VORICONAZOLE OHRE PHARMA 200 mg, comprimé pelliculé
CIS 68609125
Informations à jour au 22 décembre 2021.Version vérifiée par justelesRCP le 2 mai 2022.
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ANSM - Mis à jour le : 22/12/2021
VORICONAZOLE OHRE PHARMA 200 mg, comprimé pelliculé
2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE
Chaque comprimé pelliculé contient 200 mg de voriconazole.
Excipient(s) à effet notoire :
Chaque comprimé pelliculé contient 235,08 mg de lactose monohydraté.
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.
Comprimé pelliculé blanc à blanc cassé, ovale, biconvexe, portant linscription « V200 » gravée sur une face, de 15,7 ± 0,2 mm de longueur et 7,9 ± 0,2 mm de largeur.
4.1. Indications thérapeutiques
Traitement des aspergilloses invasives.
Traitement des candidémies chez les patients non neutropéniques.
Traitement des infections invasives graves à Candida (y compris C. krusei) résistant au fluconazole.
Traitement des infections fongiques graves à Scedosporium spp. ou Fusarium spp.
VORICONAZOLE OHRE PHARMA doit être principalement administré aux patients, atteints d'infections évolutives, pouvant menacer le pronostic vital.
Prophylaxie des infections fongiques invasives chez les receveurs dune allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (GCSH) à haut risque.
4.2. Posologie et mode d'administration
Les perturbations électrolytiques telles qu'une hypokaliémie, une hypomagnésémie et une hypocalcémie doivent être surveillées et corrigées, si nécessaire, avant le début et pendant le traitement par voriconazole (voir rubrique 4.4).
VORICONAZOLE OHRE PHARMA est aussi disponible en poudre pour solution pour perfusion dosée à 200 mg.
Traitement
Adultes
Le traitement doit être débuté avec soit la dose de charge spécifique de la forme intraveineuse ou celle de la forme orale de VORICONAZOLE OHRE PHARMA, afin dobtenir le premier jour des concentrations plasmatiques proches de létat déquilibre. Compte tenu de la biodisponibilité orale élevée (96 % ; voir rubrique 5.2), le relais par la forme orale peut se faire quand le tableau clinique le permettra.
Des informations détaillées sur les recommandations posologiques figurent dans le tableau suivant :
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Voie intraveineuse |
Voie orale |
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Patients de 40 kg et plus* |
Patients de moins de 40 kg* |
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Dose de charge (pendant les premières 24 heures) |
6 mg/kg toutes les 12 heures |
400 mg toutes les 12 heures |
200 mg toutes les 12 heures |
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Dose dentretien (après les premières 24 heures) |
4 mg/kg deux fois par jour |
200 mg deux fois par jour |
100 mg deux fois par jour |
*Cela sapplique également aux patients âgés de 15 ans et plus.
Durée du traitement
La durée du traitement doit être la plus courte possible en fonction de la réponse clinique et mycologique observée chez le patient. Une exposition au long cours au voriconazole sur une durée supérieure à 180 jours (6 mois) nécessite une évaluation attentive du rapport bénéfice-risque (voir rubriques 4.4 et 5.1).
Adaptation de la dose (Adultes)
Si la réponse du patient au traitement nest pas suffisante, la dose dentretien peut être augmentée à 300 mg deux fois par jour pour ladministration orale. Chez les patients de moins de 40 kg, la dose orale peut être augmentée à 150 mg deux fois par jour.
Si le patient ne tolère pas le traitement à une dose plus forte, réduire la dose orale par paliers de 50 mg pour revenir à la dose dentretien de 200 mg deux fois par jour (ou 100 mg deux fois par jour chez les patients de moins de 40 kg).
En cas dutilisation en prophylaxie, voir ci-dessous.
Enfants (de 2 à < 12 ans) et jeunes adolescents de poids faible (de 12 à 14 ans et < 50 kg)
Pour les jeunes adolescents de poids faible (de 12 à 14 ans et < 50 kg), la dose de voriconazole doit être la même que pour les enfants car leur métabolisme du voriconazole est plus proche de celui des enfants que de celui des adultes.
La posologie recommandée est la suivante :
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Voie intraveineuse |
Voie orale |
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Dose de charge (pendant les premières 24 heures) |
9 mg/kg toutes les 12 heures |
Non recommandée |
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Dose dentretien (après les premières 24 heures) |
8 mg/kg deux fois par jour |
9 mg/kg deux fois par jour (dose maximale de 350 mg deux fois par jour) |
Note : Selon une analyse pharmacocinétique de population réalisée chez 112 enfants immunodéprimés âgés de 2 à < 12 ans et 26 adolescents immunodéprimés âgés de 12 à < 17 ans.
Il est recommandé dinitier le traitement par voie intraveineuse. La voie orale doit être envisagée uniquement après une amélioration clinique significative. Il doit être noté quune dose intraveineuse de 8 mg/kg conduira à une exposition au voriconazole environ 2 fois plus élevée quune dose orale de 9 mg/kg.
Ces recommandations posologiques pour la forme orale chez les enfants sont basées sur des études dans lesquelles voriconazole a été administré sous forme de poudre pour suspension buvable. La bioéquivalence entre la poudre pour suspension buvable et les comprimés n'a pas été étudiée dans une population pédiatrique. Compte tenu d'un temps de transit gastro-intestinal supposé limité chez les enfants, l'absorption des comprimés peut être différente chez les enfants par rapport aux patients adultes. Il est par conséquent recommandé dutiliser la forme suspension buvable chez les enfants âgés de 2 à < 12 ans.
Tous les autres adolescents (de 12 à 14 ans et ≥ 50 kg ; de 15 à 17 ans sans condition de poids)
La dose de voriconazole est la même que chez les adultes.
Adaptation de la posologie (Enfants [de 2 à < 12 ans] et jeunes adolescents de poids faible [de 12 à 14 ans et < 50 kg])
Si la réponse du patient au traitement est insuffisante, la posologie peut être augmentée par paliers de 1 mg/kg (ou par paliers de 50 mg si la dose orale maximale de 350 mg était utilisée initialement). Si le patient ne tolère pas le traitement, réduire la posologie par paliers de 1 mg/kg (ou par paliers de 50 mg si la dose orale maximale de 350 mg était utilisée initialement).
L'utilisation chez les enfants âgés de 2 à < 12 ans ayant une insuffisance hépatique ou rénale n'a pas été étudiée (voir rubriques 4.8 et 5.2).
Prophylaxie chez les Adultes et les Enfants
La prophylaxie doit être instaurée le jour de la greffe et peut être administrée jusquà 100 jours après celle-ci. Elle doit être aussi courte que possible, sa durée dépendant du risque de développement dune infection fongique invasive (IFI), défini par une neutropénie ou une immunosuppression. Elle ne peut être poursuivie jusquà 180 jours après la greffe quen cas dimmunosuppression persistante ou de réaction du greffon contre lhôte (GVHD) (voir rubrique 5.1).
Posologie
La posologie recommandée pour la prophylaxie est la même que pour le traitement dans les groupes dâges respectifs. Voir les tableaux de traitement ci-dessus.
Durée de la prophylaxie
La sécurité demploi et lefficacité du voriconazole utilisé au-delà de 180 jours nont pas été étudiées de manière adéquate dans les essais cliniques.
Lutilisation du voriconazole en prophylaxie pendant plus de 180 jours (6 mois) nécessite une évaluation attentive du rapport bénéfice-risque (voir rubriques 4.4 et 5.1).
Les instructions suivantes s'appliquent à la fois au Traitement curatif et à la Prophylaxie.
Adaptation posologique
Pour une utilisation prophylactique, les adaptations posologiques ne sont pas recommandées en cas defficacité insuffisante ou dévénements indésirables liés au traitement. En cas dévénements indésirables liés au traitement, larrêt du voriconazole et le recours à dautres agents antifongiques doivent être envisagés (voir rubriques 4.4 et 4.8).
Adaptations posologiques en cas de co-administration
La phénytoïne peut être administrée simultanément au voriconazole si la dose dentretien du voriconazole est augmentée de 200 mg à 400 mg par voie orale, deux fois par jour (de 100 mg à 200 mg par voie orale, deux fois par jour chez les patients de moins de 40 kg), voir rubriques 4.4 et 4.5.
Lassociation du voriconazole avec la rifabutine doit si possible être évitée. Cependant, si lassociation est absolument nécessaire, la dose dentretien du voriconazole peut être augmentée de 200 mg à 350 mg par voie orale, deux fois par jour (de 100 mg à 200 mg par voie orale, deux fois par jour chez les patients de moins de 40 kg), voir rubriques 4.4 et 4.5.
Léfavirenz peut être administré simultanément au voriconazole si la dose dentretien du voriconazole est augmentée à 400 mg toutes les 12 heures et si la dose défavirenz est diminuée de 50 %, soit à 300 mg une fois par jour. Lorsque le traitement par voriconazole est arrêté, la dose initiale défavirenz doit être rétablie (voir rubriques 4.4 et 4.5).
Sujets âgés
Aucune adaptation de la posologie nest nécessaire chez les patients âgés (voir rubrique 5.2).
Insuffisance rénale
La pharmacocinétique du voriconazole administré par voie orale nest pas modifiée en cas dinsuffisance rénale. Par conséquent, aucune adaptation posologique nest nécessaire pour ladministration orale chez les patients présentant une insuffisance rénale légère à sévère (voir rubrique 5.2).
Le voriconazole est hémodialysé à une clairance de 121 mL/min. Une hémodialyse de 4 heures nélimine pas une quantité suffisante de voriconazole pour justifier une adaptation posologique.
Insuffisance hépatique
Il est recommandé d'utiliser les doses de charge standards mais de diviser par deux la dose dentretien chez les patients atteints d'une cirrhose hépatique légère à modérée (Child-Pugh A et B) recevant du voriconazole (voir rubrique 5.2).
Le voriconazole na pas été étudié chez les patients atteints dune cirrhose hépatique chronique sévère (Child-Pugh C).
On ne dispose que de données limitées sur la sécurité de voriconazole chez les patients présentant des valeurs anormales des tests de la fonction hépatique (aspartate aminotransférase [ASAT], alanine aminotransférase [ALAT], phosphatase alcaline [PAL] ou bilirubine totale > 5 fois la limite supérieure de la normale).
Le voriconazole a été associé à des élévations des résultats des tests de la fonction hépatique et à des signes cliniques de lésions hépatiques, comme lictère et doit être utilisé chez les patients atteints dune insuffisance hépatique sévère seulement si les bénéfices attendus sont supérieurs aux risques encourus. Les patients atteints dune insuffisance hépatique grave doivent être étroitement surveillés en raison de la toxicité du médicament (voir rubrique 4.8).
Population pédiatrique
La sécurité et lefficacité de Voriconazole chez les enfants de moins de 2 ans nont pas été établies. Les données actuellement disponibles sont décrites aux rubriques 4.8 et 5.1 mais aucune recommandation sur la posologie ne peut être donnée.
Mode dadministration
Les comprimés pelliculés de VORICONAZOLE OHRE PHARMA doivent être pris au moins une heure avant ou une heure après un repas.
Hypersensibilité à la substance active ou à lun des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.
Administration concomitante avec des substrats du CYP3A4, la terfénadine, lastémizole, le cisapride, le pimozide, la quinidine ou livabradine car une élévation des concentrations plasmatiques de ces médicaments peut entraîner un allongement de lintervalle QTc et de rares épisodes de torsades de pointes (voir rubrique 4.5).
Administration concomitante avec la rifampicine, la carbamazépine ou le phénobarbital car ces médicaments sont susceptibles de diminuer de manière significative les concentrations plasmatiques de voriconazole (voir rubrique 4.5).
Ladministration concomitante de doses standards de voriconazole avec des doses défavirenz supérieures ou égales à 400 mg une fois par jour est contre-indiquée car léfavirenz diminue significativement les concentrations plasmatiques de voriconazole chez les sujets sains à ces doses. Le voriconazole est également responsable dune augmentation significative des concentrations plasmatiques défavirenz (voir rubrique 4.5, pour des doses plus faibles voir rubrique 4.4).
Administration concomitante avec des doses élevées de ritonavir (400 mg et plus deux fois par jour) car le ritonavir diminue significativement les concentrations plasmatiques de voriconazole chez les sujets sains à cette dose (voir rubrique 4.5, pour des doses plus faibles voir rubrique 4.4).
Administration concomitante avec des alcaloïdes de lergot de seigle (ergotamine, dihydroergotamine), substrats du CYP3A4, car une élévation des concentrations plasmatiques de ces médicaments peut entraîner de lergotisme (voir rubrique 4.5).
Administration concomitante avec le sirolimus, car le voriconazole est susceptible daugmenter de manière significative les concentrations plasmatiques de sirolimus (voir rubrique 4.5).
Administration concomitante avec le millepertuis (Hypericum perforatum) (voir rubrique 4.5).
Administration concomitante avec le vénétoclax au début du traitement et pendant la phase de titration de dose de vénétoclax car le voriconazole est susceptible daugmenter significativement les concentrations plasmatiques de vénétoclax et daugmenter le risque de syndrome de lyse tumorale (voir rubrique 4.5).
4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi
Il convient dêtre prudent en cas dadministration de voriconazole chez des patients ayant présenté des réactions dhypersensibilité à dautres azolés (voir aussi rubrique 4.8).
Système cardiovasculaire
Le voriconazole, a été associé à un allongement de l'intervalle QTc. De rares cas de torsades de pointes ont été rapportés chez des patients traités par voriconazole présentant des facteurs de risque ayant pu y contribuer tels que des antécédents de chimiothérapie cardiotoxique, de cardiomyopathie, dhypokaliémie et la prise de médicaments concomitants. Le voriconazole doit être administré avec prudence chez les patients présentant des conditions potentiellement pro-arythmogènes, telles que :
· Allongement du QTc congénital ou acquis.
· Cardiomyopathie, en particulier en présence dune insuffisance cardiaque.
· Bradycardie sinusale.
· Présence darythmie symptomatique.
· Médicament concomitant connu pour allonger lintervalle QTc. Les perturbations électrolytiques telles qu'une hypokaliémie, une hypomagnésémie et une hypocalcémie doivent être surveillées et corrigées, si nécessaire, avant le début et au cours du traitement par voriconazole (voir rubrique 4.2). Une étude a évalué chez des volontaires sains l'effet sur lintervalle QTc de doses uniques de voriconazole allant jusquà 4 fois la dose journalière usuelle. Aucun patient na présenté dintervalle dépassant la valeur seuil de 500 msec, valeur pouvant être cliniquement significative (voir rubrique 5.1).
Toxicité hépatique
Au cours des essais cliniques, des cas de réactions hépatiques sévères sont survenus lors du traitement par voriconazole (y compris hépatite clinique, cholestase et insuffisance hépatique fulminante, incluant des décès). Les cas de réactions hépatiques ont été observés principalement chez des patients présentant d'autres affections sous-jacentes graves (principalement hémopathies malignes). Des réactions hépatiques transitoires, comme des hépatites et des ictères sont survenues chez des patients ne présentant pas dautre facteur de risque identifiable. Les troubles hépatiques ont généralement été réversibles à larrêt du traitement (voir rubrique 4.8).
Surveillance de la fonction hépatique
Il convient de surveiller étroitement lapparition dune toxicité hépatique chez les patients recevant voriconazole. La prise en charge des patients doit inclure une évaluation en laboratoire de la fonction hépatique (en particulier de l'ASAT et de l'ALAT) au début du traitement par voriconazole et au moins une fois par semaine pendant le premier mois de traitement. La durée du traitement doit être aussi courte que possible. Cependant, si, après évaluation du rapport bénéfice-risque, le traitement est poursuivi (voir rubrique 4.2), la fréquence de la surveillance pourra être diminuée à une fois par mois si aucune modification des tests de la fonction hépatique n'est observée.
En cas délévation significative des tests de la fonction hépatique, le traitement par voriconazole doit être interrompu, à moins que l'évaluation médicale du rapport bénéfice-risque du traitement ne justifie sa poursuite.
La surveillance de la fonction hépatique doit être effectuée chez les enfants et les adultes.
Effets indésirables cutanés graves
· Phototoxicité
Voriconazole a également été associé à des cas de phototoxicité, incluant des réactions telles quéphélides, lentigo, kératose actinique et des cas de pseudo-porphyrie. Il est recommandé à tous les patients, y compris les enfants, de ne pas sexposer au soleil pendant le traitement par voriconazole et de prendre des mesures appropriées telles que le port de vêtements pour se protéger ou lutilisation décrans solaires ayant un indice de protection (IP) élevé.
· Carcinomes épidermoïdes cutanés (CEC)
Des cas de carcinomes épidermoïdes cutanés ont été rapportés chez des patients, certains dentre eux avaient rapporté des réactions phototoxiques auparavant. En cas de survenue de réactions phototoxiques, un avis pluridisciplinaire doit être demandé. Larrêt de voriconazole et le recours à dautres agents antifongiques doivent être envisagés et le patient doit être adressé à un dermatologue. Un bilan dermatologique doit être pratiqué de façon systématique et régulière, si le traitement par voriconazole est poursuivi malgré l'apparition de lésions associées à une phototoxicité, afin de permettre le dépistage et la prise en charge précoces de lésions précancéreuses. Voriconazole doit être arrêté en présence de lésions cutanées précancéreuses ou dun carcinome épidermoïde de la peau (voir ci-dessous la rubrique sous Traitement à long terme).
· Réactions indésirables cutanées sévères
Des réactions cutanées graves telles que le syndrome de Stevens-Johnson (SSJ), la nécrolyse épidermique toxique (NET) (syndrome de Lyell) et le syndrome dhypersensibilité médicamenteuse avec éosinophilie et symptômes systémiques (Syndrome DRESS) pouvant menacer le pronostic vital ou dissue fatale, ont été rapportés suite à lutilisation du voriconazole. En cas déruption cutanée, le patient doit être étroitement surveillé et voriconazole doit être interrompu si les lésions progressent.
Événements corticosurrénaliens
Une insuffisance corticosurrénalienne a été rapportée chez des patients recevant dautres azolés (par exemple, le kétoconazole).
Des cas réversibles dinsuffisance corticosurrénalienne ont été rapportés chez des patients recevant du voriconazole.
Les patients sous traitement au long cours par voriconazole et corticostéroïdes (incluant les corticostéroïdes par voie inhalée tels que le budésonide et les corticostéroïdes par voie intranasale) doivent être étroitement surveillés en vue de détecter tout dysfonctionnement de la corticosurrénale, tant pendant le traitement que lors de larrêt du voriconazole (voir rubrique 4.5).
Traitement à long terme
Une exposition au long cours au voriconazole (traitement curatif ou prophylactique) sur une durée supérieure à 180 jours (6 mois) nécessite une évaluation attentive du rapport bénéfice/risque. Les médecins doivent par conséquent envisager la nécessité de limiter lexposition à voriconazole (voir rubriques 4.2 et 5.1).
Des carcinomes épidermoïdes cutanés (CEC) ont été rapportés liés à un traitement par voriconazole à long terme.
Des cas de périostite non infectieuse avec élévation des taux de fluorure et de phosphatases alcalines ont été rapportés chez des patients transplantés. Si un patient développe une douleur osseuse et présente des clichés radiologiques compatibles avec une périostite, larrêt de voriconazole doit être envisagé après avis pluridisciplinaire.
Effets indésirables visuels
Des cas deffets indésirables visuels prolongés ont été rapportés, incluant une vision trouble, une névrite optique et un dème papillaire (voir rubrique 4.8).
Effets indésirables rénaux
Des cas dinsuffisance rénale aiguë ont été observés chez des patients atteints de pathologies graves traités par voriconazole. Les patients sous voriconazole sont susceptibles dêtre traités simultanément par des médicaments néphrotoxiques et de présenter des affections concomitantes pouvant conduire à une altération de la fonction rénale (voir rubrique 4.8).
Surveillance de la fonction rénale
Les patients doivent être surveillés afin de détecter toute anomalie de la fonction rénale. Cette surveillance doit comprendre une évaluation en laboratoire, en particulier de la créatinine sérique.
Surveillance de la fonction pancréatique
Les patients, particulièrement les enfants, qui présentent des facteurs de risque de pancréatite aiguë (par exemple chimiothérapie récente, greffe de cellules souches hématopoïétiques [GCSH]), doivent être étroitement surveillés pendant le traitement par voriconazole. La surveillance de lamylase ou de la lipase sérique est à envisager dans cette situation clinique.
Population pédiatrique
La sécurité et lefficacité chez les enfants de moins de deux ans nont pas été établies (voir rubriques 4.8 et 5.1). Le voriconazole est indiqué chez les enfants à partir de deux ans. Une fréquence accrue délévations des enzymes hépatiques a été observée dans la population pédiatrique (voir rubrique 4.8). La fonction hépatique doit être surveillée chez les enfants et les adultes. La biodisponibilité orale peut être limitée chez les enfants âgés de 2 à < 12 ans qui souffrent de malabsorption et qui présentent un très faible poids corporel pour leur âge. Dans ce cas, l'administration du voriconazole par voie intraveineuse est recommandée.
· Effets indésirables cutanés graves (incluant CEC)
La fréquence des réactions de phototoxicité est plus élevée dans la population pédiatrique. Lévolution vers un CEC ayant été rapportée, des mesures strictes de photoprotection sont nécessaires dans cette population de patients. Chez les enfants présentant des lésions de photovieillissement telles que des lentigos ou des éphélides, il est recommandé déviter de sexposer au soleil et deffectuer une surveillance dermatologique, même après larrêt du traitement.
Prophylaxie
En cas dévénements indésirables liés au traitement (hépatotoxicité, réactions cutanées sévères incluant une phototoxicité et un CEC, troubles visuels prolongés ou sévères et périostite), larrêt du voriconazole et le recours à dautres agents antifongiques doivent être envisagés.
Phénytoïne (substrat de lisoenzyme CYP2C9 et inducteur puissant du CYP450)
Une surveillance étroite des concentrations de phénytoïne est recommandée en cas dadministration concomitante avec la phénytoïne et le voriconazole. Ladministration concomitante de voriconazole et de phénytoïne doit être évitée sauf si le bénéfice attendu est supérieur au risque encouru (voir rubrique 4.5).
Efavirenz (inducteur du CYP450 ; inhibiteur et substrat du CYP3A4)
Lors de l'administration concomitante de voriconazole et défavirenz, la dose de voriconazole doit être augmentée à 400 mg toutes les 12 heures et la dose défavirenz doit être diminuée à 300 mg toutes les 24 heures (voir rubriques 4.2, 4.3 et 4.5).
Rifabutine (inducteur puissant du CYP450)
Une surveillance étroite de la numération globulaire complète et des effets indésirables liés à la rifabutine (par exemple uvéite) est recommandée en cas dadministration concomitante de rifabutine et de voriconazole. Ladministration concomitante de voriconazole et de rifabutine doit être évitée sauf si le bénéfice attendu est supérieur au risque encouru (voir rubrique 4.5).
Ritonavir (inducteur puissant du CYP450 ; inhibiteur et substrat du CYP3A4)
Ladministration concomitante de voriconazole et de ritonavir à faible dose (100 mg deux fois par jour) doit être évitée sauf si une évaluation du rapport bénéfice/risque pour le patient justifie lutilisation du voriconazole (voir rubriques 4.3 et 4.5).
Evérolimus (substrat du CYP3A4, substrat de la glycoprotéine P)
Ladministration concomitante de voriconazole et dévérolimus nest pas recommandée car il est attendu que le voriconazole augmente significativement les concentrations dévérolimus. Les données sont actuellement insuffisantes pour recommander une adaptation posologique dans cette situation (voir rubrique 4.5).
Naloxégol (substrat du CYP3A4)
Ladministration concomitante de voriconazole et de naloxégol nest pas recommandée car il est attendu que le voriconazole augmente significativement les concentrations de naloxégol. Les données sont actuellement insuffisantes pour recommander une adaptation posologique du naloxégol dans cette situation (voir rubrique 4.5).
Méthadone (substrat du CYP3A4)
Une surveillance fréquente des effets indésirables et de la toxicité liés à la méthadone, incluant un allongement de lintervalle QTc, est recommandée en cas dadministration concomitante avec le voriconazole, en raison de laugmentation des taux de méthadone après administration concomitante avec le voriconazole. Une réduction de la posologie de la méthadone peut être nécessaire (voir rubrique 4.5).
Opiacés daction rapide (substrat du CYP3A4)
Une réduction de la dose dalfentanil, de fentanyl et des autres opiacés daction rapide, de structure similaire à lalfentanil et métabolisés par le CYP3A4 (par exemple sufentanil) doit être envisagée lors de ladministration concomitante avec le voriconazole (voir rubrique 4.5). Puisque ladministration concomitante de lalfentanil avec le voriconazole prolonge la demi-vie de lalfentanil de 4 fois et que daprès la publication dune étude indépendante, ladministration concomitante de voriconazole et de fentanyl a entraîné une augmentation de lASC 0-∞ moyenne du fentanyl, une surveillance fréquente des effets indésirables associés aux opiacés (incluant une plus longue période de surveillance respiratoire) peut être nécessaire.
Opiacés daction longue (substrat du CYP3A4)
Une réduction de la dose doxycodone et des autres opiacés daction longue métabolisés par le CYP3A4 (par exemple hydrocodone) doit être envisagée lors de ladministration concomitante avec le voriconazole. Une surveillance fréquente des effets indésirables associés aux opiacés peut être nécessaire (voir rubrique 4.5).
Fluconazole (inhibiteur du CYP2C9, CYP2C19 et du CYP3A4)
Ladministration orale concomitante du voriconazole et du fluconazole a entraîné une augmentation significative de la Cmax et de lASCτ du voriconazole chez des sujets sains. La réduction de la dose et/ou de la fréquence du voriconazole et du fluconazole qui permettrait déliminer cet effet na pas été établie. Une surveillance des effets indésirables associés au voriconazole est recommandée lorsque le voriconazole est administré à la suite du fluconazole (voir rubrique 4.5).
Les comprimés de VORICONAZOLE OHRE PHARMA contiennent du lactose. Les patients présentant de rares troubles héréditaires dintolérance au galactose, un déficit total en lactase ou une malabsorption du glucose-galactose ne doivent pas prendre ce médicament.
Les comprimés de VORICONAZOLE OHRE PHARMA contiennent du sodium. Ce médicament contient moins de 1 mmol de sodium (23 mg) par comprimé pelliculé, cest-à-dire essentiellement « sans sodium ».
4.5. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions
Sauf spécification contraire, les études sur les interactions médicamenteuses avec dautres médicaments ont été conduites chez des sujets sains adultes de sexe masculin après administrations multiples de 200 mg de voriconazole par voie orale deux fois par jour jusquà l'obtention de létat déquilibre des concentrations plasmatiques. Ces résultats sont applicables aux autres populations et aux autres voies dadministration.
Le voriconazole doit être administré avec prudence chez les patients ayant un traitement concomitant connu pour allonger lintervalle QTc. Ladministration concomitante est contre-indiquée lorsquil existe également un risque que le voriconazole augmente les concentrations plasmatiques des substances métabolisées par les isoenzymes du CYP3A4 (certains antihistaminiques, la quinidine, le cisapride, le pimozide et livabradine) (voir ci-dessous et rubrique 4.3).
Tableau des interactions
Les interactions entre le voriconazole et dautres médicaments sont mentionnées dans le tableau ci-dessous. La direction de la flèche pour chaque paramètre pharmacocinétique est basée sur la valeur de lintervalle de confiance à 90 % du ratio de la moyenne géométrique, située à lintérieur (↔), en dessous (↓) ou au-dessus (↑) de la fourchette 80 - 125 %. Lastérisque (*) indique une interaction réciproque. ASC τ, ASCt et ASC0-∞ représentent respectivement une aire sous la courbe sur un intervalle de dosage, du temps 0 à un temps avec une mesure détectable et du temps 0 à linfini.
Les interactions dans le tableau sont présentées dans lordre suivant : contre-indications, interactions nécessitant une adaptation posologique, interactions nécessitant une surveillance clinique et/ou biologique étroite, et enfin interactions pharmacocinétiques non significatives mais pouvant présenter un intérêt clinique dans ce domaine thérapeutique.
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Médicament [Mécanisme de linteraction] |
Interaction Changements de la moyenne géométrique (%) |
Recommandations en cas de dadministration concomitante |
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Astemizole, cisapride, pimozide, quinidine, terfenadine et ivabradine [substrats CYP3A4] |
Bien que nayant pas fait lobjet détudes, l'augmentation des concentrations plasmatiques de ces médicaments peut entraîner un allongement de lintervalle QTc et de rares épisodes de torsades de pointes. |
Contre-indiqué (voir rubrique 4.3) |
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Carbamazépine et barbituriques daction longue (p.ex., phénobarbital, méphobarbital) [puissants inducteurs du cytochrome P450] |
Bien que nayant pas fait lobjet détudes, la carbamazépine et les barbituriques daction longue sont susceptibles de diminuer significativement les concentrations plasmatiques du voriconazole. |
Contre-indiqué (voir rubrique 4.3) |
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Efavirenz (inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse) [inducteur du CYP450 ; inhibiteur et substrat du CYP3A4] Efavirenz 400 mg une fois par jour administré avec 200 mg de voriconazole deux fois par jour*
Efavirenz 300 mg par jour administré avec 400 mg de voriconazole deux fois par jour* |
Efavirenz Cmax ↑ 38 % Efavirenz ASC τ ↑ 44 % Voriconazole Cmax ↓ 61 % Voriconazole ASC τ ↓ 77 %
Comparativement à 600 mg défavirenz une fois par jour, Efavirenz Cmax ↔ Efavirenz ASC τ ↑ 17 %
Comparativement à 200 mg de voriconazole deux fois par jour, Voriconazole Cmax ↑ 23 % Voriconazole ASC τ ↓ 7 % |
Lutilisation de doses standards de voriconazole avec des doses défavirenz de 400 mg une fois par jour ou plus est contre-indiquée (voir rubrique 4.3). Le voriconazole peut être administré avec l'éfavirenz, si la dose d'entretien du voriconazole est augmentée à 400 mg deux fois par jour et la dose d'éfavirenz est diminuée à 300 mg une fois par jour. Lorsque le traitement par voriconazole est arrêté, la dose initiale défavirenz doit être rétablie (voir rubriques 4.2 et 4.4). |
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Alcaloïdes de lergot de seigle (par exemple ergotamine et dihydroergotamine) [substrats du CYP3A4] |
Bien que nayant pas fait lobjet détudes, le voriconazole est susceptible daugmenter les concentrations plasmatiques des alcaloïdes de lergot de seigle et dentraîner de lergotisme. |
Contre-indiqué (voir rubrique 4.3) |
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Rifabutine [inducteur puissant du CYP450] 300 mg une fois par jour
300 mg une fois par jour (administré avec 350 mg de voriconazole deux fois par jour)*
300 mg une fois par jour (administré avec 400 mg de voriconazole deux fois par jour)* |
Voriconazole Cmax ↓ 69 % Voriconazole ASC τ ↓ 78 %
Comparativement à 200 mg de voriconazole deux fois par jour, Voriconazole Cmax ↓ 4 % Voriconazole ASC τ ↓ 32 %
Rifabutine Cmax ↑ 195 % Rifabutine ASC τ ↑ 331 % Comparativement à 200 mg de voriconazole deux fois par jour, Voriconazole Cmax ↑ 104 % Voriconazole ASC τ ↑ 87 % |
Ladministration concomitante de voriconazole et de rifabutine doit être évitée sauf si le bénéfice attendu est supérieur au risque encouru. La dose dentretien du voriconazole peut être augmentée à 5 mg/kg par voie intraveineuse deux fois par jour ou de 200 mg à 350 mg par voie orale deux fois par jour (100 mg à 200 mg par voie orale deux fois par jour chez les patients de moins de 40 kg) (voir rubrique 4.2). Une surveillance étroite de la numération globulaire complète et des effets indésirables liés à la rifabutine (p.ex. uvéite) est recommandée en cas dadministration concomitante de rifabutine et de voriconazole. |
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Rifampicine (600 mg une fois par jour) [puissant inducteur du CYP450] |
Voriconazole Cmax ↓ 93 % Voriconazole ASC τ ↓ 96 % |
Contre-indiqué (voir rubrique 4.3) |
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Ritonavir (inhibiteur de la protéase) [puissant inducteur du CYP450 ; substrat et inhibiteur du CYP3A4] Dose élevée (400 mg deux fois par jour)
Dose faible (100 mg deux fois par jour)* |
Ritonavir Cmax et ASCτ ↔ Voriconazole Cmax ↓ 66 % Voriconazole ASC τ ↓ 82 %
Ritonavir Cmax ↓ 25 % Ritonavir ASC τ ↓ 13 % Voriconazole Cmax ↓ 24 % Voriconazole ASC τ ↓ 39 %
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Ladministration concomitante de voriconazole et de ritonavir à dose élevée (400 mg et plus deux fois par jour) est contre-indiquée (voir rubrique 4.3).
Ladministration concomitante de voriconazole et de ritonavir à faible dose (100 mg deux fois par jour) doit être évitée, sauf si une évaluation du rapport bénéfice/risque pour le patient justifie lutilisation du voriconazole. |
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Millepertuis [inducteur du CYP450, inducteur de la glycoprotéine P] 300 mg trois fois par jour (administré avec une dose unique de 400 mg de voriconazole) |
Daprès la publication dune étude indépendante, Voriconazole ASC0-∞ ↓ 59 % |
Contre-indiqué (voir rubrique 4.3) |
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Evérolimus [substrat du CYP3A4, substrat de la glycoprotéine P] |
Bien que nayant pas fait lobjet détudes, le voriconazole est susceptible daugmenter significativement les concentrations plasmatiques dévérolimus. |
Ladministration concomitante de voriconazole et dévérolimus nest pas recommandée car le voriconazole augmente significativement les concentrations dévérolimus. (voir rubrique 4.4). |
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Vénétoclax [substrat du CYP3A] |
Bien que nayant pas fait lobjet détudes cliniques, le voriconazole est susceptible daugmenter significativement les concentrations plasmatiques de vénétoclax. |
Ladministration concomitante de voriconazole est contre-indiquée au début du traitement et pendant la phase de titration de dose de vénétoclax (voir rubrique 4.3). Une réduction de la dose de vénétoclax est requise, comme indiqué dans les informations de prescription du vénétoclax pour la dose quotidienne stable ; une surveillance étroite des signes de toxicité est recommandée. |
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Naloxégol [substrat du CYP3A4] |
Bien que nayant pas fait lobjet détudes, le voriconazole est susceptible daugmenter significativement les concentrations plasmatiques de naloxégol. |
Ladministration concomitante de voriconazole et de naloxégol nest pas recommandée, car les données sont insuffisantes pour recommander une adaptation posologique du naloxégol dans cette situation (voir rubrique 4.4). |
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Fluconazole (200 mg une fois par jour) [inhibiteur du CYP2C9, CYP2C19 et du CYP3A4] |
Voriconazole Cmax ↑ 57 % Voriconazole ASC τ ↑ 79 % Fluconazole Cmax non déterminée Fluconazole ASCτ non déterminée |
La réduction de la dose et/ou de la fréquence du voriconazole et du fluconazole qui permettrait déliminer cet effet nont pas été établies. Une surveillance des effets indésirables associés au voriconazole est recommandée si le voriconazole est administré à la suite du fluconazole. |
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Phénytoïne [substrat du CYP2C9 et inducteur puissant du CYP450] 300 mg une fois par jour
300 mg une fois par jour (administré avec 400 mg de voriconazole deux fois par jour)* |
Voriconazole Cmax ↓ 49 % Voriconazole ASC τ ↓ 69 %
Phénytoïne Cmax ↑ 67 % Phénytoïne ASC τ ↑ 81 % Comparativement à 200 mg de Voriconazole deux fois par jour, Voriconazole Cmax ↑ 34 % Voriconazole ASC τ ↑ 39 % |
Ladministration concomitante de voriconazole et de phénytoïne doit être évitée, sauf si le bénéfice attendu est supérieur au risque encouru. Une surveillance étroite des taux plasmatiques de phénytoïne est recommandée.
La phénytoïne peut être administrée simultanément au voriconazole si la dose dentretien du voriconazole est augmentée à 5 mg/kg deux fois par jour par voie intraveineuse ou de 200 mg à 400 mg par voie orale deux fois par jour (ou de 100 mg à 200 mg par voie orale deux fois par jour chez les patients de moins de 40 kg) (voir rubrique 4.2). |
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Létermovir [inducteur du CYP2C9 et du CYP2C19] |
Voriconazole Cmax ↓ 39 % Voriconazole ASC0-12 ↓ 44 % Voriconazole C12 ↓ 51 % |
Si ladministration concomitante de voriconazole et de létermovir ne peut être évitée, la perte defficacité du voriconazole doit être surveillée. |
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Anticoagulants Warfarine (30 mg en dose unique, administré avec 300 mg de voriconazole deux fois par jour) [substrat du CYP2C9]
Autres coumarines orales (par exemple phenprocoumone, acénocoumarol) [substrats du CYP2C9 et du CYP3A4] |
Le temps de prothrombine a été augmenté au maximum denviron 2 fois.
Bien que nayant pas fait lobjet détudes, le voriconazole est susceptible daugmenter les concentrations plasmatiques des coumarines et donc daugmenter le temps de prothrombine. |
Une surveillance étroite du temps de prothrombine ou dautres tests appropriés de lanticoagulation est recommandée et la posologie des anticoagulants doit être ajustée en conséquence. |
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Ivacaftor [substrat du CYP3A4] |
Bien que nayant pas fait lobjet détudes, le voriconazole est susceptible daugmenter les concentrations plasmatiques divacaftor avec un risque daugmentation des effets indésirables. |
Une réduction de la dose divacaftor est recommandée. |
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Benzodiazépines (par exemple, midazolam, triazolam, alprazolam) [substrats du CYP3A4] |
Bien que nayant pas fait lobjet détudes cliniques, le voriconazole est susceptible daugmenter les concentrations plasmatiques des benzodiazépines qui sont métabolisées par le CYP3A4 et dinduire une action sédative prolongée. |
Une réduction de la dose des benzodiazépines doit être envisagée. |
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Tolvaptan [substrat du CYP3A] |
Bien que nayant pas fait lobjet détudes cliniques, le voriconazole est susceptible daugmenter significativement les concentrations plasmatiques de tolvaptan. |
Si ladministration concomitante de voriconazole et de tolvaptan ne peut être évitée, une réduction de la dose de tolvaptan est recommandée. |
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Immunosuppresseurs [substrats du CYP3A4] Sirolimus (dose unique de 2 mg)
Ciclosporine (chez des transplantés rénaux stables, recevant un traitement chronique de ciclosporine)
Tacrolimus (dose unique de 0,1 mg/kg) |
Daprès la publication dune étude indépendante, Sirolimus Cmax ↑ 6,6 fois Sirolimus ASC0-∞ ↑ 11 fois
Ciclosporine Cmax ↑ 13 % Ciclosporine ASCτ↑ 70 %
Tacrolimus Cmax ↑ 117 % Tacrolimus ASCt ↑ 221 % |
Ladministration concomitante de voriconazole et de sirolimus est contre-indiquée (voir rubrique 4.3).
Lorsquun traitement par voriconazole est initié chez un patient déjà traité par ciclosporine, il est recommandé de diviser par deux la dose de ciclosporine et de surveiller étroitement les concentrations de ciclosporine. Des concentrations élevées de ciclosporine ont été associées à une néphrotoxicité. Quand le traitement par voriconazole est interrompu, les concentrations de ciclosporine doivent être étroitement surveillées et la dose augmentée si nécessaire.
Lorsquun traitement par voriconazole est initié chez un patient déjà traité par tacrolimus, il est recommandé de diviser par trois la dose de tacrolimus et de surveiller étroitement les concentrations du tacrolimus. Des concentrations augmentées de tacrolimus ont été associées à une néphrotoxicité. Quand le traitement par voriconazole est interrompu, les concentrations de tacrolimus doivent être étroitement surveillées et la dose augmentée si nécessaire. |
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Opiacés daction longue [substrats du CYP3A4] Oxycodone (dose unique de 10 mg) |
Daprès la publication dune étude indépendante, Oxycodone Cmax ↑ 1,7 fois Oxycodone ASC0-∞ ↑ 3,6 fois |
Une réduction de la posologie de loxycodone et des autres opiacés daction longue métabolisés par CYP3A4 (par exemple hydrocodone) doit être envisagée. Une surveillance fréquente des effets indésirables associés aux opiacés peut être nécessaire. |
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Méthadone (32 - 100 mg une fois par jour) [substrat du CYP3A4] |
R-méthadone (active) Cmax ↑ 31 % R-méthadone (active) ASC τ ↑ 47 % S-méthadone Cmax ↑ 65 % S-méthadone ASC τ ↑ 103 % |
Une surveillance fréquente des effets indésirables et de la toxicité liés à ladministration de méthadone, incluant un allongement de lintervalle QTc, est recommandée. Une réduction de la posologie de la méthadone peut être nécessaire. |
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Anti-Inflammatoires Non-Stéroïdiens (AINS) [substrats du CYP2C9] Ibuprofène (dose unique de 400 mg)
Diclofénac (dose unique de 50 mg) |
S-Ibuprofène Cmax ↑ 20 % S-Ibuprofène ASC0-∞ ↑ 100 %
Diclofénac Cmax ↑ 114 % Diclofénac ASC0-∞ ↑ 78 % |
Une surveillance fréquente des effets indésirables et de la toxicité liés à ladministration des AINS est recommandée. Une réduction de la posologie des AINS peut être nécessaire. |
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Oméprazole (40 mg une fois par jour)* [inhibiteur du CYP2C19 ; substrat du CYP2C19 et du CYP3A4] |
Oméprazole Cmax ↑ 116 % Oméprazole ASC τ ↑ 280 % Voriconazole Cmax ↑ 15 % Voriconazole ASC τ ↑ 41 %
Dautres inhibiteurs de la pompe à protons, substrats du CYP2C19, peuvent également être inhibés par le voriconazole et ce qui peut entraîner des augmentations des concentrations plasmatiques de ces médicaments. |
Aucune adaptation de la posologie du voriconazole nest recommandée.
Lorsquun traitement par voriconazole est initié chez un patient recevant déjà de loméprazole à des doses de 40 mg ou plus, il est recommandé de diviser par deux la dose doméprazole. |
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Contraceptifs oraux * [substrats du CYP3A4; inhibiteur du CYP2C19] Noréthisterone/éthinylestradiol (1 mg/0,035 mg une fois par jour) |
Ethinylestradiol Cmax ↑ 36 % Ethinylestradiol ASC τ ↑61 % Noréthisterone Cmax ↑ 15 % Noréthisterone ASC τ ↑ 53 % Voriconazole Cmax↑ 14 % Voriconazole ASC τ ↑ 46 % |
Une surveillance des effets indésirables liés à ladministration des contraceptifs oraux, en plus de ceux associés au voriconazole, est recommandée. |
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Opiacés daction rapide [substrats du CYP3A4] Alfentanil (dose unique de 20 μg/kg, administré avec de la naloxone)
Fentanyl (dose unique de 5 µg/kg) |
Daprès la publication dune étude indépendante, Alfentanil ASC0-∞ ↑ 6 fois
Daprès la publication dune étude indépendante, Fentanyl ASC0-∞ ↑ 1,34 fois |
Une réduction de la posologie dalfentanil, de fentanyl et dautres opiacés daction rapide, de structure similaire à lalfentanil et métabolisés par le CYP3A4 (p.ex. sufentanil) doit être envisagée. Une surveillance prolongée et fréquente de lapparition de dépression respiratoire et dautres effets indésirables associés aux opiacés est recommandée. |
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Statines (p.ex. lovastatine) [substrats du CYP3A4] |
Bien que n'ayant pas fait lobjet détudes cliniques, le voriconazole est susceptible daugmenter les concentrations plasmatiques des statines qui sont métabolisées par le CYP3A4 et qui pourraient entraîner une rhabdomyolyse. |
Une réduction de la posologie des statines doit être envisagée. |
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Sulfonylurées (p.ex. tolbutamide, glipizide, glyburide) [substrats du CYP2C9] |
Bien que n'ayant pas fait lobjet détudes, le voriconazole est susceptible daugmenter les concentrations plasmatiques des sulfonylurées et donc de provoquer une hypoglycémie. |
Une surveillance étroite de la glycémie est recommandée. Une réduction de la posologie des sulfonylurées doit être envisagée. |
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Alcaloïdes de la pervenche (p.ex., vincristine et vinblastine) [substrats du CYP3A4] |
Bien que n'ayant pas fait lobjet détudes, le voriconazole est susceptible daugmenter les concentrations plasmatiques des alcaloïdes de la pervenche et provoquer une neurotoxicité. |
Une réduction de la posologie des alcaloïdes de la pervenche doit être envisagée. |
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Autres inhibiteurs de la protéase du VIH (p.ex., saquinavir, amprenavir et nelfinavir)* [substrats et inhibiteurs du CYP3A4] |
Na pas été cliniquement étudié. Des études in vitro ont montré que le voriconazole pouvait inhiber le métabolisme des inhibiteurs de la protéase du VIH et que le métabolisme du voriconazole pouvait être inhibé par les inhibiteurs de la protéase du VIH. |
Une surveillance étroite des signes de toxicité médicamenteuse et/ou de perte defficacité et un ajustement de la dose peuvent être nécessaires. |
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Inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI) (p.ex. delavirdine, névirapine)* [substrats du CYP3A4 ; inducteurs ou inhibiteurs du CYP450] |
Na pas été cliniquement étudié. Des études in vitro ont montré que le métabolisme du voriconazole pouvait être inhibé par les INNTI et que le voriconazole pouvait inhiber le métabolisme des INNTI. Les résultats de leffet de léfavirenz sur le voriconazole suggèrent que le métabolisme du voriconazole pourrait être induit par les INNTI. |
Une surveillance étroite des signes de toxicité médicamenteuse et/ou de perte defficacité et un ajustement de la dose peuvent être nécessaires. |
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Cimétidine (400 mg deux fois par jour) [inhibiteur non spécifique du CYP450 et augmente le pH gastrique] |
Voriconazole Cmax ↑ 18 % Voriconazole ASC τ ↑ 23 % |
Aucune adaptation posologique |
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Digoxine (0,25 mg une fois par jour) [substrat de la glycoprotéine P] |
Digoxine Cmax ↔ Digoxine ASCτ ↔ |
Aucune adaptation posologique |
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Indinavir (800 mg trois fois par jour) [inhibiteur et substrat du CYP3A4] |
Indinavir Cmax ↔ Indinavir ASC τ ↔ Voriconazole Cmax ↔ Voriconazole ASC τ ↔ |
Aucune adaptation posologique |
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Antibiotiques du groupe des macrolides Erythromycine (1 g deux fois par jour) [inhibiteur du CYP3A4]
Azithromycine (500 mg une fois par jour) |
Voriconazole Cmax et ASC τ ↔
Voriconazole Cmax et ASC τ ↔ Leffet du voriconazole sur lérythromycine ou lazithromycine nest pas connu. |
Aucune adaptation posologique |
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Acide mycophénolique (dose unique de 1 g) [substrat de lUDP-glucuronyl transférase] |
Acide mycophénolique Cmax ↔ Acide mycophénolique ASCt ↔ |
Aucune adaptation posologique |
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Corticostéroïdes Prednisolone (dose unique de 60 mg) [substrat du CYP3A4] |
Prednisolone Cmax ↑ 11 % Prednisolone ASC0-∞ ↑ 34 % |
Aucune adaptation posologique
Les patients sous traitement au long cours par voriconazole et corticostéroïdes (incluant les corticostéroïdes par voie inhalée tels que le budésonide et les corticostéroïdes par voie intranasale) doivent être étroitement surveillés en vue de détecter tout dysfonctionnement de la corticosurrénale, tant pendant le traitement que lors de larrêt du voriconazole (voir rubrique 4.4). |
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Ranitidine (150 mg deux fois par jour) [augmente le pH gastrique] |
Voriconazole Cmax et ASCτ ↔ |
Aucune adaptation posologique |
4.6. Fertilité, grossesse et allaitement
Grossesse
Il nexiste pas de données pertinentes disponibles sur lutilisation de voriconazole chez la femme enceinte.
Les études effectuées chez l'animal ont mis en évidence une toxicité sur la reproduction (voir rubrique 5.3). Le risque potentiel en clinique nest pas connu.
Voriconazole ne doit pas être utilisé pendant la grossesse sauf si les bénéfices escomptés pour la mère sont clairement supérieurs aux risques encourus par le ftus.
Femmes en âge de procréer
Les femmes en âge de procréer doivent obligatoirement utiliser une contraception efficace pendant le traitement.
Lexcrétion du voriconazole dans le lait maternel na pas été étudiée. Lallaitement doit être interrompu dès le début du traitement par voriconazole.
Fertilité
Dans une étude menée chez lanimal, aucune altération de la fertilité na été montrée chez les rats mâles et femelles (voir rubrique 5.3).
4.7. Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
Résumé du profil de sécurité
Le profil de sécurité du voriconazole chez l'adulte est fondé sur une banque de données globale incluant plus de 2 000 sujets (dont 1 603 patients adultes inclus dans des essais cliniques) et 270 adultes supplémentaires dans des essais sur la prophylaxie. Il sagit dune population hétérogène, avec des patients présentant des hémopathies malignes, des patients infectés par le VIH et présentant des candidoses sophagiennes et des infections fongiques réfractaires, des patients non neutropéniques avec candidémie ou aspergillose et des volontaires sains.
Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés ont été des atteintes visuelles, une pyrexie, un rash, des vomissements, des nausées, des diarrhées, des maux de tête, un dème périphérique, des anomalies des tests de la fonction hépatique, une détresse respiratoire et des douleurs abdominales.
Ces effets indésirables étaient généralement dintensité légère à modérée. Aucune différence cliniquement significative na été observée lors de lanalyse des données de sécurité demploi en fonction de lâge, la race ou le sexe.
Tableau des effets indésirables
Comme la plupart des études a été réalisée en ouvert, le tableau ci-dessous reprend, par classe dorganes, tous les effets indésirables ayant un lien de causalité possible et leurs catégories de fréquence rapportés chez 1 873 adultes provenant dun ensemble détudes cliniques dans le traitement (1 603) et dans la prophylaxie (270).
Les catégories de fréquence sont exprimées comme suit : Très fréquent (≥ 1/10) ; Fréquent (≥ 1/100 et < 1/10) ; Peu fréquent (≥ 1/1 000 et < 1/100) ; rare (≥ 1/10 000 et < 1/1 000) et très rare (< 1/10 000) ; fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles).
Au sein de chaque groupe de fréquence, les effets indésirables sont présentés par ordre décroissant de gravité.
Effets indésirables rapportés chez des sujets traités par le voriconazole :
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Classe de système dorganes |
Très fréquent |
Fréquent |
Peu fréquent |
Rare |
Indéterminée |
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Infections et infestations |
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sinusite |
colite pseudomembraneuse |
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Tumeurs bénignes, malignes et non précisées (incluant kystes et polypes) |
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carcinome épidermoïde cutané* |
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Affections hématologiques et du système lymphatique |
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agranulocytose1, pancytopénie, thrombocytopénie2, leucopénie, anémie |
défaillance de la moelle osseuse, lymphadénopathie, éosinophilie |
coagulation intravasculaire disséminée |
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Affections du système immunitaire |
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hypersensibilité |
réaction anaphylactoïde |
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Affections endocriniennes |
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insuffisance corticosurrénalienne, hypothyroïdie |
hyperthyroïdie |
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Troubles du métabolisme et de la nutrition |
dème périphérique |
hypoglycémie, hypokaliémie, hyponatrémie |
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Affections psychiatriques |
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dépression, hallucinations, anxiété, insomnie, agitation, état confusionnel |
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Affections du système nerveux |
céphalées |
convulsion, syncope, tremblements, hypertonie3, paresthésie, somnolence, étourdissements |
dème cérébral, encéphalopathie4, syndrome extrapyramidal5, neuropathie périphérique, ataxie, hypoesthésie, dysgueusie |
encéphalopathi e hépatique, syndrome de Guillain-Barré, nystagmus |
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Affections oculaires |
atteintes visuelles6 |
hémorragie rétinienne |
trouble du nerf optique7, dème papillaire8, crise oculogyre, diplopie, sclérite, blépharite |
atrophie optique, opacité cornéenne |
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Affections de l'oreille et du labyrinthe |
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hypoacousie, vertiges, acouphènes |
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Affections cardiaques |
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arythmie supraventriculaire, tachycardie, bradycardie |
fibrillation ventriculaire, extrasystoles ventriculaires, tachycardie ventriculaire, allongement de lintervalle QT à l'électrocardiogramme, tachycardie supraventriculaire |
torsades de pointes, bloc auriculoventriculaire complet, bloc de branche, rythme nodal |
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Affections vasculaires |
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hypotension, phlébite |
thrombophlébite, lymphangite |
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Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales |
détresse respiratoire9 |
syndrome de détresse respiratoire aiguë, dème pulmonaire |
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Affections gastro-intestinales |
diarrhée, vomissements, douleurs abdominales, nausées |
chéilite, dyspepsie, constipation, gingivite |
péritonite, pancréatite, dème de la langue, duodénite, gastroentérite, glossite |
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Affections hépatobiliaires |
anomalie des tests de la fonction hépatique |
ictère, ictère cholestatique, hépatite10 |
insuffisance hépatique, hépatomégalie, cholécystite, cholélithiase |
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Affections de la peau et du tissu sous-cutané |
rash |
dermatite exfoliative, alopécie, éruption maculo-papuleuse, prurit, érythème |
syndrome de Stevens-Johnson8, phototoxicité, purpura, urticaire, dermatite allergique, éruption papuleuse, éruption maculaire, eczéma |
nécrolyse épidermique toxique (syndrome de Lyell)8, syndrome dhypersensibilité médicamenteuse avec éosinophilie et symptômes systémiques (syndrome DRESS)8, angiodème, kératose actinique*, pseudo-porphyrie, érythème polymorphe, psoriasis, érythème pigmenté fixe |
lupus érythémateux cutané*, éphélides*, lentigo* |
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Affections musculosquelettiques et systémiques |
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dorsalgie |
arthrite |
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périostite* |
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Affections du rein et des voies urinaires |
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insuffisance rénale aiguë, hématurie |
nécrose tubulaire rénale, protéinurie, néphrite |
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Troubles généraux et anomalies au site d'administration |
pyrexie |
douleurs thoraciques, dème facial11, asthénie, frissons |
réaction au site d'injection, syndrome pseudogrippal |
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Investigations |
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augmentation de la créatinine sérique |
augmentation de l'urée sérique, augmentation du taux de cholestérol |
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* Effets indésirables rapportés lors de lutilisation après commercialisation
1 Y compris neutropénie fébrile et neutropénie.
2 Y compris purpura thrombopénique immun.
3 Y compris raideur de la nuque et tétanie.
4 Y compris encéphalopathie hypoxique-ischémique et encéphalopathie métabolique.
5 Y compris akathisie et parkinsonisme.
6 Voir section « Atteintes visuelles » à la rubrique 4.8.
7 Des cas de névrite optique prolongée ont été rapportés après commercialisation. Voir rubrique 4.4.
8 Voir rubrique 4.4.
9 Y compris dyspnée et dyspnée d'effort.
10 Y compris lésion hépatique d'origine médicamenteuse, hépatite toxique, lésion hépatocellulaire et hépatotoxicité.
11 Y compris dème périorbitaire, dème de la lèvre et dème buccal.
Description de certains effets indésirables
Atteintes visuelles
Dans les essais cliniques, les atteintes visuelles (y compris vision trouble, photophobie, chloropsie, chromatopsie, daltonisme, cyanopsie, trouble de lil, halo coloré, cécité nocturne, oscillopsie, photopsie, scotome scintillant, baisse de l'acuité visuelle, brillance visuelle, défaut du champ visuel, corps flottants du vitré et xanthopsie) survenues avec le voriconazole ont été très fréquentes. Ces atteintes visuelles étaient transitoires et totalement réversibles, la majorité d'entre elles ayant disparu spontanément en 60 minutes et aucun effet visuel cliniquement significatif na été observé. Il a semblé que ces effets satténuaient en cas dadministration répétée de voriconazole. Les atteintes visuelles étaient généralement dintensité légère; elles nont que rarement entraîné un arrêt du traitement et nétaient pas associées à des séquelles à long terme. Les atteintes visuelles peuvent être dues à des concentrations plasmatiques et / ou à des doses plus élevées.
Le mécanisme daction est inconnu, bien que le site daction se trouve vraisemblablement dans la rétine. Au cours dune étude chez des volontaires sains portant sur leffet du voriconazole sur la fonction rétinienne, le voriconazole a entraîné une diminution de lamplitude de londe de lélectrorétinogramme (ERG). LERG mesure les courants électriques dans la rétine. Les modifications de lERG nont pas progressé pendant les 29 jours de traitement et ont été complètement réversibles à larrêt du voriconazole.
Des cas deffets indésirables visuels prolongés ont été rapportés lors de lutilisation après commercialisation (voir rubrique 4.4).
Réactions dermatologiques
Les réactions dermatologiques étaient très fréquentes chez les patients traités par voriconazole dans les essais cliniques. Toutefois, ces patients souffraient daffections sous-jacentes graves et recevaient de nombreux médicaments simultanément. La plupart de ces éruptions étaient dintensité légère à modérée. Des réactions cutanées graves ont été observées sous voriconazole, y compris syndrome de Stevens-Johnson (SSJ) (peu fréquent), nécrolyse épidermique toxique (NET) (syndrome de Lyell) (rare), syndrome dhypersensibilité médicamenteuse avec éosinophilie et symptômes systémiques (Syndrome DRESS) (rare) et érythème polymorphe (rare) (voir rubrique 4.4).
Le patient qui développe une éruption cutanée doit être étroitement surveillé ; le traitement par voriconazole doit être interrompu si les lésions progressent. Des réactions de photosensibilité telles quéphélides, lentigo et kératose actinique ont été signalées, en particulier lors des traitements prolongés (voir rubrique 4.4).
Des cas de carcinomes épidermoïdes cutanés ont été rapportés chez les patients traités par voriconazole au long cours ; le mécanisme n'a pas été établi (voir rubrique 4.4).
Tests de la fonction hépatique
Au cours du programme clinique de voriconazole, lincidence globale des élévations des transaminases > 3 x LSN (non nécessairement associées à un effet indésirable) était de 18,0 % (319/1 768) chez les adultes et 25,8 % (73/283) chez les enfants ayant reçu du voriconazole dans le cadre dune utilisation thérapeutique ou prophylactique. Les anomalies des tests de la fonction hépatique peuvent être dues à des concentrations plasmatiques et / ou à des doses plus élevées. La majorité de ces tests anormaux a été résolue au cours du traitement soit sans adaptation posologique, soit après adaptation posologique ou après arrêt du traitement.
Chez des patients présentant d'autres affections sous-jacentes sévères, le voriconazole a été impliqué dans des cas de toxicité hépatique sévère, y compris des cas dictère, dhépatite et dinsuffisance hépatique ayant entraîné la mort (voir rubrique 4.4).
Prophylaxie
Dans une étude multicentrique, comparative menée en ouvert, comparant le voriconazole à litraconazole dans la prophylaxie primaire chez des adultes et des adolescents receveurs dune GCSH allogénique sans antécédents dIFI prouvée ou probable, larrêt définitif du voriconazole du fait de la survenue dEI a été rapporté chez 39,3 % des sujets, contre 39,6 % dans le bras traité par itraconazole. Les EI hépatiques apparus sous traitement ont conduit à larrêt définitif du médicament de létude chez 50 sujets (21,4 %) traités par voriconazole et chez 18 sujets (7,1 %) traités par itraconazole.
Population pédiatrique
La sécurité du voriconazole a été étudiée dans les essais cliniques chez 288 enfants âgés de 2 à moins de 12 ans (169) et de 12 à moins de 18 ans (119) qui ont reçu le voriconazole dans le cadre d'un usage prophylactique (183) et thérapeutique (105). La sécurité du voriconazole a également été étudiée chez 158 enfants supplémentaires âgés de 2 à moins de 12 ans dans le cadre de programmes d'usage compassionnel. Globalement, le profil de sécurité du voriconazole dans la population pédiatrique était similaire à celui des adultes. Toutefois, une tendance à laugmentation de la fréquence des élévations des enzymes hépatiques, signalées comme effets indésirables dans les essais cliniques, a été observée chez les enfants en comparaison avec les adultes (14,2 % d'élévations des transaminases chez les enfants contre 5,3 % chez les adultes). Les données obtenues depuis la commercialisation suggèrent que les réactions cutanées (particulièrement les érythèmes) pourraient être plus fréquentes dans la population pédiatrique que chez les adultes. Chez 22 patients âgés de moins de 2 ans ayant reçu du voriconazole dans le cadre dun programme dusage compassionnel, les effets indésirables suivants (pour lesquels une relation avec le voriconazole ne pouvait être exclue) ont été rapportés : réaction de photosensibilité (1), arythmie (1), pancréatite (1), augmentation de la bilirubine sanguine (1), élévation des enzymes hépatiques (1), rash (1) et dème papillaire (1). Depuis la commercialisation, des cas de pancréatite ont été rapportés chez des enfants.
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : https://signalement.social-sante.gouv.fr.
Il nexiste pas dantidote connu pour le voriconazole.
Le voriconazole est hémodialysé à une clairance de 121 mL/min. En cas de surdosage, lhémodialyse peut aider à éliminer le voriconazole de lorganisme.
5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES
5.1. Propriétés pharmacodynamiques
Classe pharmacothérapeutique : Antifongiques systémiques, dérivés triazolés, code ATC : J02AC03.
Mécanisme daction
Le voriconazole est un antifongique triazolé. Le mode daction principal du voriconazole est linhibition de la déméthylation du 14 alpha-lanostérol médiée par le cytochrome P450 fongique, phase essentielle de la biosynthèse de lergostérol fongique. Laccumulation de 14 alpha-méthyl stérol est corrélée à la perte conséquente dergostérol dans la membrane cellulaire fongique et peut être responsable de lactivité antifongique du voriconazole. Le voriconazole a montré une plus grande sélectivité pour les enzymes du cytochrome P450 fongiques que pour les autres systèmes enzymatiques du cytochrome P450 mammifères.
Relations pharmacocinétique/pharmacodynamique
Dans 10 essais cliniques, la médiane des concentrations plasmatiques moyennes et maximales chez les sujets pris individuellement était respectivement de 2 425 ng/mL (écart interquartile : 1 193 à 4 380 ng/mL) et de 3 742 ng/mL (écart interquartile : 2 027 à 6 302 ng/mL). Aucune relation positive na été observée entre les concentrations plasmatiques moyennes, maximales ou minimales du voriconazole et son efficacité dans les essais cliniques et cette relation na pas été étudiée dans les études sur la prophylaxie.
Les analyses pharmacocinétique/pharmacodynamique des données issues des essais cliniques ont permis détablir une relation positive entre les concentrations plasmatiques de voriconazole et les anomalies des tests de la fonction hépatique ainsi que les troubles visuels. Les adaptations de la posologie nont pas été étudiées dans les études sur la prophylaxie.
Efficacité et sécurité clinique
In vitro, le voriconazole présente une activité antifongique à large spectre et son activité est puissante contre les espèces de Candida (y compris C. krusei résistant au fluconazole, et les souches résistantes de C. glabrata et C. albicans) ; il a une activité fongicide contre toutes les espèces dAspergillus testées. En outre, le voriconazole a une activité fongicide in vitro contre les champignons pathogènes émergents, y compris Scedosporium et Fusarium, qui ne sont que partiellement sensibles aux antifongiques existants.
Lefficacité clinique du voriconazole, définie comme une réponse partielle ou complète, a été démontrée sur Aspergillus spp., y compris A. flavus, A. fumigatus, A. terreus, A. niger et A. nidulans ; Candida spp., y compris C. albicans, C. glabrata, C. krusei, C. parapsilosis, C. tropicalis ; et un nombre limité de C. dubliniensis, C. inconspicua, et C. guillermondii, Scedosporium spp. y compris S. apiospermum, S. prolificans ; et Fusarium spp.
Les autres infections fongiques traitées (souvent avec une réponse partielle ou complète), ont inclus des cas isolés dinfections à Alternaria spp., Blastomyces dermatitidis, Blastoschizomyces capitatus, Cladosporium spp., Coccidioides immitis, Conidiobolus coronatus, Cryptococcus neoformans, Exserohilum rostratum, Exophiala spinifera, Fonsecaea pedrosoi, Madurella mycetomatis, Paecilomyces lilacinus, Penicillium spp., y compris P. marneffei, Phialophora richardsiae, Scopulariopsis brevicaulis et Trichosporon spp., y compris les infections à T. beigelii.
In vitro, lactivité du voriconazole a été mise en évidence sur des isolats dAcremonium spp., Alternaria spp., Bipolaris spp., Cladiophialophora spp. et Histoplasma capsulatum. La plupart des souches étaient inhibées à des concentrations de voriconazole de lordre de 0,05 à 2 µg/mL.
Une activité in vitro a été mise en évidence contre les pathogènes suivants, mais la signification clinique de ces résultats est inconnue : Curvularia spp. et Sporothrix spp.
Concentrations critiques
Des échantillons doivent être obtenus pour culture fongique et dautres tests de laboratoire appropriés (sérologie, histopathologie), avant de débuter le traitement, afin disoler et didentifier les micro-organismes responsables. Le traitement peut commencer avant que les résultats des cultures et des tests de laboratoire soient connus. Toutefois, dès que ces résultats sont disponibles, le traitement anti-infectieux doit être modifié en conséquence si nécessaire.
Les espèces les plus fréquemment responsables dinfections chez lhomme sont C. albicans, C. parapsilosis, C. tropicalis, C. glabrata et C. krusei, toutes présentant habituellement des concentrations minimales inhibitrices (CMI) au voriconazole inférieures à 1 mg/L.
Cependant lactivité in vitro du voriconazole sur les espèces de Candida nest pas uniforme. Pour C.glabrata particulièrement, les CMI au voriconazole sont proportionnellement plus élevées pour les isolats résistants au fluconazole que pour les isolats sensibles au fluconazole. Il est donc fortement recommandé didentifier lespèce de Candida. Si un test de sensibilité à lantifongique est disponible, les résultats des CMI peuvent être interprétés en utilisant les concentrations critiques établies par lEUCAST (European Committee on Antimicrobial Susceptibility Testing).
Concentrations critiques EUCAST
|
Espèces de Candida et Aspergillus |
Concentration Minimale Inhibitrice (CMI) critiques (mg/L) |
|
|
≤ S (Sensible) |
> R (Résistant) |
|
|
Candida albicans1 |
0,06 |
0,25 |
|
Candida dubliniensis1 |
0,06 |
0,25 |
|
Candida glabrata |
Données insuffisantes (DI) |
DI |
|
Candida krusei |
DI |
DI |
|
Candida parapsilosis1 |
0,125 |
0,25 |
|
Candida tropicalis1 |
0,125 |
0,25 |
|
Candida guilliermondii2 |
DI |
DI |
|
Concentrations critiques non liées à lespèce pour Candida3 |
DI |
DI |
|
Aspergillus fumigatus4 |
1 |
1 |
|
Aspergillus nidulans4 |
1 |
1 |
|
Aspergillus flavus |
DI5 |
DI5 |
|
Aspergillus niger |
DI5 |
DI5 |
|
Aspergillus terreus |
DI5 |
DI5 |
|
Concentrations critiques non liées à lespèce6 |
DI |
DI |
|
1 Les souches avec des valeurs de CMI au-dessus de la concentration critique Sensible/Intermédiaire (S/I) sont rares, ou non encore reportées. Lidentification et les tests de sensibilité aux antifongiques sur de telles souches doivent être répétés et si le résultat est confirmé la souche doit être envoyée à un laboratoire de référence. Jusquà ce que des preuves soient obtenues concernant la réponse clinique pour les isolats confirmés avec une CMI au-dessus de la concentration critique de résistance actuelle, ils doivent être déclarés résistants. Une réponse clinique de 76 % a été obtenue dans les infections causées par les espèces mentionnées ci-dessous lorsque les CMI étaient inférieures ou égales aux seuils épidémiologiques. Par conséquent, les populations de type sauvage de C. albicans, C. dubliniensis, C. parapsilosis et C. tropicalis sont considérées comme sensibles. 2 Les valeurs seuils épidémiologiques de ces espèces sont en général plus élevés que celles pour C. albicans. 3 Les concentrations critiques non liées à lespèce ont été déterminées principalement sur la base des données PK/PD et sont indépendantes des distributions de CMI des espèces spécifiques de Candida. Elles sont destinées à être utilisées uniquement pour les organismes ne présentant pas de concentrations critiques spécifiques. 4 La zone dincertitude technique (ZIT) est 2. Signaler comme R avec le commentaire suivant « Dans certaines situations cliniques (formes dinfections non invasives), le voriconazole peut être utilisé à condition quune exposition suffisante soit assurée ». 5 Les valeurs seuils épidémiologiques pour ces espèces sont en général une dilution de raison 2 plus élevées que pour A. fumigatus. 6 Les concentrations critiques non liées à lespèce nont pas été déterminées. |
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Expérience clinique
Dans cette rubrique, le succès clinique est défini par une réponse complète ou partielle.
Infections à Aspergillus - efficacité chez les patients présentant une infection à Aspergillus et à pronostic défavorable
Le voriconazole présente une activité fongicide in vitro contre Aspergillus spp. Lefficacité du voriconazole et son bénéfice en terme de survie comparés à lamphotéricine B conventionnelle dans le traitement de première intention de laspergillose invasive aiguë ont été démontrés dans une étude ouverte, randomisée, multicentrique chez 277 patients immunodéprimés traités pendant 12 semaines. Le voriconazole était administré par voie intraveineuse avec une dose de charge de 6 mg/kg toutes les 12 heures pendant les premières 24 heures suivie par une dose dentretien de 4 mg/kg toutes les 12 heures pendant un minimum de 7 jours. Le relais par la forme orale pouvait alors se faire avec une dose de 200 mg toutes les 12 heures. La durée médiane du traitement par voriconazole IV était de 10 jours (écart : 2 - 85 jours). Après le traitement par voriconazole IV, la durée médiane de traitement par voriconazole par voie orale était de 76 jours (écart : 2 - 232 jours).
Une réponse globale satisfaisante (résolution partielle ou complète de toute la symptomatologie associée et de toutes les anomalies radiographiques et bronchoscopiques présentes à linclusion) a été observée chez 53 % des patients recevant le voriconazole versus 31 % des patients recevant le comparateur. Le taux de survie à 84 jours sous voriconazole était plus élevé de manière statistiquement significative par rapport au comparateur, et un bénéfice cliniquement et statistiquement significatif a été observé en faveur du voriconazole à la fois pour le temps de survie et le délai avant larrêt du traitement dû à la toxicité.
Cette étude a confirmé les observations dune étude prospective antérieure où une issue positive chez des sujets présentant des facteurs de risque de pronostic défavorable, y compris réaction du greffon contre lhôte et, en particulier, infections cérébrales (généralement associées à une mortalité denviron 100 %).
Les études incluaient les aspergilloses cérébrales, sinusales, pulmonaires et disséminées chez des patients ayant subi une greffe de moelle osseuse ou dorganes, souffrant dhémopathies malignes, de cancer ou du SIDA.
Candidémies chez les patients non neutropéniques
Lefficacité du voriconazole comparé au schéma amphotéricine B suivie de fluconazole dans le traitement des candidémies a été démontrée au cours dune étude comparative en ouvert. Trois cent soixante-dix patients non neutropéniques (âgés de plus de 12 ans) présentant une candidémie documentée ont été inclus dans létude, parmi lesquels 248 traités par voriconazole. Neuf sujets inclus dans le groupe voriconazole et 5 inclus dans le groupe amphotéricine B suivie de fluconazole présentaient également une infection fongique profonde documentée. Les patients insuffisants rénaux ont été exclus de létude. La durée médiane de traitement a été de 15 jours dans les deux bras de traitement. Dans lanalyse principale, la réponse favorable évaluée en aveugle, par un comité indépendant (Data Review Committee) était définie comme étant la résolution ou lamélioration de tous les signes et symptômes cliniques de linfection avec éradication de Candida du sang et des sites profonds infectés, 12 semaines après la fin du traitement. Les patients pour lesquels aucune évaluation na été faite 12 semaines après la fin du traitement ont été considérés comme des échecs. Dans cette analyse, une réponse favorable a été observée chez 41 % des patients inclus dans les deux bras de traitement.
Dans une analyse secondaire, pour laquelle ont été utilisées les évaluations réalisées par le comité indépendant au dernier temps dévaluation (fin du traitement, 2, 6, ou 12 semaines après la fin du traitement), le voriconazole et le schéma amphotéricine B suivie de fluconazole ont montré des taux de réponse favorable de 65 % et 71 %, respectivement.
Les évaluations des réponses favorables réalisées par linvestigateur à chacun de ces temps dévaluation sont indiquées dans le tableau suivant.
|
Temps dévaluation |
Voriconazole |
Amphotéricine B à fluconazole (N = 122) |
|
En fin du traitement |
178 (72 %) |
88 (72 %) |
|
2 semaines après la fin du traitement |
125 (50 %) |
62 (51 %) |
|
6 semaines après la fin du traitement |
104 (42 %) |
55 (45 %) |
|
12 semaines après la fin du traitement |
104 (42 %) |
51 (42 %) |
Infections réfractaires graves à Candida
L'étude incluait 55 patients atteints d'infections systémiques réfractaires graves à Candida (incluant candidémie, candidose disséminée et autre candidose invasive) pour lesquelles un traitement antifongique antérieur, en particulier le fluconazole, s'était révélé inefficace. Une réponse favorable a été observée chez 24 patients (15 réponses complètes, 9 réponses partielles). Chez les espèces non albicans résistantes au fluconazole, une réponse positive a été obtenue dans 3/3 des cas d'infections à C. krusei (réponses complètes) et dans 6/8 des cas d'infections à C. glabrata (5 réponses complètes, 1 réponse partielle). Des données limitées de sensibilité étayent les données d'efficacité clinique.
Infections à Scedosporium et Fusarium
Le voriconazole est efficace contre les champignons pathogènes rares suivants :
Scedosporium spp. : une réponse positive au traitement sous voriconazole a été observée chez 16 patients sur 28 (6 réponses complètes, 10 partielles) présentant une infection à S.apiospermum et chez 2 patients sur 7 (2 réponses partielles) présentant une infection à S. prolificans. En outre, une réponse positive a été signalée chez 1 patient sur 3 présentant des infections dues à plus dun organisme y compris Scedosporium spp.
Fusarium spp. : 7 patients sur 17 (3 réponses complètes, 4 partielles) ont été traités avec succès par voriconazole. Parmi ces 7 patients, 3 présentaient une infection oculaire, 1 une infection sinusale et 3 une infection disséminée. Quatre autres patients présentant une fusariose avaient une infection causée par plusieurs micro-organismes. Chez 2 dentre eux, le traitement a permis une issue favorable. La plupart des patients traités par voriconazole contre les infections rares décrites ci-dessus sétaient montrés intolérants ou réfractaires au traitement antifongique antérieur.
Prophylaxie primaire des Infections Fongiques Invasives Efficacité chez les receveurs dune GCSH sans antécédents dIFI probable ou prouvée
Le voriconazole a été comparé à litraconazole en prophylaxie primaire dans une étude multicentrique, comparative menée en ouvert et portant sur des adultes et des adolescents receveurs dune GCSH allogénique sans antécédents dIFI prouvée ou probable. Le Succès était défini comme la capacité à poursuivre la prophylaxie par le médicament de létude pendant 100 jours après la GCSH (sans interruption de plus de 14 jours) et la survie sans IFI prouvée ou probable pendant 180 jours après la GCSH. Le groupe en intention de traiter modifiée (ITTm) incluait 465 receveurs dune GCSH allogénique, dont 45 % de patients présentant une LAM. Sur lensemble des patients, 58 % avaient reçu un conditionnement myéloablatif. La prophylaxie par le médicament de létude a été démarrée immédiatement après la GCSH : 224 patients ont reçu du voriconazole et 241 de litraconazole. La durée médiane de la prophylaxie par le médicament de létude était de 96 jours pour le voriconazole et de 68 jours pour litraconazole dans le groupe ITTm.
Les taux de réussite et les critères secondaires sont présentés dans le tableau ci-dessous :
|
Critères de létude |
Voriconazole N = 224 |
Itraconazole N = 241 |
Différence de proportions et intervalle de confiance (IC) à 95 % |
Valeur p |
|
Succès à 180 jours* |
109 (48,7 %) |
80 (33,2 %) |
16,4 % (7,7 %, 25,1 %)** |
0,0002** |
|
Succès à 100 jours |
121 (54,0 %) |
96 (39,8 %) |
15,4 % (6,6 %, 24,2 %)** |
0,0006** |
|
Prophylaxie par le médicament à létude pendant au moins 100 jours |
120 (53,6 %) |
94 (39,0 %) |
14,6 % (5,6 %, 23,5 %) |
0,0015 |
|
Survie à 180 jours |
184 (82,1 %) |
197 (81,7 %) |
0,4 % (- 6,6 %, 7,4 %) |
0,9107 |
|
IFI prouvée ou probable développée jusquau jour 180 |
3 (1,3 %) |
5 (2,1 %) |
- 0,7 % (- 3,1 %, 1,6 %) |
0,5390 |
|
IFI prouvée ou probable développée jusquau jour 100 |
2 (0,9 %) |
4 (1,7 %) |
- 0,8 % (- 2,8 %, 1,3 %) |
0,4589 |
|
IFI prouvée ou probable développée pendant le traitement avec le médicament à létude |
0 |
3 (1,2 %) |
- 1,2 % (- 2,6 %, 0,2 %) |
0,0813 |
* Critère principal de létude
** Différence de proportions, IC à 95 % et valeurs p obtenues après ajustement pour la randomisation
Les taux dIFI apparues jusquau Jour 180 et le critère principal de létude, cest-à-dire le Succès de la prophylaxie à 180 jours, pour les patients présentant une LAM ou sous conditionnement myéloablatif, respectivement, sont présentés dans le tableau ci-dessous :
LAM
|
Critères de létude |
Voriconazole (N = 98) |
Itraconazole (N = 109) |
Différence de proportions et intervalle de confiance (IC) à 95 % |
|
Taux dIFI apparues Jour 180 |
1 (1,0 %) |
2 (1,8 %) |
- 0,8 % (- 4,0 %, 2,4 %)** |
|
Succès à180 jours* |
55 (56,1 %) |
45 (41,3 %) |
14,7 % (1,7 %, 27,7 %)*** |
* Critère principal de létude
** Avec une marge de 5 %, la non-infériorité est démontrée
*** Différence de proportions, IC à 95 % obtenus après ajustement pour la randomisation
Conditionnement myéloablatif
|
Critères de létude |
Voriconazole (N = 125) |
Itraconazole (N = 143) |
Différence de proportions et intervalle de confiance (IC) à 95 % |
|
Taux dIFI apparues Jour 180 |
2 (1,6 %) |
3 (2,1 %) |
- 0,5 % (- 3,7 %, 2,7 %)** |
|
Succès à 180 jours* |
70 (56,0 %) |
53 (37,1 %) |
20,1 % (8,5 %, 31,7 %)*** |
* Critère principal de létude
** Avec une marge de 5 %, la non-infériorité est démontrée
*** Différence de proportions, IC à 95 % obtenus après ajustement pour la randomisation
Prophylaxie secondaire des IFI Efficacité chez les receveurs dune GCSH avec antécédents dIFI probable ou prouvée
Le voriconazole a été évalué dans la prophylaxie secondaire au cours dune étude multicentrique, non comparative menée en ouvert et portant sur des adultes receveurs dune GCSH allogénique avec antécédents dIFI prouvée ou probable. Le critère principal de létude était le taux de survenue dIFI prouvée ou probable pendant la première année après la GCSH. Le groupe ITTm incluait 40 patients avec antécédents dIFI, dont 31 ayant présenté une aspergillose, 5 une candidose et 4 une autre IFI. La durée médiane de la prophylaxie par le médicament de létude était de 95,5 jours dans le groupe ITTm.
Des IFI prouvée ou probable se sont développées chez 7,5 % (3/40) des patients pendant la première année après la GCSH incluant une candidémie, une scédosporiose (les deux étant des rechutes dune précédente IFI) et une zygomycose. Le taux de survie était de 80,0 % (32/40) au jour 180 et de 70,0 % (28/40) à un an.
Durée du traitement
Dans les essais cliniques, 705 patients ont reçu du voriconazole pendant plus de 12 semaines ; 164 patients ont reçu du voriconazole pendant plus de 6 mois.
Population pédiatrique
Cinquante-trois enfants âgés de 2 à moins de 18 ans ont été traités par voriconazole lors de deux essais cliniques prospectifs, ouverts, non comparatifs et multicentriques. Une étude a recruté 31 patients atteints d'aspergillose invasive (AI) possible, prouvée ou probable, dont 14 patients ont présenté une AI prouvée ou probable et ont été inclus dans les analyses d'efficacité du groupe ITTm. La deuxième étude a recruté 22 patients atteints de candidose invasive incluant la candidémie (CIC) et de candidose sophagienne (CO), nécessitant un traitement de première intention ou de rattrapage, dont 17 ont été inclus dans les analyses d'efficacité du groupe ITTm. Chez les patients atteints d'AI, le taux de réponse globale à 6 semaines était de 64,3 % (9/14) ; le taux de réponse globale était de 40 % (2/5) chez les patients âgés de 2 à moins de 12 ans et de 77,8 % (7/9) chez les patients âgés de 12 à moins de 18 ans. Le taux de réponse globale à la fin du traitement était de 85,7 % (6/7) chez les patients atteints de CIC, et de 70 % (7/10) chez les patients atteints de CO. Le taux de réponse globale (CIC et CO combinées) était de 88,9 % (8/9) chez les enfants âgés de 2 à moins de 12 ans, et de 62,5 % (5/8) chez les enfants âgés de 12 à moins de 18 ans.
Etudes cliniques portant sur l'intervalle QTc
Une étude en cross-over, contrôlée contre placebo, randomisée, à dose unique, destinée à évaluer l'effet sur l'intervalle QTc, a été conduite chez des volontaires sains avec trois doses orales de voriconazole et de kétoconazole. Les allongements maximaux moyens du QTc, à partir de la valeur basale, ajustés par rapport au placebo, après 800, 1 200 et 1 600 mg de voriconazole ont été respectivement de 5,1, 4,8, 8,2 msec et de 7,0 msec après 800 mg de kétoconazole. Aucun patient, quel que soit le groupe, na eu dallongement du QTc ≥ 60 msec par rapport à la valeur basale et aucun patient na présenté dintervalle dépassant la valeur seuil de 500 msec pouvant être cliniquement significative.
5.2. Propriétés pharmacocinétiques
Caractéristiques pharmacocinétiques générales
Le profil pharmacocinétique du voriconazole a été établi chez des sujets sains, dans des populations particulières ainsi que dans des populations de malades. Après administration orale de 200 ou 300 mg deux fois par jour pendant 14 jours chez des patients à risque daspergillose (principalement des patients présentant des néoplasmes malins des tissus lymphatiques ou hématopoïétiques), les caractéristiques pharmacocinétiques du médicament (absorption rapide et constante, accumulation et évolution non linéaire) correspondent à celles observées chez des sujets sains.
Le voriconazole a un profil pharmacocinétique non linéaire dû à une saturation de son métabolisme. Lexposition augmente de façon plus que proportionnelle à la dose. Il est estimé quen moyenne, une augmentation de la posologie orale de 200 mg 2 fois par jour à 300 mg 2 fois par jour multiplie lexposition (ASCτ) par 2,5. La dose dentretien de 200 mg par voie orale (ou 100 mg pour les patients de moins de 40 kg) équivaut à une exposition à une dose de 3 mg/kg de voriconazole IV. Une dose dentretien de 300 mg par voie orale (ou 150 mg pour les patients de moins de 40 kg) équivaut à une exposition à une dose de 4 mg/kg de voriconazole IV. Après administration des doses de charge recommandées par voie intraveineuse ou orale, des concentrations plasmatiques proches de létat déquilibre sont atteintes dans les premières 24 heures suivant la prise. Sans la dose de charge, le voriconazole saccumule après administrations répétées deux fois par jour ; des taux plasmatiques à létat déquilibre sont obtenus au jour 6 chez la plupart des patients.
Absorption
Le voriconazole est absorbé rapidement et presque complètement après administration orale, les concentrations plasmatiques maximales (Cmax) étant atteintes 1 à 2 heures après la prise. La biodisponibilité absolue du voriconazole après administration orale est denviron 96 %. La prise simultanée de voriconazole en doses multiples et dun repas riche en graisses réduit la Cmax et lASCt de 34 et 24 % respectivement. Labsorption du voriconazole nest pas influencée par les changements du pH gastrique.
Distribution
Le volume de distribution à létat déquilibre du voriconazole est denviron 4,6 L/kg, ce qui suggère une distribution importante dans les tissus. La liaison aux protéines plasmatiques est denviron 58 %.
Au cours dun programme compassionnel, les échantillons de liquide céphalorachidien de huit patients ont montré des concentrations détectables de voriconazole chez tous ces patients.
Biotransformation
Des études in vitro ont montré que le voriconazole est métabolisé par les isoenzymes du cytochrome hépatique P450, CYP2C19, CYP2C9 et CYP3A4.
La variabilité inter-individuelle du profil pharmacocinétique du voriconazole est importante.
Des études in vivo ont montré que le CYP2C19 joue un rôle significatif dans le métabolisme du voriconazole. Cette enzyme est caractérisée par son polymorphisme génétique. Par exemple 15 à 20 % des populations asiatiques sont à même dêtre des métaboliseurs lents. Dans les populations caucasiennes et noires, la prévalence des métaboliseurs lents est de 3 à 5 %. Les études menées chez des sujets sains issus des populations caucasiennes et japonaises ont montré que les métaboliseurs lents ont, en moyenne, une exposition (ASCt) au voriconazole quatre fois supérieure à celle de leurs équivalents homozygotes métaboliseurs rapides. Les métaboliseurs rapides hétérozygotes ont une exposition au voriconazole en moyenne deux fois plus élevée que leurs équivalents homozygotes.
Le métabolite principal du voriconazole est le N-oxyde, qui représente 72 % des métabolites radio-marqués circulant dans le plasma. Ce métabolite a une activité antifongique minime, il ne contribue pas à lefficacité globale du voriconazole.
Élimination
Le voriconazole est éliminé par métabolisation hépatique ; moins de 2 % de la dose étant excrétée sous forme inchangée dans les urines.
Après administration dune dose radio-marquée de voriconazole, environ 80 % de la radioactivité est retrouvée dans lurine en cas dadministrations intraveineuses répétées, et environ 83 % en cas dadministrations orales répétées. La plus grande partie (> 94 %) de la radioactivité totale est excrétée dans les premières 96 heures suivant ladministration, quelle soit orale ou intraveineuse.
La demi-vie délimination terminale du voriconazole dépend de la dose administrée et est denviron 6 heures pour une dose de 200 mg (voie orale). Le profil pharmacocinétique étant non linéaire, la demi-vie délimination ne permet pas de prévoir laccumulation ou lélimination du voriconazole.
Pharmacocinétique dans des groupes de patients particuliers
Sexe
Dans une étude à administrations répétées par voie orale, la Cmax et lASCτ de femmes jeunes et saines étaient respectivement de 83 % et 113 % supérieures aux valeurs observées chez des hommes jeunes (18 à 45 ans) et sains. Dans la même étude, chez les sujets âgés sains (≥ 65 ans), aucune différence significative de la Cmax et de lASCt na été observée entre les femmes et les hommes.
Dans le programme clinique, aucune adaptation posologique na été effectuée en fonction du sexe. La tolérance et les concentrations plasmatiques observées chez les hommes et les femmes étaient semblables. Par conséquent, aucune adaptation posologique nest nécessaire en fonction du sexe.
Sujets âgés
Dans une étude à administrations répétées par voie orale, chez des sujets sains, la Cmax et lASCτ des hommes âgés (≥ 65 ans) étaient respectivement de 61 % et 86 % supérieures aux valeurs observées chez des hommes jeunes (18 à 45 ans). Aucune différence significative de Cmax et dASCt na été enregistrée chez les sujets féminins sains, que ces femmes soient âgées (≥ 65 ans) ou jeunes (18 - 45 ans).
Dans les essais cliniques, aucune adaptation posologique na été effectuée en fonction de lâge. Lexistence dun rapport entre les concentrations plasmatiques et lâge a été montrée. La tolérance était semblable chez les patients âgés et jeunes. Par conséquent, aucune adaptation de la posologie nest nécessaire chez les patients âgés (voir rubrique 4.2).
Population pédiatrique
Les doses recommandées chez les enfants et les adolescents sont basées sur les résultats dune analyse pharmacocinétique de population réalisée chez 112 enfants immunodéprimés âgés de 2 à moins de 12 ans et 26 adolescents immunodéprimés âgés de 12 à moins de 17 ans. Les doses intraveineuses répétées de 3, 4, 6, 7 et 8 mg/kg deux fois par jour et les doses orales répétées (utilisant la poudre pour suspension buvable) de 4 mg/kg, 6 mg/kg, et 200 mg deux fois par jour étaient étudiées dans 3 études pharmacocinétiques pédiatriques. Les doses de charge intraveineuses de 6 mg/kg IV deux fois par jour le jour 1, suivies dune dose intraveineuse de 4 mg/kg deux fois par jour et 300 mg en comprimés pelliculés deux fois par jour par voie orale étaient étudiées dans une étude pharmacocinétique chez des adolescents. La variabilité inter-individuelle observée chez les enfants était plus importante en comparaison aux adultes.
Une comparaison des données pharmacocinétiques des populations pédiatrique et adulte a montré que lexposition totale prévue (ASCt) chez les enfants recevant une dose intraveineuse de charge de 9 mg/kg était comparable à celle obtenue chez les adultes recevant une dose intraveineuse de charge de 6 mg/kg. Les expositions totales prévues chez les enfants recevant des doses intraveineuses dentretien de 4 et 8 mg/kg deux fois par jour étaient respectivement comparables à celles obtenues chez les adultes recevant 3 et 4 mg/kg par voie intraveineuse deux fois par jour. Lexposition totale prévue chez les enfants recevant une dose orale dentretien de 9 mg/kg (maximum de 350 mg) deux fois par jour était comparable à celle obtenue chez les adultes recevant une dose orale de 200 mg deux fois par jour. Une dose intraveineuse de 8 mg/kg conduira à une exposition au voriconazole environ 2 fois plus élevée quune dose orale de 9 mg/kg.
Une dose dentretien intraveineuse plus élevée chez les enfants que chez les adultes reflète une capacité délimination plus élevée chez les enfants due à un rapport plus élevé entre la masse hépatique et la masse corporelle.
La biodisponibilité orale peut, toutefois, être limitée chez les enfants qui souffrent de malabsorption et qui présentent un très faible poids pour leur âge. Dans ce cas, ladministration du voriconazole par voie intraveineuse est recommandée.
Les expositions au voriconazole chez la majorité des adolescents étaient comparables à celles obtenues chez les adultes recevant les mêmes posologies. Cependant, une exposition plus faible a été observée chez certains jeunes adolescents ayant un faible poids corporel, par comparaison aux adultes. Il est probable que ces sujets puissent métaboliser le voriconazole de la même façon quun enfant. Selon une analyse pharmacocinétique de population, les adolescents âgés de 12 à 14 ans pesant moins de 50 kg doivent recevoir les doses utilisées chez les enfants (voir rubrique 4.2).
Insuffisance rénale
Dans une étude utilisant une dose orale unique (200 mg) chez des sujets ayant une fonction rénale normale et une insuffisance rénale légère (clairance de la créatinine 41 à 60 mL/min) à sévère (clairance de la créatinine < 20 mL/min), la pharmacocinétique du voriconazole na pas été significativement modifiée par linsuffisance rénale. La liaison aux protéines plasmatiques du voriconazole était semblable chez les sujets présentant, à des degrés divers, une insuffisance rénale (voir rubriques 4.2 et 4.4).
Insuffisance hépatique
Après administration dune dose orale unique de 200 mg de voriconazole à des patients atteints dune cirrhose hépatique légère à modérée (Child-Pugh A et B), lASC était de 233 % supérieure à celle observée chez des sujets dont la fonction hépatique était normale. La liaison protéique du voriconazole nétait pas modifiée par linsuffisance hépatique.
Dans une étude à administrations orales répétées, lASCτ est similaire chez des sujets présentant une cirrhose hépatique modérée (Child-Pugh B) recevant 100 mg deux fois par jour en dose dentretien et chez des sujets ayant une fonction hépatique normale et recevant 200 mg deux fois par jour. Aucune donnée pharmacocinétique nest disponible pour les patients présentant une cirrhose hépatique sévère (Child-Pugh C) (voir rubriques 4.2 et 4.4).
5.3. Données de sécurité préclinique
Les données non cliniques ne révèlent aucun risque particulier pour l'homme sur la base d'études conventionnelles de pharmacologie, de génotoxicité ou de carcinogénicité.
Les études de reproduction ont montré que le voriconazole est tératogène chez le rat et embryotoxique chez le lapin après des expositions systémiques équivalentes à celles obtenues chez lhomme aux doses thérapeutiques. Dans les études de développement pré- et postnatal menées chez le rat à des expositions moindres que celles obtenues chez lhomme aux doses thérapeutiques, le voriconazole a prolongé la durée de la gestation et du travail et a entraîné une dystocie avec une mortalité maternelle importante et a réduit la survie périnatale des jeunes rats.
Les effets sur la parturition sont probablement médiés par des mécanismes spécifiques aux espèces, impliquant une diminution des taux destradiol et correspondent à ceux observés avec dautres antifongiques azolés. Ladministration de voriconazole na pas entraîné daltération de la fertilité de rats mâles ou femelles à des expositions similaires à celles obtenues chez lhomme aux doses thérapeutiques.
Lactose monohydraté
Amidon prégélatinisé (amidon de maïs)
Croscarmellose de sodium
Povidone K30
Silice colloïdale anhydre
Stéarate de magnésium
Pelliculage
OPADRY II Blanc OY-LS-28908 contient:
Hypromellose
Dioxyde de titane (E171)
Lactose monohydraté
Macrogol 4000/PEG
Flacon : à utiliser dans les 30 jours après ouverture.
6.4. Précautions particulières de conservation
Ce médicament ne nécessite pas de précautions particulières de conservation.
6.5. Nature et contenu de l'emballage extérieur
Boîte en carton contenant des plaquettes en PVC transparent/Aluminium de 2, 10, 14, 20, 28, 30, 50, 56 ou 100 comprimés pelliculés.
Boîte en carton contenant un flacon en PEHD blanc opaque, avec bouchon à vis avec fermeture de sécurité enfant en polypropylène (PP) et opercule thermoscellé contenant 30 comprimés pelliculés.
Toutes les présentations peuvent ne pas être commercialisées.
6.6. Précautions particulières délimination et de manipulation
Tout médicament non utilisé ou déchet doit être éliminé conformément à la réglementation en vigueur.
7. TITULAIRE DE LAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
1 RUE DES URSULINES
37000 TOURS
8. NUMERO(S) DAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
· 34009 300 417 6 5 : 2 comprimés pelliculés sous plaquette (PVC/Aluminium).
· 34009 300 417 7 2 : 10 comprimés pelliculés sous plaquette (PVC/Aluminium).
· 34009 300 417 8 9 : 14 comprimés pelliculés sous plaquette (PVC/Aluminium).
· 34009 300 417 9 6 : 20 comprimés pelliculés sous plaquette (PVC/Aluminium).
· 34009 300 418 1 9 : 28 comprimés pelliculés sous plaquette (PVC/Aluminium).
· 34009 300 418 2 6 : 30 comprimés pelliculés sous plaquette (PVC/Aluminium).
· 34009 300 418 3 3 : 50 comprimés pelliculés sous plaquette (PVC/Aluminium).
· 34009 300 418 4 0 : 56 comprimés pelliculés sous plaquette (PVC/Aluminium).
· 34009 300 418 5 7 : 100 comprimés pelliculés sous plaquette (PVC/Aluminium).
9. DATE DE PREMIERE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE LAUTORISATION
[à compléter ultérieurement par le titulaire]
10. DATE DE MISE A JOUR DU TEXTE
[à compléter ultérieurement par le titulaire]
Sans objet.
12. INSTRUCTIONS POUR LA PREPARATION DES RADIOPHARMACEUTIQUES
Liste I
Médicament soumis à prescription hospitalière.
Médicaments liés cités dans ce texte
- VORICONAZOLE ACCORD 200 mg, poudre pour solution pour perfusion
- BEAGYNE 150 mg, gélule
- DI-HYDAN 100 mg, comprimé sécable
- ANSATIPINE 150 mg, gélule
- EFAVIRENZ ARROW 600 mg, comprimé pelliculé
- ORAP 1 mg, comprimé
- IVABRADINE ALTER 5 mg, comprimé sécable
- RIFADINE 2 POUR CENT, suspension buvable
- CARBAMAZEPINE MYLAN L.P. 200 mg, comprimé sécable à libération prolongée
- GARDENAL 10 mg, comprimé
- DIERGOSPRAY 4 mg/ml, solution pour pulvérisation nasale
- KETOCONAZOLE ARROW 2 %, gel en récipient-unidose
- ACORSPRAY 200 microgrammes par inhalation, solution pour inhalation en flacon pressurisé
- CERTICAN 0,1 mg, comprimé dipersible
- CHLORHYDRATE DE METHADONE ASSISTANCE PUBLIQUE-HOPITAUX DE PARIS 10 mg/7,5 ml, sirop en récipient unidose
Liens ajoutés automatiquement par justelesRCP d'après les noms de médicaments et de substances cités ci-dessus ; ils ne font pas partie du texte officiel de l'ANSM.