrocardiographique régulier.
+ Substances susceptibles de donner des torsades de pointe : Antiarythmiques de classe Ia (disopyramide, hydroquinidine, quinidine), antiarythmiques de classe III (amiodarone, dronédarone, sotalol), certains antiparasitaires* (chloroquine, halofantrine, luméfantrine, pentamidine), arsénieux, cocaïne, certains macrolides (érythromycine IV, spiramycine), certains neuroleptiques (amisulpride, chlorpromazine, cyamémazine, dropéridol, flupentixol, fluphénazine, halopéridol, lévomépromazine, pimozide, pipampérone, pipotiazine, quétiapine, sulpiride, tiapride, zuclopenthixol), crizotinib**, delamanide**, hydroxychloroquine, méquitazine, moxifloxacine, prucalopride, torémifène, vandétanib, vincamine IV
Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointes.
* Si cela est possible, interrompre lun des 2 traitements. Si lassociation ne peut être évitée, contrôle préalable du QT et surveillance ECG monitorée.
** Si lassociation ne peut être évitée, contrôle clinique et électrocardiographiques réguliers.
Associations faisant l'objet de précautions demploi
+ Alfuzosine, anagrélide, bédaquiline, fluoxétine, olanzapine
Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointes. Surveillance clinique et électrocardiographique pendant lassociation.
+ Azithromycine, clarithromycine, roxithromycine
Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointes. Surveillance clinique et électrocardiographique pendant lassociation.
+ Bêtabloquants dans linsuffisance cardiaque : bisoprolol, carvédilol, métoprolol, nébivolol
Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointes. Surveillance clinique et électrocardiographique.
+ Bocéprevir
Diminution des concentrations plasmatiques de méthadone avec risque dapparition dun syndrome de sevrage et diminution de leffet antalgique, par augmentation de son métabolisme hépatique par le bocéprévir.
Surveillance clinique régulière et adaptation éventuelle de la posologie de la méthadone.
+ Bradycardisants : antiarythmiques de classe Ia, certains antiarythmiques de classe III, antagonistes du calcium bradycardisants (diltiazem, vérapamil), anticholinestérasiques, bêtabloquants, digoxine, pilocarpine, etc
Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointes.
Surveillance clinique et électrocardiographique pendant lassociation.
+ Cimétidine
Augmentation des concentrations plasmatiques de méthadone avec surdosage et risque majoré dallongement de lintervalle QT et de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointes.
Surveillance clinique et électrocardiographique renforcée; si besoin, adaptation de la posologie de la méthadone pendant le traitement par la cimétidine et après son arrêt.
+ Ciprofloxacine, lévofloxacine, norfloxacine
Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointes. Surveillance clinique et électrocardiographique pendant l'association.
+ Fluvoxamine
Augmentation des concentrations plasmatiques de méthadone avec surdosage et risque majoré dallongement de lintervalle QT et de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointes.
Surveillance clinique et électrocardiographique renforcée; si besoin, adaptation de la posologie de la méthadone pendant le traitement par la fluvoxamine et après son arrêt.
+ Hypokaliémiants : amphotéricine B voie IV, glucocorticoïdes, diurétiques hypokaliémiants seuls ou associés, laxatifs stimulants, réglisse, rhubarbe, ricin, tétracosactide
Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointes.
Corriger toute hypokaliémie avant d'administrer le produit et réaliser une surveillance clinique, électrolytique et électrocardiographique.
+ Inducteurs enzymatiques : carbamazépine, dabrafénib, éfavirenz, enzalutamide, eslicarbazépine, fosphénytoïne, lumacaftor, névirapine, oxcarbazépine, phénobarbital, phénytoïne, pitolisant, primidone, rifabutine, rifampicine
Diminution des concentrations plasmatiques de méthadone avec risque dapparition dun syndrome de sevrage et diminution de leffet antalgique, par augmentation de son métabolisme hépatique. Augmenter la fréquence des prises de méthadone (2 à 3 fois par jour au lieu d'une fois par jour).
+ Voriconazole
Augmentation des concentrations plasmatiques de méthadone, avec risque de surdosage et risque majoré dallongement de lintervalle QT et de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointe.
Surveillance clinique et électrocardiographique et adaptation éventuelle de la posologie de la méthadone.
+ Inhibiteurs de protéases boostés par ritonavir
Diminution des concentrations plasmatiques de méthadone avec risque dapparition dun syndrome de sevrage et diminution de leffet antalgique par augmentation de son métabolisme hépatique par le ritonavir.
Surveillance clinique régulière et adaptation éventuelle de la posologie de la méthadone.
+ Télaprévir
Risque daugmentation de lintervalle QT.
Diminution des concentrations plasmatiques de méthadone. Aucune adaptation des doses de méthadone nest requise lorsque lon initie une co-administration avec le télaprévir. Toutefois, une surveillance clinique est recommandée, car la dose de méthadone peut devoir être adaptée chez certains patients.
+ Ondansétron
Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointes. Surveillance clinique et électrocardiographique pendant l'association.
Associations à prendre en compte
+Antitussifs morphine-like (dextrométhorphane, noscapine, pholcodine), antitussifs morphiniques vrais (codéine, éthylmorphine)
Risque majoré de dépression respiratoire, et augmentation du risque de sédation, de coma et de décès en raison de la potentialisation de l'effet dépresseur du système nerveux central. La dose et la durée de l'utilisation concomitante doivent être limitées (voir section 4.4).
+ Autres médicaments sédatifs
Il faut prendre en compte le fait que de nombreux médicaments ou substances peuvent additionner leurs effets dépresseurs du système nerveux central et contribuer à diminuer la vigilance. Il sagit des dérivés morphiniques (analgésiques, antitussifs et traitements de substitution), des neuroleptiques, des barbituriques, des benzodiazépines, des anxiolytiques autres que les benzodiazépines (par exemple, le méprobamate), des hypnotiques, des antidépresseurs sédatifs (amitriptyline, doxépine, miansérine, mirtazapine, trimipramine), des antihistaminiques H1 sédatifs, des antihypertenseurs centraux, du baclofène et du thalidomide.
Majoration de la dépression centrale. L'altération de la vigilance peut rendre dangereuses la conduite de véhicules et l'utilisation de machines.
+ Rilpivirine
Diminution des concentrations plasmatiques de méthadone.
Aucun ajustement posologique nest nécessaire lors de linitiation dun traitement associant la méthadone et la rilpivirine. Cependant une surveillance clinique est recommandée, car un ajustement posologique de la méthadone peut être nécessaire chez certains patients.
+ Traitements de substitution nicotinique
Risque de surdosage lors du remplacement du tabac par le traitement substitutif.
+ Médicaments atropiniques
Risque important d'akinésie colique, avec constipation sévère.
4.6. Fertilité, grossesse et allaitement
Grossesse
La méthadone traverse la barrière placentaire. Le rapport bénéfice/risque doit être pris en compte et son utilisation pendant la grossesse se fera si cela est absolument nécessaire. En cas dutilisation régulière pendant la grossesse, une surveillance néonatale doit être réalisée afin de prévenir le risque de dépression respiratoire ou de syndrome de sevrage chez le nouveau-né.
La méthadone étant excrétée dans le lait maternel, lallaitement doit être évité pendant le traitement.
La décision de recommander lallaitement doit tenir compte de lavis dun spécialiste. Il convient de prendre en considération si la femme reçoit une dose dentretien stable de méthadone et si elle continue de consommer des substances illicites. Si l'allaitement est envisagé, la dose de méthadone doit être aussi faible que possible. Les prescripteurs doivent conseiller aux femmes qui allaitent de surveiller le nourrisson afin de déceler tout signe de sédation et de dépression respiratoire et de contacter immédiatement un service daide médicale urgente si cela se produit. Bien que la quantité de méthadone excrétée dans le lait maternel ne soit pas suffisante pour éviter complètement les symptômes de sevrage chez les nourrissons allaités, cela peut atténuer la gravité du syndrome de sevrage néonatale. S'il est nécessaire dinterrompre l'allaitement, cela doit être fait progressivement car un sevrage brutal pourrait augmenter les symptômes de sevrage chez le nourrisson.
Fertilité
La méthadone ne semble pas altérer la fertilité féminine humaine.
Des études chez des hommes inclus dans des programmes de substitution avec la méthadone ont montré que la méthadone diminue la testostérone sérique et déprime nettement le volume de l'éjaculat et la motilité des spermatozoïdes.
4.7. Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
Les risques majeurs de ZORYON sont la dépression respiratoire et les troubles du système nerveux central (somnolence, confusion, etc.). Bien que ces risques puissent survenir avec tout opioïde, la probabilité de survenue est élevée et maximale quelques jours après linitiation du traitement pour la méthadone. Ces risques peuvent également être augmentés par les traitements concomitants (voir rubriques 4.4 et 4.5).
Chez le sujet non dépendant physiquement aux opioïdes, la méthadone entraîne les mêmes effets que tous les opioïdes.
Chez le sujet physiquement dépendant aux opioïdes, les dépressions respiratoires et les troubles du système nerveux central sont très fréquents.
Des cas fatals dingestion accidentelle, en particulier chez des enfants, ont été rapportés avec différentes formes de méthadone.
Les effets indésirables ci-dessous sont classés par système organe et par fréquence. Les fréquences issues des essais cliniques sont classées en : très fréquent (≥1/10), fréquent (≥1/100 à <1/10), peu fréquent (≥1/1 000 à <1/100), rare (≥ 1/10 000 à < 1/1 000), très rare (< 1/10 000), indéterminé (la fréquence ne peut pas être estimée sur la base des données disponibles).
Utilisation de la méthadone dans les douleurs cancéreuses
Au cours dun essai clinique évaluant la méthadone dans les douleurs cancéreuses (N= 144), les effets indésirables les plus fréquemment observés, rapportés chez plus de 10% des patients ont été : somnolence (47,2%), constipation (18,1%), vomissements (17,4%), état confusionnel (16,0%), hyperhidrose (13,2%), nausées (12,5%), myoclonies (11,1%) et surdosage (11,1%).
Le tableau ci-dessous présente les effets indésirables rapportés au cours de cet essai et considérés comme liés à la méthadone.
|
Système Organe/Classe |
Très fréquent |
Fréquent |
Peu fréquent |
|
Infections et infestations |
Infection à candida Mycose orale |
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Troubles du métabolisme et de la nutrition |
Appétit diminué |
Hypokaliémie |
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Affections psychiatriques |
Etat confusionnel |
Hallucination Anxiété Désorientation Ralentissement psychomoteur Agitation Hallucination visuelle Cauchemars Trouble du sommeil |
Hallucination auditive |
|
Affections du système nerveux |
Somnolence Myoclonie |
Tremblement Céphalée Trouble cognitif Clonus Sensation vertigineuse Sédation Perturbation de l'attention Trouble de l'équilibre Présyncope |
Altération de létat de conscience Apraxie Coma Titubation de la tête Hypersomnie Contractions musculaires involontaires Paresthésie Syncope |
|
Affections oculaires |
Myosis Trouble de l'accommodation |
Sécheresse oculaire Augmentation de la sécrétion lacrymale Vision trouble |
|
|
Affections de l'oreille et du labyrinthe |
Vertige |
||
|
Affections cardiaques |
Fibrillation auriculaire |
Arythmie Arrêt cardiaque |
|
|
Affections vasculaires |
Hypotension |
Bouffée congestive Hypotension orthostatique |
|
|
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales |
Bradypnée Rhinorrhée |
Insuffisance respiratoire aiguë Anoxie Obstruction bronchique Dyspnée Hypoxie Sécheresse nasale Arrêt respiratoire |
|
|
Affections gastro-intestinales |
Constipation Vomissements Nausées |
Bouche sèche |
Diarrhée |
|
Affections de la peau et du tissu sous-cutané |
Hyperhidrose |
Sueurs nocturnes Prurit |
Rash |
|
Affections musculo-squelettiques et systémiques |
Contractures musculaires |
Douleurs osseuses Myalgie |
|
|
Affections du rein et des voies urinaires |
Dysurie |
Incontinence urinaire |
|
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Troubles généraux et anomalies au site d'administration |
Asthénie Douleur |
Fatigue Détérioration générale de létat de santé Malaise |
|
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Investigations |
Fréquence respiratoire diminuée Intervalle QT prolongé à l'électrocardiogramme Poids abaissé |
||
|
Lésions, intoxications et complications liées aux procédures |
Chutes |
Utilisation de la méthadone dans la substitution des pharmacodépendances majeures aux opioïdes (fréquence indéterminée)
|
Système Organe/Classe |
Effets indésirables |
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Affections hématologiques et du système lymphatique |
Thrombopénie1 |
|
Affections endocriniennes |
Hyperprolactinémie2 |
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Troubles du métabolisme et de la nutrition |
Appétit diminué Hypoglycémie |
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Affections psychiatriques |
Humeur euphorique3 Insomnie Agitation Diminution de la libido Etat confusionnel Dépendance Désorientation Hallucination |
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Affections du système nerveux |
Somnolence3 Sédation3 Céphalée Sensation vertigineuse3 Syncope Convulsion |
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Affections oculaires |
Défauts visuels Myosis |
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Affections cardiaques |
Arrêt cardiaque4 Bradycardie Palpitations Torsade de pointes Tachycardie Arythmie |
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Affections vasculaires |
Hypotension4, 6 Choc4 Bouffée congestive |
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Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales |
Dépression respiratoire4 Arrêt respiratoire4 |
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Affections gastro-intestinales |
Bouche sèche Nausées3,5 Vomissement3 Constipation3,5 Douleur abdominale |
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Affections hépatobiliaires |
Douleur biliaire |
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Affections de la peau et du tissu sous-cutané |
Hyperhidrose3, 5 Prurit Rash Urticaire |
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Affections du rein et des voies urinaires |
Dysurie3 Rétention urinaire |
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Affections des organes de reproduction et du sein |
Gynécomastie Aménorrhée Dysménorrhée Dysérection Galactorrhée |
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Troubles généraux et anomalies au site dadministration |
Oedème3 Asthénie Fatigue Malaise dèmes périphériques |
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Investigations |
Intervalle QT prolongé à l'électrocardiogramme Poids augmenté |
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1 : Des cas réversibles de thrombopénie ont été rapportés chez des patients dépendants aux opioïdes avec hépatite chronique 2 : Elévation de la prolactine lors de ladministration à long terme 3 : Effets indésirables les plus fréquents chez les sujets pharmacodépendants aux opioïdes lors de la mise en place du traitement par la méthadone 4 : Effets indésirables les plus sévères 5 : Effets indésirables les plus fréquents chez les sujets pharmacodépendants aux opioïdes traités par la méthadone en phase d'entretien 6 : Symptomatique |
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Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : www.signalement-sante.gouv.fr.
Symptômes
Myosis, bradypnée sévère, dépression respiratoire, somnolence sévère pouvant évoluer en stupeur voire coma, hypotension artérielle, bradycardie.
En cas dintoxication sévère, apnée, collapsus circulatoire, arrêt cardiaque et décès peuvent survenir. Dans quelques cas, le coma peut être associé à une hypothermie.
Comme avec les autres opioïdes, des cas d'encéphalopathie ont été rapportés.
Des cas dhypoglycémie ont été rapportés.
Traitement
Un surdosage aux opioïdes est traité par ladministration dun antagoniste des récepteurs opioïdes, tel que la naloxone. La longue durée d'action de la méthadone (jusqu'à 48 heures) peut nécessiter une administration répétée dantagoniste.
Le traitement symptomatique de la dépression respiratoire et de l'hypotension doit faire appel aux mesures de réanimation habituelles.
Des cas fatals dingestion accidentelle, en particulier chez des enfants, ont été rapportés (voir section 4.4).
5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES
5.1. Propriétés pharmacodynamiques
Classe pharmacothérapeutique : Analgésiques opioïdes, code ATC : N02AC
Effets pharmacodynamiques
La méthadone est un analgésique opioïde synthétique, agoniste principalement des récepteurs opioïdes mu, mais aussi des récepteurs delta et kappa. Deux autres activités (antagonisme du N-méthyl-d-aspartate (NMDA) et inhibition de la recapture des monoamines) contribuent à ses effets analgésiques tout en limitant le phénomène de tolérance.
Efficacité et sécurité clinique
Lefficacité de la méthadone chez les patients présentant des douleurs liées à un cancer, nécessitant un changement dopioïdes en raison dune analgésie insuffisante ou dun traitement opioïde de palier III mal toléré, a été évaluée dans une étude clinique (EQUIMETH2) de phase III, multicentrique, en groupes parallèles, réalisée en ouvert, comparant la proportion de succès entre deux méthodes dadministration.
Le succès était défini selon un critère binaire incluant un soulagement adéquat de la douleur et une absence de surdosage.
Le soulagement adéquat de la douleur était défini par un score EVA <5 durant deux jours entre J1 et J4 et une diminution dau moins deux points de lEVA à J4.
Le surdosage était défini par un score de Rudkin supérieur à 3 (=Yeux fermés, répondant à lappel) ET une fréquence respiratoire < 8/min entre J1 et J4.
Au final, aucune différence statistique na été mise en évidence entre les groupes traités par les deux méthodes dadministration sur le critère primaire defficacité (39.4% et 46.6% de succès, respectivement pour le protocole « à la demande » et le protocole à dose fixe).
Respectivement 5 patients (7%) et 6 patients (8.2 %) pour les protocoles « à la demande » et à dose fixe ont rempli les critères définissant un surdosage.
Les deux protocoles utilisés sont détaillés ci-après :
Protocole par autocontrôle de la dose par le patient, sans chevauchement avec le traitement opioïde antérieur (protocole « à la demande », DEM)
Ce protocole repose sur deux principes pour éviter tout surdosage :
· Larrêt de lopioïde précédent avec relais demblée par la méthadone sans chevauchement,
· Léquilibration se fait par une administration à la demande par le patient lui-même (il ny a pas de prise imposée par un horaire régulier et le patient ne prendra une dose que sil a mal).
Modalités de conversion :
· Conversion de la posologie de lopioïde à arrêter en Morphine Equivalent Oral (MEO) selon les ratios habituels. Vérification des autres médicaments pris par le patient, susceptibles de pouvoir interagir avec la méthadone,
· Arrêt de lopioïde précédent et administration de la méthadone demblée, à la demande, jusquà équilibration du traitement qui advient entre le 4ème et le 6ème jour,
· La dose unitaire de méthadone représente 10 % de la dose en MEO par 24h, sans dépasser 30 mg par prise,
· Après une 1ère dose, une 2ème dose peut être administrée au bout dune heure en cas de douleur résiduelle, sans dépasser 6 prises/jour,
· Une évaluation quotidienne est nécessaire : si le patient a pris plus de 3 doses par 24 heures la dose unitaire est augmentée de 30 à 50%,
· A partir du 6ème jour, possibilité de passer à 2 prises par jour en cas de dose stable depuis 48 heures. La dose des 48 heures divisée par 4 sera administrée toutes les 12 heures. De plus, en cas de nécessité dinterdose, 1/6ème de la dose fixe des 24 h pourra être administrée toutes les 3 heures.
Protocole de conversion à dose fixe avec chevauchement avec le traitement opioïde antérieur (3DS):
Ce protocole repose sur le principe dun relais progressif pour éviter un syndrome de sevrage lié à larrêt de lopioïde antérieur.
Modalités de conversion :
· Conversion de la posologie de lopioïde à arrêter en Morphine Equivalent Oral (MEO) selon les ratios habituels. Vérification des autres médicaments pris par le patient susceptibles de pouvoir interagir avec la méthadone (voir rubrique 4.5),
· Utilisation dun ratio de conversion (MEO: méthadone) variable selon la posologie en MEO de lancien opioïde :
o 4:1 pour les patients qui recevaient entre 30 et 90 mg en MEO par jour (diviser par la dose MEO pour obtenir la dose de méthadone à administrer),
o 6:1 pour les patients qui recevaient entre 90 et 300 mg en MEO par jour,
o 8:1 pour les patients qui recevaient plus de 300 mg en MEO par jour,
· Répartition de la méthadone en 3 prises (dose de 24 h/3) par voie orale sur 24 heures sans dépasser 30 mg par prise,
· Diminution de 50% de la posologie de lancien opioïde au moment de la rotation et à nouveau le lendemain puis arrêt. Il existe un chevauchement des deux opioïdes pendant deux jours (pour éviter un syndrome de sevrage du premier opioïde et laisser le temps à la méthadone de saturer les graisses).
· Possibilité pour le patient davoir 3 doses supplémentaires de même posologie de méthadone que la titration en cas de réapparition de la douleur de J1 à J3,
· Evaluation du risque de surdosage à J4 J5, en particulier somnolence et fréquence respiratoire. Adaptation de la posologie de méthadone en fonction de la qualité du soulagement et de la tolérance et maintien de 3 prises par jour.
5.2. Propriétés pharmacocinétiques
Du fait de son caractère liposoluble, la méthadone administrée par voie orale est bien absorbée par le tube digestif, le pic plasmatique est observé 2,5 à 4 heures après ladministration. Elle subit un effet de premier passage hépatique.
Distribution
La méthadone se lie à l'albumine et aux autres protéines plasmatiques et tissulaires, ce qui peut expliquer ses effets cumulatifs et sa lente vitesse d'élimination (son taux de fixation aux protéines plasmatiques est de 60% à 90%). Les concentrations tissulaires en méthadone (poumon, foie, rein) sont supérieures à la concentration plasmatique. Elle diffuse à travers le placenta et est excrétée dans le lait. Sa demi-vie plasmatique est très variable dun patient à lautre : des demi-vies de 12 à plusieurs dizaines dheures ont été rapportées.
Biotransformation
La méthadone est métabolisée principalement au niveau hépatique où elle subit une N-déméthylation et une cyclisation sans conjugaison. Les métabolites sont inactifs.
Des études in vitro et in vivo ont montré que le cytochrome P3A4 a peu dinfluence sur la distribution, le métabolisme et la clairance de la méthadone. Par ailleurs, les cytochromes CYP2B6 et CYP2C19 ont des effets stéréosélectifs sur son métabolisme, le CYP2B6 métabolisant préférentiellement la S-méthadone et le CYP2C19 la R-méthadone. Le métabolisme de la méthadone dépend principalement de lisoenzyme CYP2B6; la pertinence clinique de leffet des substances inhibant cette isoenzyme est incertaine.
Élimination
La méthadone est excrétée par filtration glomérulaire puis subit une réabsorption rénale. Sa clairance rénale diminue avec laugmentation du pH urinaire.
L'excrétion urinaire est dose-dépendante et représente la voie principale d'élimination. Après l'administration d'une dose unique de méthadone, 20% sont excrétés dans les urines sous forme inchangée et 13% sous forme métabolisée. 20 à 40% de la dose initiale sont également excrétés dans les fèces sous forme métabolisée via la bile. La méthadone peut être trouvée dans la sueur et la salive.
5.3. Données de sécurité préclinique
Dans une étude de toxicité dun an chez le chien, la méthadone administrée en gélules, à des doses quotidiennes comprises entre 5 et 20 mg/kg, a entraîné une réduction de la prise de poids, une sédation liée à la dose, une salivation excessive et des vomissements, une hyperirritabilité, une augmentation du rythme cardiaque et du complexe ventriculaire. Ces changements ont disparu dans la période de récupération. À la dose la plus élevée, les changements à l'électrocardiogramme étaient encore perceptibles après 6 semaines de récupération. Aucune modification histopathologique du cur na été observée au moment du sacrifice. Après 6 et 12 mois de traitement, aucune anomalie na été observée au niveau du poids des organes, pathologie ou histopathologie quelle que soit la dose.
Carcinogénèse
Une étude de carcinogénèse réalisée chez la souris a montré une augmentation significative des adénomes hypophysaires à 15 mg/kg/jour, mais pas à 60 mg/kg/jour.
Une étude de carcinogénèse réalisée chez le rat na pas montré d'augmentation de l'incidence des tumeurs liées au traitement, chez les rats mâles ou femelles.
Mutagénèse
La méthadone a montré une certaine activité génotoxique dans des essais in vitro, mais surtout dans des tests non validés et/ou à un niveau excessif de toxicité. Elle semblait être mutagène dans des essais in vivo chez la souris, mais pas chez le rat. Aucune conclusion finale ne peut être tirée concernant le potentiel génotoxique et l'extrapolation de ces données à lhomme est difficile.
Fertilité
Des études publiées montrent que le traitement par la méthadone de rats mâles peut altérer la fonction de reproduction. La méthadone produit une régression significative des organes sexuels secondaires et des testicules de souris et de rats mâles.
Enveloppe de la gélule : gélatine, dioxyde de titane (E171), oxydes de fer (E172) rouge, noir et jaune (uniquement pour la coiffe).
3 ans
6.4. Précautions particulières de conservation
A conserver à une température ne dépassant pas 30°C.
6.5. Nature et contenu de l'emballage extérieur
7 gélules sous plaquette thermoformée sécurisée (PVC/PVDC/Aluminium)
14 gélules sous plaquette thermoformée sécurisée (PVC/PVDC/Aluminium)
21 gélules sous plaquette thermoformée sécurisée (PVC/PVDC/Aluminium)
28 gélules sous plaquette thermoformée sécurisée (PVC/PVDC/Aluminium)
35 gélules sous plaquette thermoformée sécurisée (PVC/PVDC/Aluminium)
42 gélules sous plaquette thermoformée sécurisée (PVC/PVDC/Aluminium)
Toutes les présentations peuvent ne pas être commercialisées.
6.6. Précautions particulières délimination et de manipulation
Les gélules ne doivent jamais être déconditionnées à lavance de la plaquette thermoformée et doivent être avalées immédiatement après déconditionnement de la plaquette thermoformée (voir rubriques 4.4 et 4.8).
Découper une unité de la plaquette thermoformée.
Peler chaque unité à partir du coin non scellé pour accéder à la feuille daluminium qui peut être percée afin de libérer la gélule.
Tout médicament non utilisé ou déchet doit être éliminé conformément à la réglementation en vigueur.
7. TITULAIRE DE LAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
ASSISTANCE PUBLIQUE-HOPITAUX DE PARIS
3, AVENUE VICTORIA
75184 PARIS CEDEX 04
8. NUMERO(S) DAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
· 34009 301 679 7 7 : 7 gélules sous plaquette thermoformée sécurisée (PVC/PVDC/Aluminium)
· 34009 301 679 8 4 : 14 gélules sous plaquette thermoformée sécurisée (PVC/PVDC/Aluminium)
· 34009 301 679 9 1 : 21 gélules sous plaquette thermoformée sécurisée (PVC/PVDC/Aluminium)
· 34009 301 680 1 1 : 28 gélules sous plaquette thermoformée sécurisée (PVC/PVDC/Aluminium)
· 34009 550 615 0 2 : 35 gélules sous plaquette thermoformée sécurisée (PVC/PVDC/Aluminium)
· 34009 550 615 1 9 : 42 gélules sous plaquette thermoformée sécurisée (PVC/PVDC/Aluminium)
9. DATE DE PREMIERE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE LAUTORISATION
10. DATE DE MISE A JOUR DU TEXTE
Sans objet.
12. INSTRUCTIONS POUR LA PREPARATION DES RADIOPHARMACEUTIQUES
Médicament soumis à prescription initiale hospitalière.
Médicament nécessitant une surveillance particulière pendant le traitement.
Stupéfiant. Prescription sur ordonnances sécurisées. Prescription limitée à 28 jours. Délivrance fractionnée par périodes de 7 jours maximum. Le prescripteur peut néanmoins préciser sur l'ordonnance la durée de chaque fraction, ou exclure le fractionnement en portant sur l'ordonnance la mention «délivrance en une seule fois», ou préciser que la dispensation doit se faire quotidiennement.
La délivrance est effectuée par une pharmacie de ville
Médicaments liés cités dans ce texte
- ZORYON 10 mg, gélule
- CHLORHYDRATE DE METHADONE ASSISTANCE PUBLIQUE-HOPITAUX DE PARIS 10 mg/7,5 ml, sirop en récipient unidose
- BUPRENORPHINE ARROW 0,4 mg, comprimé sublingual
- NALBUPHINE MYLAN 20 mg/2 ml, solution injectable (I.V.-S.C.-I.M.)
- NALTREXONE ACCORD 50 mg, comprimé pelliculé sécable
- CITALOPRAM ALMUS 20 mg, comprimé pelliculé sécable
- ESCITALOPRAM ALMUS 10 mg, comprimé pelliculé sécable
- DOMPERIDONE ALMUS 10 mg, comprimé pelliculé
- ATARAX 25 mg, comprimé pelliculé sécable
- OXYBATE DE SODIUM KALCEKS 500 mg/mL, solution buvable
- ISORYTHM L.P. 125 mg, gélule à libération prolongée
- SERECOR 300 mg, gélule à libération prolongée
- AMIODARONE ALMUS 200 mg, comprimé sécable
- SOTALEX 160 mg, comprimé sécable
- EGERY, microgranules gastro-résistants en gélule
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